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GoupçoD. Vaioemeot avait-il, dès la fin de juin, obligé à son tour les Espagnols à repasser la Bidassoa ; malgré ses efforts contre reonemi, il était chaque jour l'objet de dédODciatioQs passionnées. On n'osait pas encore le sacrifier, mais sa révocation était résolue. Au commencement de juillet, les représentants Ysabeau et Ferraud l'envoyèrent à Toulouse, sous prétexte d'activer l'expédilion du matériel nécessaire à l'armée et, quand il fut ainsi séparé de ses troupes, le Comité de salut public le manda k Paris. A peine arrivé, Servan fut arrêté et passa en prison tout le temps de la Terreur.
Le général d'Ëlbhecq, désigné pour le remplacer, hésita longtemps avant d'accepter. C'était un vieillard usé par les fatigues de la guerre, démissionnaire pour raison de santé en 1792, bon olïïcier du reste et que la pénurie de cbefs militaires avait fait rappeler à l'activité à l'iotérieur, au commencement de 1793. Dès son arrivée dans les Pyrénées, d'Ëlbhecq tomba malade et ne se releva plus. Les représentants en profitèrent pour prendre en mains la direction effective de l'armée,' et sa mort devint le signal d'une véritable révolution.
Pendant que les généraux campés autour de Bayonne remportaient sur les Espagnols plusieurs succès dont le plus important leur livrait, Ie23 juillet, près de Saint-Jeande-Luz, le colonel du régiment de Léon, 13 officiers et 1 93 prisonniers, Garrau et ses collègues soulevaient le pays et préparaient la guerre révolutionnaire. C'est ce qu'il écrivait, le 2 septembre, à la Convention, eo disant à l'occasion du décès de d'Ëlbhecq : x Tout nous présage de grands événements. I^ sainte insurrection est orga-
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nisée; le peuple est debout et la sans-culotterie va se porter eo foule sur le trône des despotes et les satellites qui l'entourent. »
Ce n'était pas seulement contre les tyrans que tonnaient les foudres des délégués de la Convention. A la mort de d'Elbhecq, le général Déprez-Crassier avait pris le commandement, en qualité de plus ancien divisionnaire. On était alors occupé à faire l'amalgame des bataillons de volontaires avec les troupes de ligne, et cette opération rencontrait des difliciillés à Bayonne, en raison de l'insuffisance des cadres de l'armée régulière ^ de rattachement des officiers pour leur ancien uniforme.
Le commandant de la place, du nom de Laroche, jacobin exalté, loin de calmer les esprits, poussait au contraire les représentants dans la voie des rigueurs. La ville se trouvant en élat de siège, on commença par suspendre les autorités civiles. Le tour des généraux ne se fit pas attendre, et le II octobre Déprez- - Crassier et son camarade Willot, coupables u de tenir une conduite plus que suspecte et d'avoir perdu la confiance du soldat H, étaient incarcérés à la citadelle. Le même arrêté appelait le général Muller au commandement provisoire et portait nomination de plusieurs généraux de division et de brigade.
Laroche triomphait. II avait été choisi par Muller comme chef d'état-major et écrivait, le 3, au Comité de salut public : « La municipalité de Bayonne a été renouvelée par les représentants Monestier et Pinet aîné, ainsi que tous les comités qni en dépendaient. Il n'y a plus qu'une municipalilé patriote, un comité de
salut public républicaÎD et uo officier général vrat sauscutoite, Trai moDtagnard, qui maintieudra la paix et la tranquillité. »
Jusque-là, les représentants n'avaient pas dépassé les limites de leurs attributions ; mais, de son côté, le ministre de la guerre avait pourvu aux vacances, et bientôt les nominations arrivèrent h. l'armée. Il est plus facile d'exciter les masses populaires que de les retenir ; on s'en aperçut à l'opposition que la société montagnarde de BayoDoe apporta à la reconnaissance des nouveaux généraux. Muller était fort perplexe. Il devait obéissance au ministre de la guerre, et pourtant il était dangereux de résister aux représentants qui venaient, par leurarrêtédu â& octobre, de maintenir les nominations faites par eux et de suspendre celles du Conseil exécutif.
Il fiDitparopler pour ces derniers; mais il n'était pas au bout de ses tribulations et le conflit allait renaître sur la question du commandement en chef. Les représentants, désireux de rester les maîtres jusqu'au bout, avaient appelé à leur ,aide leurs collègues des départements voisins. Le 30 octobre, Cavaignac, Dartigoyte, Garrau, Monestier et Pinet aîné, réunis en congrès, décidèrent que « Dumas, nommé général en chef par la Convention, n'ayant pas les connaissances locales nécessaires, pourrait, s'il le désirait, servir comme divisionnaire, mais que Muller conserverait provîsoiremeut le commandemeut s.
Cette situation anormale se prolongea pendant plusieurs mois, et nous ue croyons pas qu'il soit possible de rêver ua spectacle plus extraordinaire que celui qu'of-
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fraient à ce moment les deux armées des Pyrénées. Du soldat Jusqu'au général, la confusion était partout et l'anarchie était provoquée par ceux-là mêmes qui avaient la mission de faire respecter la loi. Quelle source d'hésitations pour les généraux ! et chez les représentants, quel abus de pouvoir! Pour vaincre dans de pareilles coaditioDS, il a fallu vraiment que l'éiraager fût bien aveugle et que Dieu protégeât la France'-
C'est surtout à partir du mois de juillet que le Comité de salut public applique aux généraux la pditique de suspicion et de rigueur qui doit être la loi de
1 . Nous n'avons pas consacré un chapilre spécial à l'armée des Alpes, parce que sa partidpation aa siège de Lyon avait siDgalièremeot rétréci aa sphère d'aclion à l'extérieur. Elle courut un moment un <;nind danger. Dans le milieu du mois d'août, les Piémontais s'étaient décidijs a marcher au secours des Lyonnais et leur plan de campagne était si naturel et si simple, que son snccèa ne semblait pas douUni- Ce fut précisément le contraire qui arriva- La division du Hont-Cenia n'avait qu'à suivre, à travers les vallées de la Maurienne, le cours d« la rivière de l'Arc, jusqu'à son confluent avec l'Isère, et i attendre, siff ce point, l'armée du duc de Houtferrat, refoulant devant elle lœ troupes républicaines, chassées du camp de Saint- Maurice, au pied du mont Saint- Bernard. Mais leduc s'arrêta à moitié chemin, dans la vallée de La Roctie-Cevias, et dépensa an temps précieux en escannaocbca inutiles. Pendant qu'il s'attardait ainsi, Kellermann et son lieuteoant GouvioB Saint-Cyr gagnaient, de proche en proche, toutes les crfles dominantes; quand les Piémontais s'aperçurent du danger de Iwr position, il n'y avait plus qu'à battre eo retraita. Cet écbec, dam !■ Tareataise, entraînait comme conséquence l'évacuation de U UH' rienne. 'KetlermanD n'eu fut pas moins arrêté, comme suspect, et iW* en prison jusqu'à ta chute de Robeapierra.
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SOD règne. Les plus ea vue sont les preuiiers frappés, et en moins d'ua mois, du li juillet au 9 août, les commaadaDts eu chef des trois priocipales armées delà République, Custine, Biron, Bruoet, sont destiluéfi'«t successivement déférés au Tribunal révolutionoaire. Au premier, on ne reprochait rien que ses échecs militaires,mais il fallait donner aux passions démagogiques UM i explication sanglante des revers de la frontière. Le second avait fait incarcérer Rossignol, l'un des coryphées de la populace parisienne ; c'était évidemment un crime irrémissible. La faute du dernier était plus grave encore; il avait osé résister à des ordres illégaux, donnés par des représentants en mission. Ces prétendues trahisons réclamaient un châtiment exemplaire et la justice' révolutionnaire ne trouva pas la peine de mort .trop riide. Si, après de pareilles iniquités, les généraux n'ont pas été lentésde trahir réellement, c'est que la conscàence de la France s'était réfugiée dans le cœur de l'armée. Custine n'avait quitté qu'à regret l'armée du Rhiji'i. . Il pressentait qu'après son départ ses actes seraioit travestis, et que son échec de Landau serait ex[doité
I. La letite qu'il écrivit à cette occasion aa Président de la Convenlion était ainsi conçue ■
■ Au quartier général, à Weissenibourg, le 15 mai 1793, l'an 2** de la République.
■ Le ghtérai Cutline aux citoyetu repréimUmU du peuple.
■ En républicain, je ne sais que servir mon pays, partout où la conGsnce, qui seule doit dicter les choix, m'appelle et mejngeutile. Hais je dois voua observer qu'autant ma présence pouvait l'être dans les départements du Rhin et de la Moselle, que je connais et
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par ses calomniateurs. Il ne se trompait pas. Gâteau et GameriD, commissaires du pouvoir exécutif, l'accusèrent d'avoir déshonoré l'armée, en continuant à commander après avoir reçu l'avis de son changement.
De plus grandes difficultés l'attendaient à l'armée du Nord. Depuis que la défection de Dumouriez avait relâché dans ses rangs tous les liens de la discipline, la délation était à l'ordre du jour. Les soldats dénonçaieiit leurs officiers; les officiers, leurs généraux. Custine ne fut pas épargné dans les rapports secrets de ceux qai s'étaient arrogé la mission d'épurer à leur guise tous les états-majors. Celliez surtout, l'un des commissaires de Bouchotte, ne lui pardonnait pas de l'avoir fait arrêter, au moment où il distribuait aux soldats les exemplaires du Père Duchêne que le ministère de la guerre envoyait officiellement aux armées.
Custine, se sentant enserré dans un r^au de sourdes inimitiés, demanda au Comité de salut public Tautorisation de venir à Paris exposer ses plans de campagne. Il se berçait encore d'illusions et croyait pouvoir confondresesdétracteurs. En réalité, il était perdu le jour où
où j'ai toujours servi, depuis le commencement de cette guerre, auisnt mes services seront peut-être de peu d'effet dans des Ab^K' tementâ que je ne connais pas. Je pense donc que tout autre que moi serait plus utile à la place où l'on m'appelle, J'en déduis les raisons, auxquelles je crois devoir le secret, à voire Comité de saiut puUiC- Cependant je pars, ponr vous prouver mon abéisaance, et je passe par Parij, pour y prendre les notions qui me manquent sur les nonvellts fonctions qui me sont destinées.
<t Le commandant en chef des armées du Rhin et de la Hoselle,
a CUSTIKE. I
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