Procès-verbal de la commune, 20 août
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visés par la municipalité de Paris ; et que ceux des gens de leur famille et de leur suite seront expédiés dans la même forme, mais après que les sections, sur le territoire desquelles habitent les ambassadeurs, auront scrupuleusement constaté l'identité des personnes comprises dans ces passe-porls1. »
Les représentants du peuple n'avaient pas besoin des avertissements de Lebrun pour activer les préparatifs de la défense nationale, Ils consacraient chaque jour plusieurs heures à expédier des décrets relatifs à la formalion de nouveaux régiments ; à entendre la lecture de lettres où des pétitionnaires offraient à la patrie leur personne ou celle de leurs enfants, leurs chevaux, leur argent, leurs bijoux; à recevoir des députations annonçant le départ de nombreux volontaires vers les points les plus menacés de la frontière.
Mais il ne suffisait pas de trouver des hommes et de l'argent, les armes commençaient à manquer. L'Assemblée donne une activité en quelque sorte fébrile aux travaux de l'arsenal de Paris, met toutes les fonderies en réquisition, s'empare de toutes les manufactures d'armes établies à Maubeuge, Charleville, Saint-Etienne, Tulle, Moulins, Klingenthal. Elle fait livrer à l'administration de la guerre tous les cuivres et métaux disponibles, et ordonne que tous les fusils seront distribués aux gardes nationaux qui partent pour la frontière. Elle presse la formation du camp sous Paris, dont elle confie les travaux
4 . Cette discussion et ce décret se trouvent rapportés aux pages 20 ot 21 du n° 331 du Journal des Débats et Décrets, séance du jeudi 23 août, 4 heures du soir. Le Moniteur n'en fait aucune mention.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
à la commune en lui allouant pour cet objet un premier crédit de huit cent mille livres; enfin elle décrète une levée de trente mille hommes à Paris et dans les seize départements voisins.
La commune cherche à rivaliser de zèle patriotique avec la Législative ; mais, comme toujours, elle amplifie et exagère les mesures qu'elle est chargée d'exécuter. Elle relève les estrades destinées à recevoir les enrôlements volontaires1, saisit les armes et les munitions qui sont entre les mains des gardes nationaux signataires des pétitions constitutionnelles2, prescrit la recherche et la réquisition de tout ce qui peut exister en munitions, en vivres, en fourrages, dans les départements cireonvoisins jusqu'à Rouen5; elle arrête que toutes les grilles qui entourent les monuments publics, que « tous les fers, autrefois signes de l'esclavage, » seront transformés en piques, pour la défense de la patrie; que les crucifix, lutrins, et tous les objets en métal fusible qui se trouvent dans les églises seront employés à faire des engins de guerre; qu'on ue laissera que deux cloches à chaque paroisse4, et que toute