LIVRE X
contributions. Nous vous prions de consacrer, par un décret, ce grand acte de fraternité et d'union1. »
L'Assemblée se révolte en voyant qu'on vient lui demander, pour la quatrième fois, l'interprétation de dis-
■1. Celte lâche palinodie des administrateurs départementaux, celle audacieuse subversion de toute hiérarchie, est constatée d'une manière irréfragable par le Journal des Débats ét Décrets, qui contient le récit des deux apparitions des administrateurs départementaux à la barre de l'Assemblée, l'une dans la séance du 25 août au malin {page 40(> du n° 329 ), lorsqu'ils se présentèrent seuls; l'autre à la séance du soir (page 7 du n* 330), lorsqu'ils revinrent accompagnés par Robespierre et la députulioa de la commune. Le Moniteur ne parle que de celle seconde démarche et ne dit pas un mot de la première.
Naturellement, le procès-verbal officiel delà commune dissimule une partie de la vérité ; il ne fait pas mention de la prétention primitive que les administrateurs départementaux avaient eue d'exercer véritablement el dans leur intégrité les fonctions auxquelles ils avaient été appelés.
Voici, du reste, comment ce procès-verbal raconte ce qu'il appelle lui-même l'abjuration du nouveau déparlement de Paris:
« Séance da août.
h Les membres désignés par les sections pour composer le nouveau directoire du déparlement de Paris sont admis à la barre. L'orateur, dans un discours énergique, annonce, ou nom de tous ses collègues, qu'empressés de concourir avec tous leurs concitoyens à l'établissement de l'égalité, ils seront toujours unis par les sentiments de la plus intime fraternité avec les représentants de la commune, et pour donner une preuve solennelle de la sincérité de leurs sentiments, ils abjurent, en présence du peuple, le litre de directoire du département pour ne conserver que celui de commission des impositions. L'assemblée, partageant ces sentiments, arrête que cette abjuration civique sera notifiée au peuple par une proclamation, et à l'Assemblée nationale par une députation de vingt membres qui sur-le-champ se rendront dans le sein du corps législatif, a
positions qu'elle a déjà, sous la pression de sa rivale, corrigées, amendées, amoindries à contre-cœur. On réclame l'ordre du jour. Lacroix, qui est l'ami de Danton, mais qui doit avoir quelque souci de la dignité d'une assemblée, dont il est dans ce moment le président, Lacroix s'écrie : « Passera l'ordre du jour, ce seraitéluder la question ; des administrateurs ne peuvent ûtre suspendus, et encore moins destitués, que par le corps législatif. On ne saurait comprendre que les représentants provisoires de la commune de Paris aient songé à destituer un directoire, à la formation duquel ont concouru d'autres communes que celles de Paris, un directoire qui est au-dessus d'eux. »
Robespierre essaye d'interrompre l'orateur à la moitié de son discours. « Point de discussion à la barre, » lui crie-t-on ! Le tribun est obligé d'entendre la fin de la semonce de Lacroix sans pouvoir y répliquer, et de quitter la barre avant qu'il n'ait été fait aucune réponse à sa demande.
Se croyant sans doute aux Jacobins ou à la commune, Robespierre venait de prendre, en pleine Assemblée, cette attitude insolente et ce ton impérieux, qui, ailleurs, excluaient déjà toute contradiction. Quelle ne dut pas être sa secrète irritation en s'entendant condamner au silence par un énergique rappel au règlement! Quelle haine dut s'amasser dans son cœur contre celui qui, ne pressentant pas la future importance du bilieux, tribun, le courbait brutalement, comme le premier venu, sous le niveau de la loi1!
\. Deux mois plus tard l'imprudent Lacroix osait, devant la Conven-
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