EXTRAIT
DU
BULLETIN DE LA CONVENTION NATIONALE du 19 messidor an II (7 juillet 1794).
La Société populaire de Castillon, département du Bec-d'Ambès, à la Convention nationale.
Citoyens Représentants,
Nos recherches n'ont pas été vaines, et nos promesses ne le sont point : en vous annonçant la prise du scélérat Barbaroux, nous osâmes vous assurer que, morts ou vivants, ses perfides complices Pétion et Buzot seraient bientôt en notre pouvoir.
Ils y sont en effet, ou pour mieux dire, ils n'y sont plus. 11 était
trop doux pour des traîtres le supplice que la loi leur préparait; et la justice divine leur en réservait un plus digne de leurs forfsiits.
On a trouvé leurs cadavres hideux et défigurés à demi rongés par les vers; leurs membres épars sont devenus la proie des chiens dévorants, et leurs cœurs sanguinaires la pâture des bêtes féroces. Telle est l'horrible fin d*une vie plus horrible encore. Peuple, contemple ce spectacle épouvantable, monument terrible de la vengeance !
Traîtres, que cette mort ignominieuse, que cette mémoire abhorrée vous fassent reculer d'horreur et frémir d'épouvante : tel est le sort affreux qui tôt ou tard vous est réservé.
NOTE XVIII. p. 287.
Du 21 messidor an II.
Jullien, membre de là Commission executive de l'instruction publique, chargé par le Comité de Salut public de la régénération des autorités constituées de Bordeaux, se rend à la maison commune, dissout et recompose sur le champ la municipalité. Dans son -discours, il retrace rapidement les fonctions nombreuses et importantes confiées aux municipalités par le Gouvernement révolutionnaire. — Il démontre qu'il faut plus que du patriotisme pour les remplir avec succès; il observe que le déplacement des individus n'est pas seul un motif de suspicion, et qu'il reconnaît d'excellentes intentions à la plupart des membres de l'ancien Conseil général de la commune.
Avant de nommer les membres ci-après, JuUien s'était entouré de toutes les précautions^qui peuveift faire espérer un bon résultat...