‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 115 sur 165 · LIVRE XLVll · texte numérisé non relu

LIVRE XLVll

pensée d'interdire ouvertement le droit sacré d'easeigDer, et la loi qui devait consacrer sa tyrannie hypocrite débutait en ces termes : « renseignement est libre. » En même temps l'éducalioD publique voyait menacer ses établissements les plus utiles. Le 15 septembre, Durourny', au nom d'une dëputation des sections et des sociétés populaires de Paris, venait, sous prétexte d'aristocratie, rédamer la suppression des facultés de droit, de théologie et de médecine, et la réduction à dix des collèges de la capitale. Il demandait d'établir à leur place trois degrés d'instruction. La proposition Tut adoptée, mais son exécution Tut suspendue presque aussitôt pour un projet plus radical.

Les doctiines encore récentes de Rousseau, en matière d'éducation, avaient laissé dans les espriis une empreinte Ux)p profonde pour qu'on ne fût pas tenté d'en faire l'essai. L'occasion semblait favorable aux réformateurs de la Montagne. A un nouvel ordre de choses, à une nation revenue à l'état de nature, que fallait-il, sinon ' un plan naturel, simple et facile à exécuter? Une répu-bUque surtout n'a besoin, pour prospérer, que d'hommes robustes, laborieux, sachant travailler de leurs mains, et en même temps éclairés sur leurs droits et leurs devoirs. Or, pour acquérir cette connaissance, les séances des corps constitués ou des sociétés populaires ne sont-elles pas des écoles suffisantes? Accueillies comme autant de vérités, ces rêveries allaient être mises en pratique et conduire la nation à l'ignorance.

<. Moniteur du ISBeplembre 1793.

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La . CoDveDtion échoua donc dans sa teatative de former des géoéralions à son image. Toutes les tyrao- □ies ont poursuivi cet idéal, et par une juste punitioa de leur vice d'origine, leurs elTorls ont toujours été impuissants. Avec ta Révolution, ces essais sont pariiculièremént odieux, en ce qu'ils impliquent la négation de Dieu. Avec le despotisme qui dissimule sa domination sous le masque de l'ordre public, ils ne sont pas moins haïssables, car ils sont alors la négation de la liberté. Le mo'nopole a été appliqué sous ces deux régimes et l'opinion publique l'a réprouvé. Si l'on tentait jamais de le rétablir, cette entreprise serait condamnée d'avance, car elle a contre elle la conscience et la liberté.

Les sectaires auxquels la France, dans un moment d'égarement, avait laissé prendre la direction de ses destinées, ne se contentaient pas de domina* dans l'ordre • matériel. Ils prétendaient encore étendre leur ingérence dans le domaine de l'ordre intellectuel et Taçonner l'esprit public à leur guise, de gré ou de force. Maîtres des journaux et des clubs, ils n'avaient plus contre eux .que ta résistance des théâtres. Us vont entreprendre de les réduire et d'en faire un des éléments de l'éducatioa jacobine; tentative habile, car le peuple des grandes villes est avide de spectacles, et c'est là qu'U vient chercher, avec les émotions du moment, le modèle ou la satire de ses mœurs.

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