‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 155 sur 165 · E3 RESTES DE HARAfl · texte numérisé non relu

E3 RESTES DE HARAfl

L'apothéose de Harat duraipeu et la réaction fut d'autant plus vive que le culte avait' été plus (erv*nt.

La Convention avait ordonné, le 25 novembre 1793, sur le rapport de Gfaénier, la translation ,des restes .de Marat au Panthéon, où ils devaient remplacer la dépouille mortelle de Mirabeau; mais. elle ne ae pressa. ^ère d'exécuter son décret, et il était réservé à la réaction thermidorienne de donner cette preuve de faiblesse. Le M septembre il9h, le icercuul de Marat fittaolennellement transporté jtu.Panthétm.

Interprétée .comme .un défi à la «OBSCMUce pyUique, celte concession atvpassions jacobines manqua icomplétemeat son but et devint le si^al .de norabreusQs protestations. La tili» célèbre est la fête du mannequin, le 21 janvier 1795, à la suite de laquelle l'aGBgie de Marat, promenée .dans Paris et brûlée dans la cour des Jacobins, eut ses cendres jetées daos l'égont Montmartre'. Marat lui-même ne tarda pas à être expulsé du Panthéon, à la suite duidéoret,du'8 février .1795, ioterdiBam de rendre cet honneur à un citoyen moins de dix ans après sa mort.

La dépense faite par la Soction du 'Hké&tre-FraDçais poor conserver « ces précieux restes » devenait de la ai^te inutile.

1. Cest le louvmir d« cette jnHiit«al*tien qui a »vr4(Uté 1» légnda inOJgUDt celle humilialioa ui corps mime de C^mi duptiale. En réililét Marat a 6U ejEbamé leî8 décembre 1795 et iphumé, U a uit suivante, dtoi l'ncisD cinteUèredesel«TCa-de'StttDle-GeiieTi&*e attenant à l'é^ig.

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NOTES. 6Sa

II n'en est pas moins intéressant de constater une foie de pins comment, dans'touâ les temps, la cupidité privée-el la passion politique se sont irttBcliées aux cadavres célèbres. NousTecommandoDS snrtout la phrase ironique qui termine le rapport de Uesanlt.

Btat des ééfunigt qu'il m'a été .oxdomé de foin, par le Conseil

générai de la Commune, 'pour Fanbaumtmmt 4u corps de

Marat.

a Pour l'embaumement du citoyen Marat ;

<i Son cœur et sea entrailles embaumés àpart;

n Panr soins assidus, depuis le dimaoQhe jusqu'au mercredi, deux heures du matin;

« Pour tous les aromates, liqueurs, et pour tout le linge employé ;

(1 Pour les cinq élèves qui, à tour de rôle, n'ontpoiot quitté le corps;

i< Et généralement pour toutes les dépenses qu'a occasionnées l'embaumement, la somme de six mille livres. H Dbschuii>!>, « Chirurgien major de l'hôpital de la Cliarité de Paris, y demeurant. »

Rapport du chirurgien. Desauit.

« D'aprës la demande du citoyen Giraud, chargé de régler les mémoires relatifs aux funérailles lie Marat, et autorisé, par le ministre de l'intérieur et le département de Paris, àdemanderaux artistes lestrenseigoements nécessaires sur cet objet, j'ai examiné les pièces suivantes, relatives k l'embaumement du corps de Marat :

« 1°. Une déclaration«ignéedu citoyen Lohier, commissaire du Comité de Salut public, portant qu'avant l'embanmeraent du corps de Marat, le citoyen Deschamps, chargé de cette Opération, l'avait évaluée à douïe ou quinze cents livres ;

H 2'. Un mémoire par lequel le citoyen Deschamps demande la somme de six mille livres pour les frais et soins relatifs^ oet embaumement.

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su HISTOIRE DE LA TERREUR.

« Après m'étreaBSuré.chez plusieurs apothicaires, du prix actuel des différentes substances qu'on emploie ordinairement pour les embaumements, et en évaluant les soins que cette opération exige, je me crois fondé à prononcer qu'une somme de quinze cents livres doit suffire pour tous les frais de l'embaumement du corps de Marat.

41 La somme de six mille livres ne serait pas excessive, s'il était nécessaire de satisfaire l'orgueil et la vanité d'un riche héritier; mais un républicain se trouve déjà dédomm^ de ses peines par l'honneur d'avoir contribué à conserver les restes d'un grand homme que la patrie veut honorer.

u A l'HAtel-Dieu de Paris, le 22' jour du 1' mois de la 2' année de la Bëpublique une et indivisible.

R Desadlt. b

Rapport du dloyen Giraud, architecte du d^artement di Paris, sur £ embaumement du corps de Marat.

Du 6' Jour de la 3* décade de l'ao II de la Rtpubliqna rraD;aiM (ère Ynlgatre, 17 octobre 1703).

a J'ai l'honneur d'envoyer au Directoire :

« 1°. Le mémoire du citoyen Deschampa, chirui^eu major de l'hôpital de la Charité, montant en demande è la somme de six mille livres, pour l'embaumement du corps de Marat;

H 2°. Une déclaration du citoyen Lohier, commissaire du Comité de Salut public, portant qu'avant l'embaumement, ledit citoyen Deschamps n'avait évalué cette' opération qu'à douie ou quinze cents livres;

« 3". L'at is du citoyen Desault, chirurgien en chef de l'Hôtel- Dieu, dont les talents, la probité et le civisme sont connus, qui flse h quinze cents livres les honoraires et déboursés du citoyen Deschamps.

« J'applaudis à la réputation de patriotisme que le citoyen Deschamps s est acquise; mais je suis d'auUnt plus affligé de sa témérité et de son avidité que, d'après des renseignements cenains qui me sont venus d'autre part, il ne peut que

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NOTES. 5t5

se féliciter du règlement du citoyen Desault, encore qu'il ait diminué son mémoire des trois quarts.

« GiRAUD,

« Architecte du département de Paris. »

Le ministre de rjntérieur au président de la Convention nationale.

■ Parii, ce 7' joar du 2* mois de l'an II de la République TraBçaite.

« Citoyen préaident, a Je voua ai adressé, le 27 du mois dernier, uu état des dépenses relatives aux obsèques du citoyen Marat, et j'annonçais qu'il ne manquait, pour présenter la totalité des frais, que l'état de ceux d'embaumement. Vous trouverez ci-joinles les pièces qui ont rapport à cet objet. Je ne puis que laisser à la sagesse de la Convention □ statuer, d'après le rapport de son Comité des finances, sur la demande d'une somme de six mille livres formée par le citoyen Deschamps, chargé de l'embaumement. Elle examinera si ces dépenses doivent ftre allouées sur le pied de quinze cents livres, conforaiëmeni à l'avis du citoyen Desault, chirurgien en chei' de l'Hôtel-Dieu, ou si, comme je serais porté à le croire, une somme même de douze cents livres ne serait pas suffisante.

« Pahë. »

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VIÏ.

HOCHB kU S'IÈG-E BE DUrfKSRQUB.

(Voir p>gB a»lj

Le siège de Dunkerque par le ducdTorW, en août ÎTSS.fut l'occasion de noMbreoBes nMBUves-die rigueur contre les généraux employés en Flandre. Indépendamment d'Houchard et de Chancel dont nous avons déjà parlé, (yMéara qui défendait la ville fut destitué le 23 aoQt, comme Irlandais et aristocrate, par le représentant Duqueanoy. Déjà et' pour les mômes motifs, le femuche Coiyveittionnel avait fait arrêter (yMoran, commandant du camp de Casse). Un autre divisionnaire, Davesne, suivit de près. Souham lui-même se crut menacé et publia un mémoire pour sa défense. Duquesnoy s'acharna contre ses victimes; il alla déposer au Tribunal révolutionnaire contre O'Moran et Davesne et les fit condamner à mort, le 6 tuars 1794, pour fausses manœuvres devant l'ennemi.

Hoche, alors adjudant général, avait été employé à Dunkerque. Nous reproduisons deux lettres de lui qui restituent atix événements leur véritable caractère et montrent en même temps avec quelle facilité où devenait suspect.

Nous les complotons par une lettre de Bouchotte à Fouquier-Tinville , indiquant à quels signes on devait, en l'absence de preuves, reconnaître la culpabilité d'un général.

Uadjudant général Hoche au citoyen Àudouin, (uijoinl au ministre de la Guerre,

a Vous af ppendreiy Citoyen, avec surprise que je suis' en état d'arrestation et conduit au Tribunal révolutionnaire de

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eiS HISTOIRE DE LA TERREUR.

Douai, pour avoir dit que Pitt soudoyait des hommes dans notre armée et que, si Cobourg y donuail des ordres, elle n'irait pas plus mal. La preuve que l'on a reconnu que je disais vrai, c'est que le Conseil exécutif l'a senti et que, par suite, il a destitué une grande partie des généraux suspects. C'est ainsi qu'en se heurtant, les patriotes se divisent. J'éuis au poste de l'honneur, j'en suis tiré pour un propos que vous avoueriez. Je vous prie d'attester mon civisme aux commissaires de la Convention à Cambray et de me recommander an citoyen Bouchotte.

« Tout à vous et à mon pays,

« L'adjudant général,

« L. UocHB. a

■ Dunkerque 1" septembre 1793 ui U de U Rèpnbliqiw

« L'adjudant ginériU Boche au citoyen Audouin, adjoint au ministre de la Guerre.

H Citoyen, si j'ai été si longtemps sans vous infurmer de la suite de mon procès, croyez que ce n'est point par négligence, mais seulement parce que j'ai été tant occupé pour mon service que je n'ai point eu un moment à moi. Prêchant la dociriae que j'ai toujours professée, je devais naturellement m'attirer la haine des hommes de boue contre lesquels je criais, et m'attendre à être dénoncé par leurs intrigues, ce qui ne manqua pas; et quoique j'eusse prévenu le représentant du peuple Levasseur que j'allais être dénoncé, je fus traduit an Tribunal révolutionnaire, parce que ce député ne se trouvait pas pour le moment à Cambrai. Le Tribunal, après avoir examiné mes papiers et parliculièrement ma correspondance, prononça que, depuis le commencement de la Révolution, je m'étais montré comme un franc et loyal patriote, et écrivit aux représentants du peuple prés l'armée et k un de vos confrères adjoint au ministre de la Guerre. L'acte d'accusation étant aussi ridicule que le procès de mon pauvre Maral, ma défense fut pareille, et j'ose vous dire que je fus déchargé aussi honorablement.

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■ En sortant de là, je me transportai à mon poate et reçus ordre d'aller sur le champ m'enfermer dans Dunkerque, ce que j'exécutai avec la plus vive satisfaction. O'Méara commandait dans cette place ; elle était absolument sans défense ; les troupes désorganisées et harassées de fatigue par le désordre qui régnait dans l'armée.

u Je suis arrivé ici avec le général de brigade Souham qui est un vrai sans-culotte; enfin, à force de travul, nous commençons à nous reconnaître. Pitt avait ici des agents ; des papiers iacendiaires ont été répandus, des signaux donnés à la flotte ennemie mouillée à trois quarts de lieue de la ville ; les matelots, frappés d'une terreur panique et probablement travaillés par l'aristocratie, s'élaient insultés. Les représentants du peuple Hentz et Duquesnoy arrivés ici firent chasser de la ville tous les étrangers et les gens suspects ; Souham fit une proclamation dont je vous envoie un exemplaire et j'écrivis aux matelots dans le style franc et courageux d'un républicain. Ces hommes égarés avaient forcé leurs chefs à quitter la station et voulaient rentrer dans le port; ils ont reconnu leur erreur ; les sans-culottes sont bons ; il ne faut que les éclairer et leur mettre sous les yeux les dangers de la patrie. A l'heure où je vous écris, tout est rentré dans l'ordre nécessaire ; quelques arrestations faites à propos ont patriotisé les esprits ; les citoyens sont dans les bons principes, ils veulent la République, et paraissent disposés à seconder nos efforts. Nous avons besoin d'eux, car nous avons an plus sept mille hommes dans la place, qui n'est à proprement parler qu'un camp retranché qui demanderait quinze à dix-huit mille hommes.

Il Les ennemis ont établi leur première parallèle, mais soit qu'ils. manquent d'artillerie, aoit qu'ils soient étonnés de la contenance que nous montrons, soit qu'ils aient été déconcertés par le remplacement d'hommes sur lesquels ils comptaient peut-être, ils ne nous ont point encore envoyé une bombe ni un boulet, et ce n'est que fort lentement qu'ils continuent leurs travaux.

<i Nous avons à la vérité pris des mesures et fait connaître à leurs partisans que nous avions résolu de laisser

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brûler la ville plutôt que de la rendre et que, dans le cas oii la garde citoyenne entreprendrait de nous forcer, elle devait s'attendre à voir tourner contre elle des armes qui sont destinées à combattre les tyrans et les traîtres. Malgré noire faiblesse, nous tiendrons bon, je vous en assure, et je crois pouvoir vous répondre de la conservation de cette importaaie place à la République; on nous promet des secours prompts «t puissants; tardassent-ils quinze jours à arriver, dans l'éiat où à force de travail la place se trouve maintenant, on peut les attendre. La société populaire s'est dissoute ; j'espère qu'elle va rouvrir ses séances et que l'esprit public se ravivera.

« Salut et fraternité.

« L. HO(aE. n

Le ministre de ta Guerre à F Accusateur public pris le Tribunal révolutiormaire.

• Paii», le 1S pliiTiûM «n n de la Répobliqae.

« J'ai fait faire, dans mes bureaux, des recherches des correspondances relatives aux généraux prévenus de trahiBoa ou de suspicion. Leur correspondance n'offre rien de saillanl; ils ont toujours eu soin de s'y masquer; il est probable qu'ils avaient prévu de bonne heure le danger de donner des armes contre eux,

a C'est en établissant, par l'examen de leur vie privée, leur plus ou moins d'éloignement du système populaire, qu'as jugera du motif de leurs mouvements militaires, et de l'inao tion à laquelle ils ont condamné les troupes, et des fausses directions qu'ils ont données.

« Par exemple, par rapport h Kilmaine, on verra comment il s'est laissé tourner dans son camp de César ; pourquoi il n'a pas occupé Solesmes pour se lier avec la forêt de Normal ; pourquoi il a abandonné le terrain sans coup férir.

a Sur Desbrulys, chef de son état-major, de quelle manière il en a rempli les fonctions.

<i Toutes les pièces de la garnison de Condé, du blocus et

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de la capitulation faite par Chancel , ont été envoyées au Comité militaire de la Convention nationale et je n'ai rien reçu & son é^rd, lors du débloquement de Maubeuge.

« Davesne m'a fait passer un mémoire que je joins ici ; Sooham, qui s'est cru inculpé, y a répondu et j'y ai joint la réponse. On n'a pas mis assez de secret et d'accord dans les diversions et on a eu au moins la légèreté de publier des projets, comme s'ils avaient été exécutés. .

0 Gay-Vemon avait donné des inquiétudes aux patriotes par ses liaisons avec Custine et l'opinion où on était en général qu'il n'aimait pas le système populaire.

u Les patriotes avaient dans le temps bonne opinion du zèle et du républicanisme de Barthélémy; l'instruction fixera l'opinion sur lui.

ù Demestre, si c'est le commandant du 7' de cavalerie, était l'homme de confiance de Lafayette, pour la police de son armée, au mois de mai 1792.

« O'Horan est étranger; Landremont et Schauembourg étaient ci-devant et ne. jouissaient point de la confiance des patriotes.

a Laferrière est dans )e même cas. Je n'ai rien reçu de Landau sur les frères Landier et autres.

a La sagacité du Tribunal distinguera les coupables des innocents, et de ceux qui peuvent être suspects, et à éloigner des fonctions publiques. Si, dans le cours de l'iastruction, tu as besoin de quelques éclaircissements rësbltanl de la correspondance officielle, tu me l'indiqueras et je me ferai un devoir de la procurer au Tribunal.

a J. BoucBonx. n

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vni.

LES CONFLITS DS L'ARMÉE DBS PTRËNËBS.

(Voit pigs W0.)

Les premiers généraux dea deux armées des Pyrénées appartenaient à l'andenDe organisatiOD, et cette circonstance pent, dans nne certaine mesure, servir à expliquer leur résistance'aux insanités des représentants et la défiance de ces derniers.

LE CÉNëBAL DE FLERS.

Louis-Cbarles de Lamotte Ango de Fiers, né le 12 juin 1 75&, sortait de la cavalerie. La révolution de 1789 l'avait trouvé officier supérieur et le fit lieutenant-colooel le 6 novembre 1791, colonel le 23 mars 1792, et maréchal de camp le 7 septembre de la même année. Nommé général de division à l'armée du Nord le 27 avril 1793, de Fiers avait été appelé, le Ik mai, au commandement de l'armée àei Pyrénées Orientales.

Nous avons donné plus haut son portrait par le commissaire Comeyras'; nous le compléterons par la dénoudatioD des représentants Espert et Projean.

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