‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 75 sur 262 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

La communication ministérielle provoque de non-' velles plaintes; les accusations trop longtemps contenues éclatent de toutes parts; ce sont les Montagnards qui en donnent eux-mêmes le signal. Choudieu déclare que les représentants provisoires de la ville de Paris ont désorganisé l'administration publique, usurpé des droits qu'ils ne possédaient pas, el démérité de la confiance de leurs concitoyens.

« Jl faut, ajoute Carubon, il faut que l'on fasse représenter à la commune les pouvoirs qui ont dû lui être donnés par le peuple; et si le peuple n'en a pas donné, on doit le faire rentrer dans ses droits... Car, s'ils n'ont pas de pouvoirs, ce sont des usurpateurs, et ils doivent être punis comme tels1. »

fougueux de la nouvelle commune; mais l'exagération ne donne pas In talent, et ces trois forcenés n'avaient pas la même expérience et n'inspiraient pas au commerce d'approvisionnement la môme confiance que les trois anciens administrateurs du département des subsistances: Lesguillez, Thomas et Bidermann. Lesguillez était président du iribunat de commerce; Bidermann, banquier, et Thomas était l'ami intime de Pétion. (Voir à c^t égard la Chronique de cinquante jours, de Rcederer.)

1. Moniteur! p. 1043; Journal des Débats et Décrets, p. 160. Depuis quelques jours, Cambon avait des griefs presque personnels contre la commune, car ils touchaient à la régularité des payements du trésor que le célèbre financier de la Législative et de la Convention regardait comme sa chose propre. Le 32 août, les commissaires de la Commune avaient mis les scellés sur la caisse de l'extraordinaire et arrêté court tout le service. Quelques heures après, il est vrai, les scellés Turent levés; le conseil général de la commune déclina !a responsabilité de cet acte plus qu'insolite et la rejeta sur des subalternes qui avaient, disait-il, outre-passé ses ordres. {Moniteur, p. 1002.J

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130 HISTOIRE DK LA TERIUU'R.

L'Assemblée décide que la commission extraordinaire examinera la conduite de la municipalité provisoire. Les dénonciations n'en continuent pas moins, non plus sur les faits généraux, mais sur les actes personnels de certains des deux cent quatre-vingt-huit.

Le ministre Roland se plaint de ce qu'un municipal ait enlevé du garde-meuble ira petit canon, dit de Siam, garni en argent. Choudieu lit une lettre de Restout, inspecteur de ce dépôt national, qui confirme le fait et qui raconte que le même municipal, après lui avoir remis un reçu en forme de sa capture, est revenu Je lendemain, qu'il a fait enlever une armoire pleine d'effets, qu'il a ordonné d'ouvrir les secrétaires de personnes habitant l'hôtel, et enfin emporté des armes et des papiers. Cambon propose, aux applaudissements de toute l'Assemblée, que ceux qui ont commis un acte aussi étrange, comparaissent à la barre pour y rendre compte de leur conduite.

« Lorsque avec deux de mes collègues, raconte a son tour Larivière, je fus chargé de dresser l'inventaire des objels appartenant au roi , j'aperçus un particulier revf'tu d'une écharpe et se disant membre du corps municipal ; il avait rempli ses roches d'effets pris au château- Nous chargeâmes un officier municipal dont nous connaissions la probité de lui faire restituer ces effets et de faire examiner sa conduite...

« Que le peuple sache qu'il a été trompé dans son choix, et qu'il porte l'examen le plus sévère sur ces sortes d'êtres ambitieux , qui ont profilé de cette crise

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