COMITÉ DE SALUT PUBLIC DE LA CONVENTION NATIONALE
du 29* jour du mois floréal, l'an U de la République française une et indivisible (18 mai 1794).
Le Comité de Salut public arrête que le nouveau Comité de surveillance établi à Bordeaux en exécution de son précédent arrêté, sera composé de 9 citoyens dont les noms suivent : Compain, Lqye, Rosseeuw, Michenot, Huin, Lelom, Cassan, J,-J. Guignait, Plénaud,
Ils seront installés, en conformité de Tarrêté de ce jour, par le citoyen Jullien, envoyé par le Comité à Bordeaux, d*où il lui en rendra compte.
Ont signé au registre : B, Barère, Robespierre, C.-A. Prieur.
Pour extrait : Robespierre, B. Barère, CoUot d'Herbois, Carnet, Billaud^ Varenne,
Pour copie : Signé : Marc-Antoine Jullien, membre de la Commission executive de l'instruction publique, envoyé par le Comité de Salut public à Bordeaux.
Pour copie conforme. Signé : Michenot, président, et Leloruy secrétaire.
(Archives de la Gironde, série L.)
NOTE XVI, p. 248.
Au citoyen Ysabeau, Représentant du peuple en séance à Bordeaux,
Citoyen représentant, j'ai à me reprocher d'avoir été trompé sur ton compte, mais j'ai dit hautement que je ne pouvais cesser de t'être attaché.
J*ai entendu dire de toi mille faits que je n'ai pu croire, et j'ai défendu ta cause constamment et avec assez de force pour être expulsé d'auprès de Jullien.
Lorsque f ai paru che^ toi avec cet homme, dont la jeunesse devait éloigner le soupçon, tu as pu distinguer que ce n'était pas sans une vive douleur que j'étais témoin d'une scène fâcheuse pour toi et insultante pour la représentation nationale.
Je n*ai point été appelé pour la formation de la municipalité, ni du Club, parce que j'ai fortement défendu ta cause, celle de Tallien, ainsi que celle de plusieurs patriotes de Bordeaux.
Un écrit a été rédigé où Ton te Élisait plusieurs inculpations insignifiantes; j'ai tracé de ma main le seul reproche grave qui y fût articulé. Au surplus, je dois à la vérité que si je n'ai pas ajouté foi à tout ce qu'on a dit, cependant j'ai été ébranlé au point de te retirer une partie de mon estime, sans jamais te désirer rien de fâcheux.
Quant à la Convention, je n'ai rien à me reprocher; je n'ai pas vu sans ombrage l'énorme pouvoir de R..., j'ai dit à plusieurs personnes que ce colosse ne pouvait longtemps se soutenir; mon opinion actuelle est que ceux qui ont déjoué le tyran Robespierre, ont rendu à la chose publique un service important. Je crois que l'envie a dicté la plupart des inculpations graves qu'on t'a fait et que je n'ai pu croire.
Si ma tête est utile à la chose publique, qu'elle tombe, et désormais je t'estime assez pour te recommander, dans ce cas, une femme et quatre enfants que je chéris uniquement.^
Si tu veux m'entendre, je suis à ta porte.
Salut et fraternité.
Signé : Dufresne.
(Archives de la Gironde, série L.)
Cette lettre sans date fut adressée à Ysabeau lors de sa seconde mission à Bordeaux après les événements du 9 thermidor.
NOTE XVII. p. 286.