‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 70 sur 165 · LIVRE XLV. M · texte numérisé non relu

LIVRE XLV. M

naise, et formé, avec les districts de Afontbrison, Roanne et Saint-Etienne, un nouveau département dont Feurs devenait le chef-lieu.

Pour exécuter ce dernier décret, il fallait soulever les campagnes, et refouler les gamisons que les Lyonnais avaient laissées à iMontbrison et à Saînt-É tienne. Ja- Togues, Laporte etRevercbon se chargèrent de ce soin. Délégués en Saône-et-Loire dès le mois de juillet, ils avaient rejoint leurs collègues, au début du siège, avec un premier ban de réquisitionnaires. Ils retournèrent dans le Forez et y levèrent de nouvelles recrues. Si le contingent du Puy-de-Ddme eût montré la même diligence, le cercle d'investissement se serait trouvé fermé en août. Mais le général Nicolas, envoyé à sa rencontre, se laissa surprendre de nuit à Saint-Anthême, et les communications de Lyon avec le Forez restèrent libres jusqu'à la mi-septembre.

De leurcôté, Dubois-Crancé et Gauthier ne perdaient pas de temps. Ils vidaient les places de Besançon, d'Embrun, de Gap, de Grenoble et étendaient leurs réquisitions jusqu'à soixante lieues. Cinq mille chevaux servirent ii transporter un immense matériel de siège, qui fut successivement porté à cent trente pièces de gros calibre, quatorze mille bombes, trente-quatre mille boulets, saos compter la poudre et les cartouches.

Le 21 août, tout était prêt pour le bombardement, et le 22, à onze heures du soir, les bombes et les boulets rouges commencèrent à pleuvoir sur la ville. Dans cette première nuit, beaucoup de maisons furântendomniagées et huit brillèrent. I.es Lyonnais avaient riposte

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i30 HISTOIRE DE LA TERREUR.

eD JDceodiaat le Taubourg de la Guillotière. Interrompu UQ instaot le malin, le feu recommença avec une nouvelle violence le 23 et le 2&.

La lutte pourtant n'avait pas encore perdu tout caractère d'humanité. Les assiégeants manquaient d'ambulaoces et avaient demandé aux Lyonnais de recevoir leurs blessés. Ceux-ci y consentirent et les déposèrent à l'Hôtel-Dieu pour les soigner avec leurs propres victimes. Il semblait que cet acte de générosité dût mettre le saiDt asile de la soufTrance à l'abri des coups de l'armée républicaine. Un drapeau noir arboré, suivant l'usage, sur le ddme de l'hôpital, indiquait sa destination. Aussi quelle ne Tut pas la stupeur des Lyonnais quand ils virent cet appel à la neutralité considéré comme un signe de rébellion et l'ambulance servir de cible aux canonniers de la Conveotion! Le feu prit quarante-deux fois aux bâtiments dans la même nuit et, sans le dévouement de la population, t'édilice entier eût ét^ réduit en cendres. A la fin, il Tallut évacuer, au péril de leur vie, les malades et ceux qui les soignaient.

Dans la nuit du 2&, l'arsenal saute. La Convention avait conservé des partisans dans la ville, et le feu avait été allumé par une femme aOiliée aux jacobias. Elle fut bientôt découverte et fusillée; mais la perteélait irréparable.

La responsabilité de ces scènes d'horreur retombe de tout son poids sur Dubois-Crancé, qui dirigeait effectivement le siège en l'absence de Kellermann, momentanément rappelé à l'armée des Alpes par un mouvement offensif des Piémontais. Quand il revint, le 25,

après avoir ceroé l'armée sarde sur la Maurienae et la Tareotaise, les Lyonnais, exaspérés par l'atrocité de la répression, étaient délermioés plus que jamais à la résistance. Le bombardement reprit donc avec uoe nouvelle violence; mais, tandis qu'à Lyon les munitions et les ressources s'épuisaient avec rapidité, les troupes de la Convention recevaient chaque jour de nouveaux renforts.

Le plus utile fut la garnison de ValeDciennes, bbligée par traitéàne plus servircontrel'armée austro-prussienne. Elle arriva devant Lyon dans les premiers jours de septembre et y rendit les mêmes services que la garnison de Mayence dans la Vendée. A c«tte date, la disette commençait déjà à se faire sentir parmi les assiégés. Ils recevaient encore quelques vivres du Forez, mais le détachement laissé à Montbrlson ayant été obligé de se replier, le blocus se trouva complu le 17. Le fléau delà famine se joint dès lors aux ravages de ta canonnade et, pour en accélérer les elTets, les représentants qui. depuis six semaines, accordaient quelques aliments aux ouvriers émigrés de Lyon avec leur famille, restreignent subitement leurs secours el essayent même d'intercepter toute sortie.

Ce n'était pas encore assez au gré du Comité de salut public. Il trouvait Kellermano trop mou et Dubois- Cranoé trop lent. Accusé de trahison par Amar en [ileine Convention ', dénoncé aux jacobios comme conspirateur par Robespierre*, Kellermann est sacrifié le pre-

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