‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 114 sur 165 · LIVRE XLVn · texte numérisé non relu

LIVRE XLVn

la liberté. Le plus affinnatif est GastOQ, mais personne n'égale l'énergie de Bréard. Après avoir démontré, comme Grégoire; ce que le système des maisons natiooales, destinées à remplacer la Tamille, a d'impraticable et d'iiyuste, il résume son opinion par ces paroles significatives : « le vois moins de danger à laisser les enfants entre les mains d'un père patriote qu'entre celles d'un instituteur corrompu, u

Danton essaie de tout concilier, a Si l'amour paler- Del, dit-11, s'oppose au plan de Lepelletter, il faut respecter la nature même dans ses écarts. Mais si nous ne décrétons pas l'éducation impérative, nous ne devons pas priver les enfants du pauvre de ce bienfait... après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple... Peu importe le prix de la semence... Décidez qu'il sera formé, aux dépens de la nation, des établissements où chaque citoyen aura la faculté d'envoyer ses en&ints, pour recevoir l'instruction publique. »

n — Ces établissements sont inutiles, réplique Guyomard. Le lien le plus sûr des Républiques est l'attachement des enfants pour leur père. »

Robespierre reste seul sur la brèche; mais sa confiance n'en est pas ébranlée. Dévoilant avec cynisme la pensée secrète delà Révolution, il s'écrie : « Le but du projet est de saisir les enlants, au moment où ils reçoivent les impressions décisives, pour préparer des hommes dignes de la République... Jusqu'ici, je n'ai entendu plaider que la cause des préjugés contre les vertus républicaines. Je vois d'un côté la classe des riches qui repousse cette loi, et de l'autre le, peuple

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qui la demande. Je n'hésite plus , elle doit étie adoptée. »

Du moment où la CoDventioD u'acclamait pas son idole, ta cause était p^ue. Danton veut au moins sauver une épave; il remoute è la tribuod et réclame l'iastitutioa de quelques-unes de ces maisons oationales, qui doivent donner l'enseignement uniforme, si cher à la démagogie. De sa voix ardente, il s'écrie : s C'est au siècle de Louis XIV que nous devons la vraie philosophie; c'est aux Jésuites que nous sommes re* devables de ces élans sublimes qui font nattre l'admiration. Allons donc à l'instruction commune, car tout est restreint dans l'éducation domestique; mais ne codtraignez pas les pères de famille. » Cette diversion produit son effet, et la Convention décrète qu'il y aura tout à la fois des établissements nationaux, où les eofonts seront instruits, nourris et logés gratuitement, et des classes où les citoyens, qui voudront garder chez eux leurs enfanis, pourront les envoyer s'instruire.

Grâce à cette transaction, la liberté avait remporté un triomphe de principe, victoire éphémère, du reste, que la loi organique de l'instruction publique allait bientM changer en défaite. En demandant aux instituteurs, comme premier titre, la production du certificat de civisme approuvé par les comités révolutionnaires, et en imposant aux parents la déclaration du nom du maître qu'ils avaient choisi et robligation de l'assiduité de leurs enbnts à l'école, la Convention retira en réalité d'une main la concession qu'elle avait feite de l'autre. Elle n'en avait pas moins reculé devant la

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