LIVRE XLV
tOTÎsation d'en restreindre les effets aux membres de la CommissioD populaire et aux chefs de la fâclion. « Sans cela, disent-ils, cent mille personnes peut-élre sont menacées, et il Taut alors une armée de 20,000 hommes pour réduire tant de rebelles ». Dans leur bouche, cet aveu est précieux à recueillir '.
La réponse de la Convention n'était pas douteuse. ËD l'attendant, les représentants chargent des agents sûrs d'occuper la citadelle de Blaye, la poudrière de Lormont, le fort Médoc, celui de Royan et le vaisseau stationnaire de l'embouchure de la Gironde. En même temps, pour réduire plus vite la population de Bordeaux en rafTamant, ils interceptent tous les convois de vivres dirigés sur cette malheureuse cité.
Les Bordelais se laissèrent bloquer sans résistance. Sûrs de l'ordre intérieur, avec la société populaire de la
I. Nous avons retrouvd les obserrationB manuacri les adressées au Comité deaaiut public par Baudot et Ysabeaa, ea marge de la copie du décret du 6 août qui leur fut Iraosmise. Elles prouvent, mieux que toutes les réOeiione, combien ces repréaentanU montrèrent peu de francbiae en maintenant leurs exigences. Ils disaient ;
Arl. i". Cet article ne peut souffrir aiicune difficulté dans son exécution.
Art. S. Cet article- a beaucoup servi aux vrais coupables, aux meneurs de la Gironde, pour faire embrasaer leur parti par loutea les sections, en leur persuadant qu'elles étaient comprises dans le décret, et que les biens de toute la ville étaient con&squés pour avoir provoqué, concouru et adhéré. De là les hauts cria qu'on a jetés. Qui prouve trop ne prouve rien. Les commissaires demandent que les dî^Ktsilions de cet article soient restreintes aux chefs de la raclion dont ils ont la liste, aux membres de la Commission populaire, aux administrateurs, elc. Par ce moyen, il y aura jour à exécuter ce décret, ou plutôt le peuple de Bordeaux y concourra volontiers. Il nous suffira d'une lettre du Comité de salut public pour nous croire suffi-
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sot HISTOIRE DE LA TERREUR.
jeunesse que présidait l'avocat Ravez et qui comptait dans ses rangs l'élite de la garde nationale, ils attendaient encore une fois, du temps, un secours que leur énei^ie seule aurait pu leur procurer. Ce blocus d'ailleurs était, »u début, plus nominal qu'effectif et n'empêcha pas la majorité des députés rérugiés h Caen de se rendre dans la Gironde. Duchâtel, Meillan, Ber^oing, galles et Cussy débarquèrent les premiers. Ils ignoraient l'aveuglement et l'iiiertio'de leurs amis et ne purent les déterminer è agir.
Cependant les mesures prises par Baudot et Ysabeau commençaient à porter leurs fruits. Les grains sui'tout étaient rares et, depuis le 15 août, chaque habitant de Bordeaux était réduit à 7 onces de pain par jour. De 1^ Réole, les représentants exploitaient habilement cette
samraeoL autorisés à agir contre les seuls meneurs, sans qu'il soit besoin d'un nouveau décret.
Art. 3. Les piastres sont réintégrées; inais nous pensons qu'il serait bon de les retirer promptemen t de Bordeaui. Nous nous sommes aperçus qu'elles étaient encore un objet de convoitise. Le numéraire est rare. Il ne Taut pas exposer ces messieurs à une nouvelle tentation.
Arl. 4. Nous découvrons loua les jours que les administrateurs du déparlement se sont emparés des Tonds qui leur étaient envoyés pour divers objets, tels que les routes, les piques, etc. Avis ponr envoyer eobrement de nouveaux fonds à ces intrigants. Il vaut mieux les adresser directement aux districts qui sont bons en majeure partie.
Art, 5. Il y aurait un grand inconvénient à remettra les deux millions entre les mains des commissaires de toutes les sections, parce que la majeure partie est encore dominée par les factieux. Nous connaissons les citoyens sArs et Gdàlas; c'est keux que nous confierons le sott et le pain du peuple, et non aux insolents agioteurs qui le mangent.