‹ Histoire de la Terreur á Bordeaux, Volume 2Chapitre 9 sur 42 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

la justice révolutionnaire. — Nomenclature des crimes inventés par la Terreur. — Liste des personnes qui ont comparu devant la Commission militaire. — Tableau récapitulatif du chiffre des condamnations et des acquittements. — Total des amendes. — Opinion de Lecointre sur la Commission militaire. — Classement des condamnés et acquittés par professions. — Leur âge au moment de la comparution devant le tribunal. — Le suicidé Bertonneau. ^ Une pens^ de Chateaubriand.

Un éminent magistrat de la Cour de Bordeaux a publié il y a quelques années, sous ce titre : La Justice révolutionnaire, un remarquable travail contenant un résumé, écrit à grands traits, de Tœuvre accomplie par la Commission militaire pendant les dix mois de son existence.

Ce résumé, substantiel et serré, expose les principes qui ont guidé le sanglant tribunal, et trace, pour ainsi dire, le code des crimes inventés par la Terreur pour faucher des têtes innocentes et asseoir sur un lit de cadavres le régime que le Comité de Salut public avait audacieusement essayé d'organiser en système de gouvernement.

Nous empruntons au travail de M. Fabre de La Bénodière les pages où il trace Tépouvantable nomenclature des crimes révolutionnaires.

Toute âme sensible frémira à la lecture de ces pages qui complètent admirablement les trois chapitres que nous venons de consacrer à la Terreur à Bordeaux.

Peut-être y trouvera-t-on quelques répétitions avec ce que nous avons écrit déjà; mais jamais, de l'avis des

33o HISTOIRE DE LA TERREUR A BORDEAUX.

honnêtes gens de tous les partis, la lumière ne se fera assez éclatante sur les horreurs du système terroriste. Aussi, ne croyons-nous pas devoir insister sur ce point.

Par suite de l'autorisation qu'il a bien voulu nous accorder et dont nous lui exprimons ici nos sentiments de vive reconnaissance, nous cédons la parole à M. de La Bénodière.

«Lacombe a pris soin de nous faire connaître les principes dont s'inspirait sa justice. Voici quelques lignes d'un article écrit par lui dans le Journal du Club national sur la Commission militaire : a Le peuple voulait » absolument être libre... des êtres corrompus s'opposaient » à sa volonté... de là, la création de tribunaux chargés de » le venger et de le délivrer promptement de ses ennemis. » Les tribunaux ne doivent pas être assujettis à des formes » qui presque toujours furent favorables au crime... II j> s'agit moins sans doute dt punir les ennemis de la patrie 1) que de les anéantir; mais il faut le temps de les » reconnaître... Il faut que les tribunaux révolutionnaires

> soient l'égide du patriotisme, de la vertu, — le tombeau » du vice et de l'aristocratie. »

» Son programme était l'extermination. N'était-ce pas d'ailleurs celui du Comité de Salut public? « L'homme qui i> terrasse les ennemis du peuple, fut-ce avec un excès de » zèle, ne peut être inculpé devant vous... Que n'est-il pas » permis à la haine d'un républicain contre l'aristocratie?» C'est en ces termes que l'odieux Barère justifiait Joseph Lebon à la séance du 21 messidor an II.

» Fouquier-Tinville, de son côté, ne comprenait pas autrement que Lacombe la mission de la justice révolutionnaire : 0: Les individus envoyés au tribunal, disait-il dans

> sa défense, n'étaient pas des prévenus qu'on me donnait D à juger; c'étaient des condamnés qu'on me chargeait de

> faire périr : je Tai fait; j'étais la hache de la Convention. 1 Punit-on une hache? »

ji Lacombe avouait hautement ses principes à l'audience : à Tun, il disait : e Tu parais devant un tribunal qui ne yt pardonne jamais à V aristocratie. :» A un autre : < Ici nous 1 empêchons les aristocrates de parler; nous empêchons 1^ les patriotes de se justifier; tu seras pardonné: les :^ patriotes ne doivent pas craindre devant un tribunal » républicain. > Et savez- vous ce que c'était qu'un patriote? «Les meilleurs étaient les Jacobins, les Maratistes, les • Anarchistes, tous les républicains imperturbables qui » ramaient dans le sens de la révolution et ne consultaient » que leur cœur et la nature <»>. i

» La procédure devant la Commission militaire était des plus simples. Les prisons étaient remplies de gens arrêtés sous les plus futiles et les plus ridicules, prétextes. Beaucoup périrent, la plupart contractèrent des infirmités dans les humides et infects cachots où ils étaient entassés. Ce n'était qu'après plusieurs mois de captivité, quelquefois de secret, qu'ils étaient interrogés par les membres du Comité de surveillance ou ceux de la Commission militaire. Tous les jours d'audience, ceux-ci se réunissaient en costume et déjeunaient ensemble. Lacombe dressait alors la liste de ceux qu'il voulait juger, et qui étaient avertis de leur comparution par les soldats de l'armée révolutionnaire qui venaient les chercher.

» Un des juges, paraît-il, faisait le rapport de l'aifaire. Il existe encore quelques-uns de ces rapports écrits... Il y a cependant lieu de croire que Lacombe, dont on trouve des annotations dans la plupart des dossiers, se chargeait, en général, d'expliquer l'affaire à ses collègues, sur lesquels il exerçait un empire presque absolu. On prononçait sur les

(i) Cour d'appel de Bordeaux : fonds révolutionnaire. Dossiers Marandon, Lafargue et Guignard.

332 HISTOrRE DE LA TERREUR A BORDEAUX.

notes du Comité de surveillance, chargé de fournir ^la besogne » au tribunal, et sur les dénonciations écrites que l'on opposait à Taccusé, qui demandait presque toujours en vain à être confronté avec leurs auteurs.

» Quand l'arrêté des représentants eut créé une défense, elle fut bientôt rendue illusoire : les défenseurs étaient choisis, ou tout au moins approuvés par la Commission militaire, qui les envoyait parfois prendre des renseignements dans les affaires. Il y avait parmi eux de véritables espions chargés de surprendre les confidences des détenus dans les prisons (où le moutontiage le plus odieux avait, du reste, été organisé par Ysabeau), et qui ne se faisaient pas faute de dénoncer leurs propres clients. Ils étaient entendus avant l'interrogatoire, jugeaient prudent de lire un mémoire écrit habituellement par l'accusé, et avaient grand'peine à se faire pardonner le moindre effort pour obtenir un acquittement. Lacombe procédait alors à l'interrogatoire qui n'était, le plus souvent, qu'une Wolente réfutation de ce qui venait d'être dit; si Taccusé voulait parler : «Tais-toi, » lui criait Lacombe furieux, le tribunal est fixé sur ton » compte!:^ Phrase restée célèbre et qui se trouve consignée sur les notes d'audience. Il lui arriva d'ajouter : « Le soin » que tu prends de te blanchir est un crime déplus, i

» Souvent l'auditoire se chargeait d'imposer silence au malheureux auquel on lisaij le décret de mise hors la loi du 6 août ou celui du 27 mars, ainsi conçu : « La Convention... » déclare la ferme résolution de ne faire ni paix ni trêve aux » aristocrates et à tous les ennemis de la Révolution. Elle 2^ décrète qu'ils seront tous hors la loi. »

» L'arrêt, prononcé aux cris de vive la République! était immédiatement exécuté par « V homme chargé de clore la procédure », qui attendait et préparait ses viaimes dans le cabinet même de Lacombe.

s> On fît comparaître, avec des vieillards de quatre-vingts

ans, des enfants de douze, treize et quatorze ans, qu'on mit cependant en liberté après leur avoir fait prêter, oc en présence p de rÊtre Suprême, le serment d'aimer la République, de » mourir pour elle, de ne plus écouter les prêtres imposteurs » qui détestent la liberté, de les dénoncer, ainsi que tous les > conspirateurs et les ennemis de la République, de mourir » mille fois plutôt que de trahir ce serment. »

}> Après leur acquittement, quelques prévenus reçurent du président Taccolade fraternelle : presque tous l'avaient

méritée.

]D Les accusés, d'abord jugés successivement, le furent plus tard en masse, jusqu'à dix-huit à la fois. Un seul et vague considérant suffisait pour envoyer treize personnes à réchafaud, notamment des femmes, €pour n'avoir pas accepté la constitution du 24 juin i jgS ». Neuf personnes furent exécutées le 27 messidor, parce que 9. presque toutes » n'avaient pas accepté cette constitution que les bons > Montagnards ont donnée à la France et qui fait le i> bonheur de tous les bons Français. > Et comment pouvait-elle le faire ? Suspendue d'abord par le décret du I o octobre, son exécution avait été indéfiniment ajournée par le décret du 14 frimaire an II (4 décembre 1793). On sait qu'elle n'a jamais été mise en vigueur.

3> ... Il y a quelque chose de plus horrible encore que le nombre et la nature des condamnations prononcées par la G>mmission militaire : c'est la futilité ou l'absence de leurs motifs. Il suffisait d'un simple délit, pourvu qu'il eût été commis avec des intentions contre-révolutionnaires. C'était encore une découverte de Merlin (de Douai). Peu importait d'ailleurs qu'il eût déjà fait l'objet d'une poursuite. On reproche à Basseterre d'avoir, à une époque éloignée, détourné un ecclésiastique de prêter le serment civique : €Jai déjà été jugé pour ce fait, objerte-t-il. — Ceux qui » vous jugeaient alors étaient d'accord avec vous, lui répond

» Lacombe. — En ce temps-là, les opinions étaient libres, » murmura Basseterre. On lui fit bien voir que ce temps-là était passé.

> ... On était condamné rétroactivement pour des faits que la loi n'avait pas encore défendus; par exemple, Jeanne Mamy, pour avoir, ayant r abolition de la royauté, vendu des gilets fleurdelisés sur lesquels était brodé le nom de la reine; et Gautier, pour s'être procuré de Targent pour les besoins de son commerce dans Plnde, alors que, d'après la loi, l'argent était une marchandise : a Mauvaise raison devant un tribunal du peuple, lui dit Lacombe, tu avais la loi souveraine du salut du peuple. »

a Ce n'étaient pas seulement les actions qui tombaient j> sous le coup ]» des poursuites, a mais des paroles, des ]& signes, des pensées même (*\ }o

}> Albespy fut arrêté a pour des motifs bien prononcés de suspicion d'incivisme. »

• » Un La Roque fut déclaré convaincu d'avoir eu des intérêts et des intentions contraires au maintien des droits de l'homme.

> A défaut de faits, on vous reprochait d'être aristocrate, ce qui comprenait tout le monde, les riches comme les pauvres, les nobles, les ouvriers, les modérés, los/euillants, les robins, les couturières, les enfants.

jD L'épicier Dat fut accusé d'avoir du penchant pour l'aristocratie.

» Grangeneuve c^det, d'avoir abusé de ses talents pour la lecture et d'une sensibilité factice, pour faire passer dans les âmes \q poison subtil de l'aristocratie.

}> Tout aristocrate était déclaré méchant (*) ; leur silence même portait le caractère de la perfidie ^'^\

(i) Montesquieu.

(2) Dossier Burdin.

(3) Dossier Bizat.

:» Vinsouciance, le modérantisme étaient plus criminels encore. Paraître insouciants, c'était se faire considérer comme des modérés^ hommes jp/i/^ suspects encore que les aristocrates décidés ^"^

» Il fallait s'atteler au char de la République pour le faire arriver plus vite à son but.

» On était poursuivi pour avoir fourni des idées à l'auteur d'un article;

:» Condamné pour avoir osé dire ce blasphème, que la France « ne serait heureuse qu'en ayant une Chambre haute et une Chambre basse comme en Angleterre »;

D Pour avoir traité (ï horrible la journée du lo août;

7> Pour avoir parlé contre les journées des 2 et 3 septembre;

> Pour avoir calomnié les vertueux Marat, Danton et Robespierre, et s'être écarté du respect que tout citoyen doit aux sages législateurs composant la Montagne tutélaire, qui est l'écueil de tous les ennemis de la République;

> Pour avoir blasphémé la représentation nationale dans la personne de Treilhard et Mathieu, et aussi pour avoir tenu les propos les plus insidieux contre les représentants du peuple, en les traitant de voleurs et d'assassins;

» Pour avoir osé faire Véloge de Bordeaux datis une lettre du 29 août 1793;

» Pour avoir calomnié de la manière la plus indécente le peuple français, en paraissant craindre qu'il se portât au pillage des marchandises.

y> Crainte assez fondée d'ailleurs, car un autre — Goudal — était accusé de s'être servi d'expressions indécentes contre le peuple, lorsque^ justement indigné par Venchérissement des denrées et l'agiotage des riches, il se porta à quelques

(1) Dossier Durey-Longa.

excès sur la place de la Convention (place d^Aquitaine ou Saint-Julien). C'était toujours la faute des riches!

» C'était un crime de préférer sa marchandise ou le € numéraire qui porte V empreinte des tyrans aux » assignats, ce papier national, cette monnaie précieuse y> à laquelle on doit la liberté. :^

jD Les comparer à des pétards ou manifester la crainte qu'ils fussent rongés par les rats, c'était par d'indécentes expressions a déceler la pusillanimité de son âme et sa » haine profonde de la Révolution. »

» Le négociantisme était encore un crime : c'était (lV aristocratie de l'ignorance, de l'orgueil et des » richesses. »

» C'était un scandale de n'être pas ruiné : c Comment » avez-vous pu augmenter votre fortune dans le cours de » la Révolution, demandait-on à d'Egmont et à Bertrand? » Le maximum, l'impôt d'un milliard sur les riches, les taxes révolutionnaires, les dons volontaires, les demandes de la municipalité et des sections pour les subsistances ou les offrandes à la patrie, n'étaient pas faits pour enrichir. On faisait débarquer, par exemple, des vins destinés i l'exportation, et on maximait à 3oo fr. ce qui revenait au négociant à 470 f*).

]> Chacun était tenu d'avoir affichés à sa porte la nature et la quantité de ses marchandises, avec l'offre de vendre à tout venant, au prix imposé.

1» Le négociant ruiné déposait-il son bilan, c'était un nouveau crime, et un arrêté des représentants en mission à Bordeaux <*) en fit tellement redouter les conséquences, que l'on n'entendit bientôt plus parler de faillites. Tallien écrivit à la Convention qu'il avait assuré le commerce.

> Deux cents gros négociants avaient été arrêtés dans la

(i) Dossier Gaschct-Dclislc.

(2) Arrêté du i8 nivôse an 11.

STATISTIQUE DE LA COMMISSION MILITAIRE. Hj

nuit du 9 au lo frimaire, par mesure de sûreté générale; leurs livres avaient été saisis, et on y avait cherché un mot, une crainte, une opération qu'on pût incriminer. On incriminait jusqu'aux ratures : « Convaincu, lit-on dans » le jugement de condamnation d'Auguste Journu, que la » perfidie, qui a multiplié à Tinfini les ratures de la !► correspondance de l'accusé, doit naturellement faire ]^ supposer au tribunal des crimes encore plus atroces.., » — Ailleurs, on avait trouvé des ratures... et des phrases qui semblaient annoncer de la haine pour Marat et un penchant pour les antagonistes de Vami du peuple <*>.

lOn ne pouvait plus ni penser, ni écrire. On ouvrait toutes les lettres; on cherchait à y surprendre jusqu'au secret des âmes; on ne pardonnait ni les désirs, ni les regrets, ni les souvenirs, ni les espérances, ni la pitié, ni les larmes, ni la fidélité au malheur.

» Garder un commis contre-révolutionnaire ;

» S'être trouvé à table avec son propre frère, dont la tête était tombée depuis sous le glaive de la loi ;

» Avoir eu la lâcheté de verser des larmes sur la mort de Capet;

> Paraître même, dans une lettre, s'être apitoyé sur le sort de ce monstre couronné et de sa race dévorante (^\ étaient causes suffisantes de mort.

» Duranthon fut condamné pour crime de fidélité à Louis XVI : Damnatus jidei crimine, gravissimo inter desciscentes ^^K «Ministre de la justice, il était seul resté » fidèle à ce scélérat, alors qu'il fut abandonné de tous les > autres. »

» Est-ce tout encore? Non.

» De pauvres pères, de pauvres mères, furent guillotinés

(i) Dossier Wustenberg.

(2) Dossier Leroy et Capelle

(3) Tacite, Histoires, I, 5 9.

pour avoir écrit à leurs propres enfants et leur avoir envoyé de l'argent.

j> Et blâmant la pitié filiale, Lacombe osa dire à Sophie Groc : a: Quoique tu dusses de la reconnaissance à ton » père, tu en devais à ta patrie. Tu n'aurais pas dû » chercher à sauver ton père. »

» Quand tout nous manque ici-bas, les plus indifférents se souviennent de Dieu et lui demandent la résignation et Tespérance. C'était encore un crime et le plus irrémissible de tous : It fanatisme.

7> Des décrets proclamaient la liberté des cultes, et cependant on était un fanatique quand on signait pour la réouverture des églises.

}> Croyait-on ensevelir le secret de sa prière dans les profondeurs de ses demeures, «Tœil clairvoyant des D sans-culottes venait vous y surprendre, et on gobait » ranimai noir > qui disait la messe, avec tous ceux et celles qui l'avaient recelé. Le i6 messidor, treize personnes furent exécutées pour ce fait.

]» Une empeseuse, Marie Gimet, cachait des prêtres depuis six mois; elle mourut avec eux. Devant ses juges, elle déclara que c'était le bon Dieu qui les lui avait envoyés. Elle avait raison, c'était bien lui; car ils étaient malheureux et proscrits I

j> Leur faire seulement V aumône, c'était sauver la vie à des « serpents et avoir de la vertu une fausse idée, l'existence j> de ces monstres étant un fléau pour l'humanité » ^'^

]» Enfin,... au moment d'engager la liberté de son cœur, quel est celui qui ne se sent pas effrayé de la firagilité des affections humaines et ne cherche pas à se rassurer, en demandant à Dieu de conserver son amour et de lui donner, en le bénissant, un j)eu de son éternité? Eh bien!

fi) Dossier Bienvenu.

STATISTIQUE DE LA COMMISSION MILITAIRE. SSg

c'était encore là du fanatisme et la cTArgicourt fut accusée, avec le comte de Fumel, son père, d'avoir «fait marier 3> dans des caves des personnes qu'ils avaient aristocra- > tisées D (*>, et elle fut condamnée à mort.

D Toutes les fois qu'un prêtre comparaissait devant Lacombe, sa fureur ne connaissait plus de bornes, et « les expressions lui manquaient pour l'insulter » ^^K

^ Quant aux parlementaires et aux robins, on peut juger du sort qui les attendait par ces paroles de Lacombe au conseiller Terrefort : a Lorsqu'un ci-devant conseiller paraît )!) devant un tribunal, s'il veut être sauvé, il faut qu'il » prouve qu'il aurait été rompu vif par l'aristocratie » triomphante. >

ji Et ni l'âge, ni les vertus, ni les infirmités des magistrats ne les mettaient à l'abri des plus grossiers outrages.

:» Le 22 messidor, le Parlement monta une audience ROUGE : sept conseillers et deux avocats généraux, coupables d'avoir rendu une autre justice, empourprèrent l'échafaud de leur sang.

ï) Certains jugements d'acquittement furent des flétrissures. Je n'en veux citer que deux : il est écrit au livre des Proverbes : Les paroles des méchants dressent des embûches pour verser le sang des innocents (^^ Les terroristes traduisirent : La dénonciation est une vertu et un des caractères mêmes de la Fraternité. Un homme que je ne nommerai pas par respect pour le nom qu'il portait, dut son salut au témoignage du citoyen Graves, qui attesta « l'avoir connu pour un bon républicain, non seulement p par ses services, mais encore par ses bonnes œuvres, » ajoutant a qu'il avait eu le courage de dénoncer sa propre -^ famille i>. Déposition reproduite presque textuellement

(1) Dossier de la marquise d'Argicourt, née de Fumcl.

(2) Dossier du prêtre Cazeaux.

(3) Prov. XII, 6.

dans le jugement qui porte que, a quoique né dans une caste T> entachée de tous les vices, il doit être rangé dans la To classe des bons citoyens. j>

» Il y avait dix mois et onze jours que Duvigneau, mis hors la loi par le décret du 6 août, était caché chez Jeanne Donnai et la veuve Ravina, sa sœur : le 27 messidor, les yeux de celle-ci tombent sur Taffiche d'un jugement de condamnation à mort pour recel d'un prêtre; elle rentre, se concerte avec sa sœur, et sans en prévenir Duvigneau, court chez Lacombe pour le dénoncer. On les arrêta avec lui : Duvigneau mourut le 9 thermidor. Ses dénonciatrices furent acquittées le surlendemain, a attendu que leur » dénonciation avait d^autant plus de mérite que la D crainte n"" avait pu les y déterminer, puisque la cachette j> de Duvigneau était faite de manière à le dérober aux j> recherches les plus exactes. » La dénonciation avait un mérite de plus, que l'interrogatoire de la veuve Ravina nous fait connaître : se trouvant dans le besoin par suite de la mort de son mari, elle avait été solliciter des secours à l'administration du département; il n'y avait pas de fonds, et Duvigneau lui donna 3oo livres de sa poche. «J'ai a toujours été reconnaissante de ce bienfait, 9 ajoutait-elle. — Même le 27 messidor?

» Dans cette longue énumératîon d'ordres barbares, de délations continuelles, d'amitiés trompeuses, de condamnations d'innocents, de procès qui ont tous une même issue, nous ne rencontrons qu'une monotone et fatigante uniformité ^^K »

» Que n'ai-je le temps d'opposer à ce navrant tableau l'héroïque attitude de la plupart des accusés? Toutes ces pauvres et obscures ouvrières traînées devant le tribunal, victimes de leur foi et de leur dévouement, faisaient parfois

(1) Tacite, il ««<!/«, IV 33.

de sublimes réponses. Presque tous les prêtres maintinrent avec dignité les droits de leur conscience et de leur saint ministère. L'un d'eux, interrogé pourquoi il ne s'était pas présenté pour être déporté, sut répondre : a Parce que les » lois de l'Église romaine défendent de se présenter à ses » persécuteurs, et que, selon le précepte de Jésus-Christ, » devant aimer mes frères jusqu'à donner ma vie pour leur » âme, j'ai dû rester en situation de pouvoir instruire, » consoler et fortifier to. }o

1^ Laissez-moi terminer en vous citant quelques lignes de l'interrogatoire de Cornu, homme de loi : — « Tu connais D Ravez, et sûrement tu dois savoir où il est ? — Si je le » savais, et qu'on me dît : Tu vas être libre, déclare-le, je i> dirais : Mon corps est à vous, mais mon secret, ma liberté s> et mon âme sont à moi ! Et je crois ces sentiments très ^ républicains ^^) ! jp Interpellé de nommer ceux qui lui avaient fourni des aliments dans le lieu où il était caché : «Je les reconnaîtrai partout, s'écria-t-il, et je ne les ]> nommerai jamais que mes bienfaiteurs. Je ne leur connais y> pas d'autre nom ! > Nobles réponses que ne pouvaient comprendre ses juges et qui ne firent que rendre sa condamnation plus certaine <^^. »

Il était difficile de peindre et de stimagtiser plus éloquemment et en moins de pages que ne l'a fait M. F. de La Bénodière les abominables hécatombes de la Commission militaire! Sous les apparences respectables de Isl justice, de cette institution qu'on a justement qualifiée de pain du peuple ^^\ de mère de la paix publique et de V ordre privé ^'^\ quelques hommes obscurs, étranger5 à la ville,

(i) Dossier da prêtre Durand de Ramefort,

(2) Dossier Cornu.

(3) La Justice révolutionnaire , i865, p. 48 à 73. {4) Chateaubriand.

(5) Lacreteile.

purent pendant près de dix mois, grâce à la complicité dTsabeau, de Tallien, du jeune Jullien et de Garnier de Saintes, asservir impunément le peuple, troubler Tordre public et Tordre privé, semer la ruine et le deuil dans toutes les classes, et finalement, asseoir la plus honteuse prévarication sur le fauteuil du juge !

Nous n'avons rien à ajouter à la douloureuse nomenclature de Téminent magistrat. Il nous reste toutefois, pour établir d'une manière plus complète qu'il ne Ta été jusqu'à présent, le bilan de la Terreur à Bordeaux, à donner la liste de toutes les personnes qui ont comparu devant la Commission militaire depuis le 23 octobre 1793 jusqu'au 3i juillet 1794.

Nous disons toutes les personnes parce que, contrairement à ce qui avait été fait jusqu'à ce jour, nous ne nous sommes pas borné à indiquer seulement les condamnés de toute nature et les acquittés : nous avons recherché et ajouté les noms des citoyens qui, traduits une première fois devant la Commission militaire et réintégrés dans les prisons pour un supplément d'information, y furent sans doute oubliés et reconquirent leur liberté après le 9 thermidor.

Notre excellent et vieil ami M. Marchandon, dans une substantielle brochure intitulée : Bordeaux sous le régime de la Terreur (') et M. Tabbé O'Reilly, dans son Histoire de Bordeaux, ont publié des listes intéressantes, mais qui contiennent des erreurs de noms ou des répétitions. C'est aux sources originales que nous avons puisé pour rédiger la nôtre, et nous croyons pouvoir aflBrmer qu'elle présente un résultat fidèle des travaux de la Commission militaire.

Voici, sous le bénéfice des observations qui précèdent, la liste que nous soumettons à nos lecteurs, sous la forme d'un tableau alphabétique :

(i) Bordeaux, 1849, gi pages.

NOMS, PRÉNOMS

AGE, LIEU DE NAISSANCE

DEC

ISION.

nature.

DATE

! Abadib (Jean), 23 ans, peintre,

Acquitté.

7 brumaire an II (28oct. 1793).

Albert (Maurice), 3o ans, commis-négociant, Lyon.

Mort,

14 germinal an II (3 avril 1794).

1 Albespy (Jean), 48 ans, homme de loi, Bordeaux.

Acquitté.

!•' germinal an II (21 mars 1794).

Albbssaro (Jacques d'), 27 ans, militaire, Paris.

Détention jusqu'à la paix.

6 germinal an II (26 mars 1794).

Albessard (Jean-Baptiste d*), 79 ans, conseiller au Parlement, Bordeaux.

Mort.

3 thermidor an II (21 juillet 1794).

Aloebert (Antoine), prêtre.

Renvoyé à plus ample informé.

3 brumaire an 11 (24oct.i793).

Alezais (Jean), 32 ans, commerçant, Libourne.

Acquitté.

16 brumaire an II (6nov. 1793.)

Alix (Jeanne), 65 ans, cuîsi- 1 nière, Saint-Martin,

Mort.

16 messidor an II (4 juillet 1794).

Allais (Marie -Jeanne), dite Brune, 28 ans, comédienne.

Paris.

Acquittée.

14 nivôse an II (6 janvier 1794).

Alloi (Alexis), 49 ans, homme d'aâaires, Château-Balard, à Gauriac.

Mort.

i3 messidor an II (p-'juil. 1794),

AwGEBERT (Alexis), 5i ans, teneur de livres, île de Ré.

Acquitté.

itf pluviôse an II (20 janvier 1794).

Anglade, V. Pelet d'Anglade.

Anglade (Pierre), 29 ans, tonnelier, Saint-Macaire.

5oo fr. d'amende.

7 frimaire an II (27nov. 1793).

Amglebert-Gevelle, 42 ans, musicien, Gorscli en Brabant.

Acquitté.

14 nivôse an II (6 janvier 1794).

Angomart (Charles), 25 ans, danseur, Paris.

Acquitté.

Idem.

Anjoy (Jean), 45 ans, marchand, Bordeaux.

Huit jours de détention.

20 brumaire an II (10 nov. 1793).

Aquart père (André), 66 ans,

200,000 francs d'amende.

26 germinal an il (i5 avril 1794).

Aquart fils (Auguste), 21 ans, sans état, Bordeaux.

En liberté.

Jdem,

NOMS, PRÉNOMS

AGB, LIEU DE NAISSANCE

DÉCISION. 1

NATURE

DATE

Ardouin-Tranchère , 25 ans.

administrateur du département, Libourne.

Mort.

14 brumaire an II (4 nov. 1793).

Armenoaud (Antoine), 87 ans, prêtre, Réalmont.

Mort.

18 messidor an II (6juiLi794).

Arrouch, V. Vigne.

Arrouch (Guillaume-Delillc) , 38 ans, marin, Bordeaux.

24 prairial an II (12 juin 1794).

Arrouch (Jeanne), 26 ans, san:

état, Bordeaux.

Détention jusqu'à la paix.

7 thermidor an U (25juii. 1794).

Arrouch (Louis), 38 ans, commis-négociant, Bordeaux.

Mort.

27 prairial an II (i5juini794).

AsTRUC (Samuel), 67 ans, marchand d'étoffes, Bordeaux.

3o,ooo francs d'amende.

14 pluviôse an II (2fév. 1794).

AuBERT (Mathurin), 22 ans, membre du Comité de surveillance, Gauriac.

Acquitté.

i3 messidor an 11 (i« juil. 1794).

Aubert (Marguerite), dite Meurisse, 33 ans, comédienne, Paris.

Acquittée.

14 nivôse an II (6 janvier 1794).

Audibert (Jeanne -Antoine), 28 ans, chanteuse, Lyon.

Acquittée.

Idem,

Audibert (Jean -Baptiste-Bernard), 26 ans, music», Lyon.

Acquitté.

Idem.

AuDiGNON (Marie), 25 ans, domestique. Gérons.

Un an de détention.

8 thermidor an II (26juii. 1794).

AuGEREAU (Bernard), 69 ans, secréuire-greffier de la gendarmerie.

Mort.

6 thermidor an II (24juil. 1794).

AusTRAY (Françoise), veuve Journi, 36 ans, couturière, Saint-Sever.

Mort.

16 messidor an II (4juil.i794).

AzéMA (Joseph), 22 ans, comédien, Taillebourg.

Acquitté.

5 nivôse an II (25 décembre 1793).

AzÉMA (Louis), 55 ans, commis négociant, Montpellier.

Mort.

27 nivôse an II (16 janvier 1794).

Azévéoo (David), 5i ans, agent de change, Bordeaux.

Acquitté.

14 pluviôse an II (2 fév. 1794).

NOMS, PRÉNOMS

AGE, LIEU DB NAISSANCE

DEC

ISION.

nature.

date.

Bacqub (Bertrand), 28 ans, médecin, Saint-Girons.

Mort.

h pluviôse an U (îo janvier 1794).

Badailh (Jacinte), 42 ans, avoué, Libourne.

Détention jusqjè la paix Cl 3,000 fr d*amende.

19 brumaire an U (9nov. 1793).

Badailh aîné (Martial), 5o ans, rentier, Libourne.

2,000 fr. d'amende

Idem.

Bahn (Pierre-Jacques), 53 ans, négociant, Hambourg.

40,000 francs d'amende.

14 pluviôse an II (îfév. 1794).

Baiir (Jean-Thomas), 49 ans, négociant, Balscbar (r).

Acquitté.

25 ventôse an II (i5 mars 1794).

Baillet (Philippine), 21 ans, servante, Bcauiiran.

Acquittée.

1 1 thermidor an 11 (29 juillet 1794).

Balmont, V. Grenier.

Bapst ( Georges - Christophe ) , 39 ans, négociant, Paris.

i3 germinal an 11 (2 avril 1794).

Baptiste (Simon), négociantcommissionnaire engrainset farines, Lalande de Pomme-

Acquitté.

27 prairial an II (i5 juin 1794).

reau.

Barbaroux (Charles), 27 ans, conventionnel, Marseille.

Mort.

7 messidor an 11 (25 juin 1794).

Barberin (André), 48 ans, tailleur, Bordeaux.

Détention jusqu'à la paix.

x3 pluviôse an II (i« fév. 1794).

Barbot père (Étien ne-Michel), 53 ans, homme de loi, Saint- Émilion.

Détention jusqu'à la paix.

i5 brumaire an II (5 nov. 1793).

Bardier (Antoine), 41 ans, chanteur, Toulouse.

Acquitté.

14 nivôse an II (6 janvier 1794).

Bardon (Charles-René), 26 ans, comédien, Orléans.

Acquitté.

Idem,

Bardon (Jean-Pierre), 38 ans, commis-négociant, Bordeaux.

Acquitté.

12 ventôse an II

Barennes (Kaimond), 54 ans, homme de loi, Agen.

Acquitté.

1 1 messidor an II (29 juin 1794).

Baritault (Jean de), 47 ans, conseiller au Parlement, Bordeaux.

Mort.

21 messidor an II (9 juillet 1794).

NOMS, PRÉNOMS

AGE, LIEU DE NAISSANCE

DEC

ISION.

UATB.

nature.

Baron (Mathieu), 40 ans, instituteur, Gaune (Landes).

Acquitté.

29 frimaire an II (19 déc. 1793).

BARRET-FERftANb (Edmc-Jeau- Baptiste),8i ans, noble, Lille.

Mort

3 thermidor an II (21 juillet 1794).

Barsac (Guillaume), 33 ans, courtier, Bordeaux.

Acquitté.

16 prairial an II

Barthouil (Pierre), 66 ans, noble, Nérac.

Mort.

23 prairial an II (II juin 1794).

Basseterre (Jean-Zacharie), 65 ans, secrétaire de la ville, Poitiers.

Mort.

8 niv6se an II (28 nov, 1793).

Batré, négociant, associé de Geiseler.

Acquitté.

12 ventre an II (2 mars 1794).

Battut (André), 3i ans, négociant, Bordeaux.

Acquitté.

9 germinal an II

Baudin - Saint - Laurent ( An toi ne), 70 ans, noble, Bordeaux.

Mort.

12 messidor an II (3o juin 1794).

Baux (Jean-Louis), 43 ans, négociant, Genève.

Acquitté.

29 brumaire an II (19 nov. 1793).

Baylac (Marie), veuve Groc, 37 ans, Bordeaux.

Acquittée.

6 thermidor an II (24 juil. 1794),

Baylb (Jean-Clément), 56 ans, militaire, La Réole.

Mort.

1 1 messidor an II

Beaugêrard (Jean-Alain-Brudieu), 62 ans, maire de Vairac«

Mort

16 brumaire an II (6 nov. 1793). 1

Beaulieu (Jean - Baptiste - Antoine), i5 ans, danseur, Limoges.

Acquitté.

17 nivôse an 11 (6 janvier 1794).

Beauretour (Françoise), 66 ans, noble, Saint-Astier.

Mort,

16 messidor an II (4 juillet 1794).

Beau VAL (Marie-Rosalie), 36 ans comédienne, Avignon.

Acquittée.

Beaux, V. Baux,

Beck (François), 62 ans, -musicien, Manhcim.

Acquitté. .

17 nivôse an II (6janv. 1794).

NOMS, PRÉNOMS, AGE, LIEU DE NAISSANCE

DÉCISION

DATE

Belabre (Jean), 47 ans, prêtre, Gourgues.

Mort,

14 frimaire an II (4déc. 1793).

Bêlais, V. Salus.

Beloer - Craint ( François ) , 62 ans, noble, Baron.

Mort.

4 messidor an II (22 juin 1794).

Bellat (Li-François), 27 ans, comédien, Paris.

Acquitté.

BÉNÉGE (Marguerite), 17 ans, sans état,Caycs (Saint-Louis).

Acquittée.

i5 frimaire an II (5 déc. 1793).

Bénilhan (Guillaume), 38 ans, forgeron, Saint-Christoly.

Acquitté.

I*' messidor an II (19 juin 1794).

Benoit (Gabriel-Gust*), 29 ans, négociant, La Rochelle.

3o,ooo francs d'amende.

14 pluviôse an II (2 fév. 1794).

Benoit-Fargeau, 29 ans, administrateur du district, préposé des Douanes, Bordeaux.

28 nivôse an 11 (17 janvier 1794).

Bentzien (Chrétien-Christophe) 47 ans, négociant, Anglas.

Trois moisdedéi" io,oog' d'amende.

14 pluviôse an II (2 fév. 1794).

Béraut (Antoine), 42 ans, tuilier, Lormont.

Acquitté.

12 brumaire an II (2 nov. 1793).

Béraut (Jean), 46 ans, arbitrateur, Bordeaux.

Acquitté.

21 germinal an II (10 avril 1794).

Renvoyé à plus ample informé.

Bermond (Jean), 40 ans, marchand, Besançon.

Acquitté.

1 1 pluviôse an H (3o janv. 1794).

Bernada (Jean), 3o ans, homme de loi, Bordeaux.

Mort.

6 nivôse an 11 (26 novembre 1793).

Bernard (Anne), 5o ans, couturière, Bordeaux.

Mort.

3 thermidor an II (2ijuiL 1794).

Bernard (François), 28 ans, musicien, Versailles.

Acquitté.

Bernard (Joseph) 3o ans, chanteur, Avignon.

Acquitté.

Idem.

Bernateau (Elisabeth), 45 ans, domestique, Saint-Émilion.

Un an de détention.

3 thermidor an II (21 juiL 1794).

NOMS, PRÉNOMS

ACE^ LIEU DE NAISSANCE

Berneval (Joseph) y 48 ans, comédien, Orival.

Berniard (Pierre), 58 ans, marchand de fer, Libourne.

Bertaud (Jean - Marie - Pascal), 26 ans, volontaire, Bordeaux.

Berthouieu, V. Meynot,

Bertonneau ( André -Jacques - Pierre), 33 ans, sans état, Bordeaux.

Bertrand (Louis), 5g ans, négociant, armateur, Toulouse.

Bethman (Bernard), 3o ans, musicien, War bourg en Westphalie.

Bethman (Joseph), 43 ans, cultivateur, Sainte-Bazeille.

BéTus fils (Jean), 26 ans, commis-courtier, Bordeaux.

Beusierth (Frédéric-Guillaume) 41 ans, négociant, Hanau (Allemagne).

Beyerxan (Jean), 42 ans, négociant, Bordeaux.

BmERBN (Jean-Baptiste), 42 ans, agriculteur, Casti lionnes.

Bienvenu (François), 70 ans, marché graisseux, Bordeaux.

Billeau (Marie), 41 ans, religieuse, Landiras.

BiLLoi (Jacques), 55 ans, gantier Rudy en Béarn.

BiLLoi (Marguerite), 23 ans, empeseuse, Bordeaux.

BiLLoi (Marie), 20 ans, tailleuse.

Bordeaux.

DEC

ISION.

NATURE

DATE

Acquitté.

5 nivôse an II

(25déw. 1793).

Un mois de détention.

1 5 brumaire an II (5 nov. 1793).

Renvoyé à plus ample informé.

(I2juil. 1794).

S'est suicidé.

(OonflB'')itlon do son biaif an pivflt d« U Râpubll-

12 brumaire an II (2 nov. 1793)

Acquitté.

21 ventôse an II (11 mars 1794).

Acquitté.

17 nivôse an II (ôjanv. 1794).

Acquitté.

19 prairial an U (7juini794).

AcquiUé.

8 pluviôse an II (27janv. 1794).

1 5o,ooo'd*amcndL solidairem» avec MartelletO».

9 ventôse an II (27 fév. 1794).

60,000' d'amende.

3 germinal an II (23 mars 1794).

Renvoyé à plus ample informé.

4 pluviôse an II (23 janv. 1794).

Détention jusqu*r la paix et 20,000' d'amende.

19 frimaire an II (9déc 1793).

Détention jusqu'à la paix.

i5 frimaire an II (5déc. 1793).

Mort.

8 messidor an II (26 juin 1794).

Idem.

Acquittée.

Idem,

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