‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 12 sur 165 · LIVRE XLl · texte numérisé non relu

LIVRE XLl

l'heure préseute, sans souci de l'aveDir, il se prend de tui-méme à la glu des pompeuses promesses dont les régimes nouveaux sont toujours si prodigues. Funestes complaisances, fatales illusions! Quand le rêve se dissipe, il est trop tard. Paris, — et la France trop souvent, hélas ! — se réveillent dans le sang ou dans la boue.

C'est dans la séance du 9 que la Convention reçut, avec les adresses de Bordeaux, et de Rennes, les premières nouvelles des résistances que le coup d'Étal du 2 juin rencontrait dans les déparlements.

Le Conseil général du département de la Gironde s'exprimait ainsi :

« Des cris de terreur et de vengeance retentissent dai^ toutes les places publiques et jusque dans notre enceinte. Un mouvement général d'indignation et de désespoir précipite tous les citoyens dans leurs sections. Les députations se pressent autour de nous. Toutes viennent nous proposer les mesures les plus extrêmes. Il nous est impossible de calculer en ce moment les suites de cette effervescence, et nous redoutons l'instant où nous serons forcés de vous la dire tout entière. »

Les citoyens de Bennes- écrivaient :

u La Convention n'est plus libre, et tel est l'excès d'audace des dominateurs sanguinaires qui la subjuguent, que les représentants de vingt-cinq millions

3i HISTOIRE HE LA TERREUR.

d'hommes n'ont jamais pu avouer l'avilissement dans lequel une poignée de scélérats les plongeait. Assez et trop longtemps nous avons renfermé dans nos cœurs ces cruelles vérités; la voix du peuple s'est élevée, elle éclate, elle tonne, elle énonce la volonté générale par l'organe de toutes les communes. Quel est dans ce moment le devoir du peuple? Se lever tout entier, marchera Paris, non pour le combattre, comme on voudrait insidieusement le persuader, mais pour le rallier à des milliers de frères qui n'attendent que sa présence pour repousser l'oppression et rendre à la représentation nationale sa dignité, son intégrité, sa liberté. Ce mouvement sera terrible; calculez-en tous les effets; hâtez- Tous de les prévenir. Rapportez l'odieux décret qui met en état d'arrestation nos plus incorruptibles défenseurs. Rendez-les à la République : vous en répondez sur vos télés. »

Les jours suivants, on apprit que d'autres villes, notamment Lyon, Toulouse, Brest, Grenoble, avaient imité Rennes eiBordeaux. En Normandie, en Bretagne *, en Guyenne, en Languedoc, en Provence, en Dauphiné, l'immense majorité des autorités constituées avait déclaré tenir pour nuls et non avenus les décrets rendus par la Convention depuis le 31 mai. Les principales cités de

t. En Bretagne, le mouvement amiconventionnel fut (ellement prononcé, qu'il entraîna quatre députés montagnards alors en mission auprès de l'armée des côtes "de Brest, Merlin de Douai, Cavaignac, Gillet et Sevestre, à envoyer à l'Assemblée une prolestatioa très-énergique contre les événemenis du ! juin. Nos lecteurs trouveront il la fin de ce volume cette pièce inliressanle ï plus d'un Utr».

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