‹ Histoire de la terreur à BordeauxChapitre 5 sur 34 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Ce livre n'est ni un pamphlet, ni une œuvre de parti.

C'est un livre d'histoire, écrit avec impartialité, sans parti pris, en dehors de tout esprit de coterie, et dans lequel l'auteur s'est surtout attaché à raconter fidèlement les événements dont la ville de Bordeaux a été le théâtre de 1789 à 1794. '

Voltaire a dit quelque part : <r L'Histoire est un témoin (0. »

C'est en témoin que l'auteur a écrit. Il use en citoyen de la liberté dont la vérité a besoin (^) ; mais il a juré de dire la vérité, toute la vérité, se souvenant, selon la parole d'un de nos grands historiens modemes, qu'il n'y avait rien de plus condamnable lorsqu'on s'était donné spontanément la mission de dire aux hommes la vérité sur les grands événements de rhistoire, que de la déguiser par faiblesse, de l'altérer par passion, de la supposer par paresse, et de mentir, sciemment ou non, à son siècle et aux siècles à venir (3).

(1) Histoire de Charles XIL

(3) Duclos, Considérations sur les mœurs.

0) M. Thtert.

Certes, il fallait une certaine somme de courage à l'auteur pour entreprendre et mener à tin, dans sa ville natale, une Histoire de la Terreur à Bordeaux.

Sur ce terrain brûlant, il risquait de soulever des susceptibilités, de raviver des deuils, de ranimer des passions que le temps a peut-être apaisées, et d'être injustement taxé de jeter des ferments de discorde et de haine au milieu d'une population qui a prouvé son calme, sa modération, sa sagesse au milieu des troubles civils passés ou présents.

Ces considérations n'ont pas eu le pouvoir d'arrêter l'auteur. Il a cru qu'il devait la vérité à ses concitoyens, et il a précisément pensé trouver dans le bon esprit dont ils sont animés un gage d'indulgence et de bienveillance à la fois pour son œuvre présente.

Il s'est rappelé que si l'histoire paraît quelquefois censurer les personnes dont elle s'occupe, c'est bien plus la faute des coupables que celle de l'historien ('), dont le premier devoir est d'effrayer le vice par la crainte de la postérité et de l'infamie (^).

Et il a écrit — honnêtement, sobrement, sans arrière-pensée — le livre qu'il soumet au jugement de ses lecteurs.

« L'Histoire qui punit et qui récompense, » a dit Chateaubriand, « perdrait sa puissance si elle ne savait peindre. » L'auteur a eu le sentiment de ce précepte; mais il p'a pas forcé les couleurs de sa palette, le sujet ne lui ayant pas paru comporter des

(i) Fleury.

(3) Tacite, Annales, liv. III, chap. lxv.

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