‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 125 sur 165 · Uonileur ifôs 3 et 4 octobre · texte numérisé non relu

Uonileur ifôs 3 et 4 octobre

38i HISTOIRE DE LA TERREUR.

chef à RoDsiD, avec deux généraux de brigade sous ses ordres. Tous les trois Turent acceptés sans réclamation; mais la discussion s'engagea sur les autr^ ofiBciers.

Ces enquêtes pouvaient retarder la conslitution de l'armée, et Robespierre s'éleva avec énergie contre des vérifications inutiles. « Les ajourDemeols, ne cessait-il de répéter, ont toujours perdu la chose publique... Ou a attendu assez de temps pour Taire justice des brigands qui désolent le territoire français. H faut en finir... L'armée révolutionnaire est le moyen par lequel les lois vont éire mises à exécution... Qu'on passe par dessus tous ceux qui paraissent suspects; ii en est d'autre, et la société doit s'empresser de contribuer à mettre cette armée en exercice. •

On Suit par ratifier, à quelques noms près, les choii du Conseil exécutif; mais, malgré toute la diligeace apportée à leur organisation, les bandes de Ronsin ne furent en étal de marcher qu'à la fin d'octobre. La Con-

1. Les priDcipaux eheh de l'étal-major proposés parle minisiR de la guerre, dans la séance du Conseil eiécntir du 30 E^)teinbre, étaient Ronsin, général de division à l'armée de la Vendée, commandant supérieur ; Boultanger, général de brigade k l'armée des câtes de Cherbourg, Pareio, général de brigade à l'armée de la Voidée, commandants en second ; Mazuel, adjudant général chef de brigaét, Houssaye, adjudant général chef de bataill<xi i Tannée du Mord, «1 Hauban, adjudant général chef de bataillon, adjudants génénui.

II est intéressant de rechercher quelle fut leur destinée, pendant li Terreur, ou après la chute de Robespierre.

Des trois généraux, deux périrent sur l'échaTaud.

Kous avons déjà eu occaeion de parler de Ronsin et de i'aviBcément scandaleux que lui donna Boucbotte, dans le courant du «uns de juill<<t <793. [Voir plus haut, page 481). Nous compléterons seséliti de service militaires par l'indication de soj premiers grades! NJ It

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ventioQ eut les hoDoeurs de leur premier défiié, et le président Charlier les accueillit par ces paroles significatives : a Guerre aux aristocrates, aux modérés; paix et

i" décembre nst à SoJwons, et Bis d'un maître tonnelier, Charles- Philippe Ronsin s'était engagé comme simple soldat an régiment d'Aunis, le 7 octobre 1768, et avait acheté son congé, dans le courant du mois de mai 177!. Capitaine de la garde nationale de Paris, le 11 Juillet 1789, commissaire des guerres lelà novembre 4191, commissaire ordonnateur huit jours après, il n'avait jamais commandé une troupe régulière. Poussé par son ambition, son esprit d'intrigue et son amour de l'argent, Ronsin se jeta dans les bras des Hébertistes. Décrété d'accusation, le 17 septembre 1793 sur la dénonciation de Fabre d'Ê^lautine, il fut relftché le % février suivant, sur la réclamation de Danton -, mais il ne jouit pas longtemps de sa liberté. Arrête de nouveau le 14 mars 4794 avec Hébert, Vincent et Homoro,il comparut avec eux devant le Tribunal Révolutionnaire et s'entendit condamner è mort le 34 du mâme mois.

Gervais Baudouin Boullanger, né à Liège, était venu chercher fortune à Paris. Il avait commencé par eiercer la profession d'ouvrier bijoutier, de même que Ros^gnol et beaucoup d'autres révolutionnaires. L'exagération de ses principes démagogiques le Gt nommer commandant en second de la section de la Halle au Blé et le désigna au choix de U Commune pour ie commandement général de la garde nationale pariaienne, quand San terre partit pour la Vendée, le lîtmai 1793. Hais plusieurs sections protestèrent et Boullanger fut obligé de donner sa démission. Après le 1 juin, il se fil la créature de Robespierre et devint l'un de ses principaux agents. II le servit notamment dans l'affaire des Hébertistes et le suivit k la Commune, quand il jeta le gant à la Convention, Boullanger, de même qu'Henriot, prit une part active an mouvement insurrectionnel et fut décrété d'accusation le 9, mis hors la loi le 10 et exécuté Is 11 thermidor.

PareJn seul survécut i la tourmente révolutionnaire. Il avait en la prudence de se cantonner dans la présidence des commissions militaires de Saumur et de Lyon, et échappa de la sorte ï la réaction provoquée par lee excès de l'armée révolutionnaire. Avocat avant la révointion, Pierre Halbieu Parein n'avait d'autre titre militaire que celui d'avoir servi, comme officier, dans la compagnie des volontaires de la Bastille en 1789, ce qui ne l'empâcba pas d'être nommé commissaire des guerres le 1" août 1793, général de brigade le 8 oc-

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36i HISTOIRE DE LA TEBBBOB.

protection aux patriotes : Toilâ l'objet de votre tostitutloD. Vous atteiodrez le but que la CooveDtioD s'est proposé; vos vertus et votre civisme lui en sont de sûrs garants. ■

tobre et même général de division, h titre provisoire, par les reprtsentanlB Poncbé, Laporte et Méaulle, le 3 ours 1T9i, h Lyon. Aprte le 9 thermidor, Pareio continua ses relttioos avec le parti jacobio et prit part à plusieurs conspiratioas, ootammeot i celle de Babœuf. Acquitté par la haute-cour de Vendôme et réintégré dins son grade, il demanda b Fouché, son aocien protecteur, de l'employer dans la police, et Tut admis plus tard à la retraite, par décret du 6 juin 1814.

Les adjudants généraux eurent le même sort que leurs clie& directs et deux sur trois furent condamnés à mort.

Hazuel, natif de Lyon, s'ëlail préparé b la vie publique par les professions successives de cordonnier et de dessinateur en broderie. Avant de venir à Paria, il avait été condamné correctioonellemeat ï Montpellier. Pour donner le change sur cet antécédent ftcheux, il st posait en vicUme de l'anstocratie et affectait un patriotisme exagéré. Bouoholte l'avait pris pour aide de camp et il s'était donné â iuiméme la mission d'organiser un corps de cavalerie. Hazuel, en apprenaut sa nomination, refusa d'abord, afin de rester à Paris, .où sa présence et son indiscipline étaient un objet perpétuel de scandale ; mais il accepta plus tard, quand ou lui donna le commandement de la cavalerie de l'année révolutionnaire. A Beauvais, oit il fut envoyé en détachement, il se signala par ses excès. Comow son chef, Hazuel appartenait au parti des Hébertistes et périt avec eux Iel4marst79i.

Honssaye était un protégé de Xavier Andouin, le gendre de Pachs. Ouvrier bijoutier, il s'était jeté dans le mouvement révolutionnaire etavatt mérité le surnom caractéristique de Ptu-de-bon-Dieu. Quand l'armée révolutionnaire fut licenciée, k la Qn du mois de mars 1794, Houssaye s'emporta en propos violente et publics contre la Convention. Le Comité de salut public le Bt arrêter et le Tribunal révolutionnaire le condamna à mort, le 30 mai 4794.

Nous n'avons pas de renseignements particuliers sur Hanban. C'était un démagogue obscur, dont la candidature avait été «journée un moment à la Société des Jacobine, en raison de ce qu'il n'était pas sufBsamment connu. Il avait été présenté par Henriot et ses litres reposaient sur la publication d'écrits révolutionnaires.

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On était loin de la proposition formulée par Chaumelte. La question des subsistances, qui avait été l'occasion de l'établissement de l'armée révolutioDaaire, était reléguée au second plan, et la chasse aux suspects devenait désormais le but principal de son îastitution. De cette double mission, Ronsiu n'accepta que la seconde, et s'en acquitta en conscience. Les riches furent terrorisés et pillés, mais les pauvres ne furent ni plus tranquilles, ni mieux nourris. L'intérêt général n'était là qu'uu prétexte pour déguiser les spoliations et les vols. En poussant ses réquisitions jusqu'à trente lieues de Paris, et en obligeant les posseseurs de grains à ouvrir leurs greniers, l'armée révolutionnaire ne fit qu'élargir le cercle de ses exactions; les chevauchées de Ronsin, impuissantes rapprovisionner la capitale, achevèrent d'y établir la famine.

II ne restait plus qu'à régulariser la proposition de Basire sur les suspects. La loi du 17 septembre se chargea de ce soin, et couronna dignement l'œuvre d'iniquité.

Le mot de suspect n'était pas nouveau dans le langage révolutionnaire, mais il n'avait jamais été exactement défini, et l'équivoque même avait été habilement maÎDtenue, afin de faciliter les mesures de violence dont l'histoire de la Révolution est pleine. Au commencement de 1793, les suspecis gont encore les robins, les nobles.

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386 HISTOiaE DE LA TERREUB.

les ÛDanciers, les banquiers, les prêtres, tous les modérés en un mot, et l'on se contente de prendre leurs armes, pour les confier aux défenseurs de la patrie ', Quand l'étranger avance, quand les Vendéens menacent, les exigences augmentent avec les désastres dont la détestable politique de la ConventioD est la cause. Ce n'est pas assez de lutter contre les ennemis du dehors et de combattre la résistance intérieure ; il faut arrêter les suspects, les garder comme otages, leur faire payer une partie des frais de la guerre. Cette fois le sens du mol s'élargit, et les suspects sont ceux que les municipalités et les Sociétés populaires ont déclarés tels *.

Od comprend tout ce qu'entraînaient d'abus de pareils principes professés, du haut de la tribune, par des

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