‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 64 sur 165 · Moniteur du S septembre · texte numérisé non relu

Moniteur du S septembre

i. Nous avoDS rebvuvé l'original de ce décret, qui est ainsi CODCU ■*

Art. i". Les commissaires de la ConveotioQ nationale daoa le département des fiouche»-du-Ilhàne prendront Isa mesures les plus promptes et les plus sévères pour faire pnnir les auteurs et complices de la rébellion des contre-révolutionnaires de Marseille, des violences

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de répression réœmment inventé par la Montagne et dont Bordeaux, Nantes et Lyon devaient être les plus lamentables victimes. A Marseille, l'ardeur des passions méridionales et le désir de venger la dérection de Toulon en exagérèrent encore les odieux excès et la sanglante horreur.

Au moment où la Convention célébrait sa victoire sur Marseille, les Toulonais ouvraient leurs portes aux Anglais.

Comment cet acte de désespoir antipalriotique avaitil pu s'accomplir? L'étude de la situation intérieure de cette malheureuse cité va nous donner la clef de mystères qui, sans cela, seraient incompréhensibles et sembleraient contradictoires.

A la Rn de 1793, un souffle insurrectionnel avait passé sur les principales villes du Midi. Toulon n'avait pas échappé à l'influence générale; le sang avait coulé dans ses rues, et neuf victimes, parmi lesquelles on

el des sasassiDBts fM)a]mis daos ia personne des républicains de ces

An. S. Lea biens des individus qui, à Marseille et dans les départements ci rcOD voisins, ont levé l'étendard de la contre-révolution et de fa révolte contre l'autorité nationale, sont confisqués et alTectés spécialement aux indemnités dues aux patriotes opprimés de cte contrées.

Art, 3, Le ministre de l'intérieur disposera de la somme de 50,000 livres, mise à sa dispesition pour fournir un secours provisoire aux veuves et enfants des citoyens de Marseille assassinés pir les contre- ré v<dutionna ires de cetl« ville.

comptait le procureur géaéral syndic, étaient tombées sous les coups des démagogues. Les Toulonais se plaignirdDt à l'Assemblée ' ; mais la coospiratioa du 10 aoûl était triomphante et les massacres recommeacèreot*. L'impulsion partait de la Sociélé populaire, que présidait un Jacobin envoyé de Paris, et qui profitait de la complicité latente de ta municipalité pa triote. Peu à peu le clubcoDceDtra tous les pouvoirs entre ses mains, grâce à laconstitutioD d'unComité central, composé de délégués des difîéreDles associations démagogiques du département. L'armée, la ville et l'arsenal étaient soumis à sa censure, et l'on essaya vainement de résister. Le tribunal criminel subissait, comme les autres autorités, le joug de la factioa montagnarde, et ceux que ne frappait pas la Justice révolutionnaire étaient soumis à des contributions Torcées.

A la crise politique s'ajouta bientôt la disette des subastances. Le séjour prolongé de l'escadre dans le port et le passage des troupes destinées à l'armée d'Italie avaient absorbé les approvisionnements disponibles. Les assignats, trop nombreux, tombèrent dans le discrédit, et le prix des denrées s'éleva à des taux si exorbitants qu'il devint impossible aux ouvriers de vivre, bien que le prix de leurs journées eût été doublé.

Le malaise était à l'étut aigu quand, dans le cou-

*. Moniteur ia 9 toil M9i.

1. C'est ce que Jean Bon Saîat-Aodré, dans son rapport à la Cod* veolion, le 9 septembre 1793, appelait b s'être distingué par ce pa- Inoiisme ardent qui, dans l'âme brûlante des habitants du Uidi, devient UDe passion impétueuse et forte ■.

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rant du mois de mai, les meneurs du club, qui rejetaient comme d'habitude la responsabilité de leurs propre fautes sur les aristocrates et les riches, arrachèrent à la faiblesse des corps administratifs une nouvelle liste de proscription. Quatre-vingts citoyens, suspects pour leurs qualités morales et les services que plusieurs d'entre eux avaient rendus à la cité ou à l'État, furent enfermés au fort Lamatgue, et auraient péri sans l'énergie du commandant, qui refusa de les livrer à leurs bourreaux.

L'émotion produite par cet attentat durait encore quand les représentants Pierre Bayle et Beauvais, envoyés pour faire accepter ta Constitution, arrivèrent à Toulon, le 28 mai. Ils n'étaient pas dans le secret des événements qui se préparaient à Paris et cherchèrent à calmer les esprits en ordonnant la mise en liberté des prisonniers' .

L'ouverture des sections de Marseille rendit inutile cette tentative de conciliation. Les clubistes voûtaient à tout prix empêcher Toulon d'imiter l'exemple de sa voi-

^, Voici en quris termes ils annonçaient cette mesure b la ConveDtion :

o Toulon, le 4 Juin 1T93.

( Les rept^aentanta du peuple près l'année d'Ittlie, a Au eiloyen président de la Convention nationale. ( Nous adressons à la Convention nationale, citoyen président, copie du procès-verbal de la séance des trois corps adminislntifa de 1a ville de Toulon, en date du 31 mai dernier, qui a «rdonné Vëargisaement des personnes détenues au fort Lamalgue, ei régla les conditions de leur sortie.

( Nous avons concouru par notre présence et nos avis à cet arrêté

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