LIVRE XLV
I>e plan de résistance des Bordelais avait été bien combioé ; mais il avait besoin pour réussir de trouver, dans la Gironde, une direction énei^ique, et, au loin, un appui efTectif dans la majorité des départements'. Cette double condition ne fut jamais remplie. A Boi'deaux même, malgré la chaleur des discours et l'abondance des propositions généreuses, le recrutement de la force départementale rencontra mille ditlicultés et ne se fit qu'à prix d'argent par voie de remplacement'. Dans les départements, les délégués de la Commission populaire de salut public, précédés ou rejoints par les émissaires de la Montagne, revinrent en rapportant qu'ils n'avaient trouvé qu'hostilité ou qn'indiHereDce. La déroute de Pacy, en exagérant dans les esprits la force de la Convention, acheva de jeter le découragement parmi les plus vaillants. La Vendée, Marseille et Lyon restaient seuls en armes. Quel réveil après avoir rêvé le concours de soixante-huit déparlements! Ne valait-il pas mieux, en présence d'un échec certain, essayer de fléchir, par une soumission volontaire, la faction triomphante? Les Bordelais eurent un moment l'illusion de croire que cela serait possible et, le 2 août, la Gom-