LIVRE XLV. S
TouloD el Marseille avaient sainement jugé les évé* Déments du 31 mai en s' opposant, au nom de la liberté, à la domiDatioD de la Commune de Paris; mais leur cause était solidaire, et la chute de l'une des deux villes ne laissait à l'autre d'autre alternative que la soumission ou la ruine. Depuis le milieu d'août, cette vérité devenait chaque Jour plus éclatante. L'armée de Carteaux avançait à grands pas, refoulant devant elle tous ceux qui D'apparlenaienl pas à la faction monlaguarde. Touloa était le seul refuge qui leur restât ouvert, et ils ae précipitaient daos ses murs, racontant les excès dont ils avaient été les témoins ou les victimes, et jetant par leurs récits l'alarme dans tous les cœurs. A la 6n, c'est Villeneuve tui-méme qui arrive, quand tout est consommé à Marseille, ramenant les plus compromis, leurs amis et leurs parents. Cette fois, il n'y avait plus d'illusion à se faire. La famine, avec ce surcroît de population, était inévitable; les exécutions se succédaient ii Marseille. Du même coup, la résistance apparaît impossible et la répression impitoyable.
L'amiral anglais qui commandait la croisière alliée devant Toulon exploita ces craintes avec une perfide habileté. Déjà il était entré en rapport avec les délégués de Marseille pour l'approvisionnement de la ville; il les charge d'offrir les mêmes facilités aux Toulonais, s'ils consentent à se mettre sous sa protection. « Français, disait-il, vous êtes depuis quatre ans travaillés par une révolution qui a successivement amené sur vous tous les malheurs... Je viens vous oITrir les forces qui me sont confiées pour rétablir l'harmonie et la tranquillité...
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iîi HISTOIRE DE LA TERREUR.
Compta sur la fidélité d'une natioa fraDche... Pro- QOQcez-vous, et je ferai succéder des anoées de bonheur à quatre années de servitude et de calamité. »
Le Comité général des sections prêta l'oreille à ces dangereux conseils el ratifia le traité c[ui lui était proposé*. Il était plus difficile de le faire accepter par la flotte. Trogofl' se trouvait malade et le coutre-amiral SaiDl-Julien, qui le remplaçait, prenait des dispositions pour s'opposer à l'entrée des Anglais. On promit aux équipages leur congé avec le payement de leur solde en numéraire, et TrogotT ayant pu reprendre son commandemeot, toute résistance cessa. Le S9 août, l'escadre alliée vint mouiller dans la rade et mit garnison dans les forts.
La pensée de justifier un appel à l'étranger ne sau-
1 . Lea propositions de l'amiral Hood compreDaîent six articles que nous reproduigoDs textuellemeol :
« Les vaisseaux qui soDt à présent dans le port de Toulon doirïDt élre remis dans le port ialérieur, pour Taire assez de place pour le mouillage de la Botle anglaise, et tous les forts mis dans les mains de l'amiral et à sa dispoutioo.
a Le commandaDt s'engage et garantit aux ports de Toulon et de Marseille des grains et antres provisions, en quantité suffisanla pour les habilanls, jusqu'à la paix, qui sera très procbaine.
u Le commandant garantit la propri été de tous las gens, qui seront protégés et sacrés dans leurs maios-
« Le commandant s'engage de rendre tous les forte, vaisseaux, équipages, la ville et tout ce qui aura été en sa possession, dès que la paix sera faite.
<i II s'engage de mainteaJr les officiers civils et militaires dans leur place, mais ils devront être sous ses ordres. Il s'engage encore i faire payer tout ce qui est dA aux équipages eu QumSraire.
« l.e port de Toulon continuera d'arborer le pavillon tricolore, s'il veut, lui laissant la libre faculté i ce sujet. »
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