‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 43 sur 165 · LIVRE XLV · texte numérisé non relu

LIVRE XLV

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Tels étaient les hommes qui allaient présider aux destinées de la Vendée. Il est vrai que Barère avait dit : a Ce qu'il faut pour réduire les rebelles, c'est moins du talent militaire que de l'audace révolutionnaire. »

Ce n'était point l'avis des représentants qui suivaient de près, sur les lieux, les péripéties de la lutte. La conduite de Rossignol ne tarda point kleur donner raison.

Un premier conflit éclate k l'occasion du général Tuncq, qui avait succédé à Sandoz dans le commandement de la division de Luçon. Ses succès sur les Vendéens, au Pont-Charron, le 25 juillet, et dans tes environs de Luçon, le 30, lui avaient valu lii protection des représentants. Il n'en Tallait pas davantage pour le rendre suspect à Rossignol qui, sans prévenir personne, demande sa révocation et l'oblient. L'arrêté ministériel récompensant ainsi Tuncq d'avoir trop bien battu ses adversaires arriva au camp le 13 août, à onze heures du soir. A ce moment, les troupes républicaines étaient en présence de toute l'armée vendéenne, renforcée des bandes de BoyraDd et de Charette.La bataille était imminente, et les représentants n'hésitèrent pas à maintenir dans son commandement le générai révoqué. Le lendemain Tuncq justifiait, par une éclatante victoire, la confiance de ses défenseurs. C'était la troisième en dix-huit jours et, en l'annonçant au Comité de salut public, Bourdon et Goitpilleau purent lui dire :

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« Tous les jours on accorde des brevets d'adjudaols et de généraux à des hommes qui n'ont peut-être jamais monté la garde. Nous avons pris sur nous de nommer provisoirement le général Tuacq général divisionnaire, et nous espérons que la Convention voudra bien confirmer cette nomination'. »

Quelques jours plus lard^ c'est avec Rossignol luimême que la lutte s'engage au qqariier-généml de TuDcq, à Chantonnay. Rossignol faisait une tournée d'inspection, en compagnie du représentant Bourbotte. On était aigri de part et d'autre, et la délibération prit de suiLe un tour orageux. Bourbotte reproche à Bourdon de n'avoir pas encore appliqué le décret du 1" août. Bourdon riposte que ce décret renrerme des dispositions atroces, qu'il ne le fera point exécuter et qu'il ne permettra pas qu'on l'exécute, quand bien même il devrait ftiire incarcérer son collègue au château de La Rochelle.

On se sépare au plus mal et Rossignol continue sa route dans la direction de Fontenay. Là, on lui donne pour logement la maison d'un riche habitant récemment passé aux Vendéens. Tous les meubles se trouvaient sous les scellés; mais le respect de la loi était le moindre souci de l'étrange état-major que Rossignol traînait après lui, et dans lequel l'imprimeur Momoro, délégué du département de Paris, coudoyait le cornédien Grammont, métamorphosé en adjudant -général par la grâce de Ronsïa. Sous prétexte que les biens des royalistes doivent être confisqués et constituent des pro*

t. Uonileur du 18 août 1793.

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