LIVRE XLV
situation. Pendantqu'audehors des commissaires, choisis parmi les plus fougueux jacobins , accumulaient aux portes de la ville les approvisionoemeuts et les vivres, les révolutionnaires restés à l'iatérieur parcouraient les quartiers pauvres, accusant les administrateurs en fonctions d'accaparer les grains et promettant que la disette cesserait le jour de l'entrée des délégués delà Convention. A la suite de ces excitations, un premier conflit éclate entre la Société de ta Jeunesse et la section Franklin où dominait l'élément montagnard. Pour maintenir l'ordre, la municipalité est obligée de feniier les clubs; elle envoie, en tmtre, une députation à Paris renouveler l'olTre de sa soumission.
« Citoyens législateurs, disait l'un de ses membres à la séance de la Convention du 30 août, l'objet de notre mission est de vous remettre une adresse de vingtquatre sections 'de la ville de Bordeaux, d'une commune dont TOUS avez si souvent loué le civisme, le zèle et les sacrifices pour la chose publique. Soyez indulgents pour la rédaction ; que des mots ne vous fassent pas juger de leurs sentiments; qu'un seul instant d'erreur soit oublié. Il est si doux, pour les représentants d'une grande nation, de ne trouver dans les coupables que des frères égarés, que nous espérons de votre justice le rapport d'un décret qui a portédansl'âmede tous les citoyens de Bordeaux la douleur la plus cruelle. Législatetirs, qu'il nous soit permis de rappeler à cette
r Bordeaux reorermait vingt-huit sections. La grande majorité af^rtanait, comme ou le voit, ï l'opinion modérée.
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lOi HISTOIRE DE LA TERREUR.
auguste Assemblée un fait liés iuiporlant qui peut appuyer notre demande. Le citoyen Barère qui vous faisait, il y a quelque temps, un rapport sur Bordeaux, tous a dit que le Comité avait décidé dans sa sagesse d'accéder un délai de six semaines pour permettre à la ville de revenir de sod erreur. Il avait bien jugé de nos sentiments, il avait bien jugé de cette cilé, puisque, le 3 août, tout était rentré dans l'ordre et que c'était seulement le 6 qu'expirait ie terme qu'il nous avait accordé '. »
A ces mots. Chabot s'élance à la tribune. Déjii, le 6 aoCkl, il avait déclaré insuflisantes les mesures de répression proposées par le Comité de salut public. Il v(Hilait que les biens des membres de la commission populaire fussent partagés entre les habitants de Bordeaux ayant moins de 300 livres de revenu, et c'est sur sa proposition, amendée par Couthon, que la confiscation, au profit de la République, avait été ajoutée au décret. Cette fois il est plus impitoyable encore'. « L'égarement des révoltés de Bordeaux, s'écrie-t-il, pouvait, avant racceptatiOD de la constitution, avoir un prétexte; mais, depuis la journée du 10 août, les habitants de celle ville, qui se sont permis d'interroger sur la sellette des représentants du peuple, sont des scélérats, dont il faut punir l'audace. Citoyens, les scènes affligeantes qui se passent maintenant à Lyon et à Marseille sont l'œuvre des marchands de Bordeaux. Ils en at-