‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 91 sur 165 · LIVRE XL VI · texte numérisé non relu

LIVRE XL VI

qu'oo mit fin à ce scandale. Bazire voulait qu'on arrêtât Custine, par mesure de sûreté générale ; Danton ajoutait : « Condé a capitulé faute de vivres, Vateocienneg est cerné; il iaut que Custine soit jugé! » On l'arrêta le 22 juillet. Il n'était encore que suspect et put choisir le Luxembourg comme lieu de détention. Mais en temps de révolution les événements se succèdent avec rapidité et, le 26, Custine, transféré à l'Abbaye comme un criminel ordioaire, écrivait à,la Convention : a Je suis arrêté depuis cinq jours et n'ai pas encore été interrogé ! Je demande à être jugé. » Malgré tout, on hésitait à ft^pper. Thuriot proposa même, « puisqu'il s'agissait d'un objet militaire et qu'il était inutile de surcharger le Comité de salut public, de renvoyer la leUre au Co- . mité militaire » ; mais Robespierre s'y opposa, en rappelant que Custine était accusé de conspiration avec l'étranger.

La capitulation de Mayeoce 6t taire tous les scrupules. Nous avons déjii raconté l'émotion produite par cette nouvelle. Comme si l'on n'eût attendu que cette occasion d'accabler Custine, Billaud-Varennes mêle habilement son nom à ceux, des généraux Doyré et Aubert-Dubayet et s'écrie, à la séance du 28 juillet : « Citoyens, telle est donc la destinée des républiques qu'elles ne peuvent se fonder qu'au milieu des orages et des trahisons. » Il ajoute que Cnstioe n'a pas seulement préparé la ruine de Mayence, qu'il a encore trouvé sa chute trop lente, puisqu'il a écrit k Doyré, pendant le blocus, pour l'engager à capituler.

L'infortuné général ne pouvait échapper, du moment où l'on mettait en arrestation les défenseurs mêmes de

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la Tille. Il est décrété d'accusation et Billaud-VareoDes, reprenant la parole, lance un dentier commeDtaire. i Je demande, dit-il, qu'on s'occupe, toute affaire cessante, de juger ce grand crimiDet. Il Taut que dimanche ce

, traître ait cessé devivre. » On était au lundi. Le terrible proEcripteur n'accordait qu'un répit de cinq jours; Fouquier-Tinville, plus généreux, en octroya dix-huit. Il est vrai qu'il ne put pas faire autrement, tant on avait accumulé de dénonciations et de pièces, dans le but de donner plus d'éclat à des débats qui embrassaient deux années et plusieurs campagnes.

Le procès de Gustine est trop connu pour que nous ayons à en retracer le tableau. Cependant nous ne pouvons pas nous dispenser de le caractériser et de dire que, parmi les accusations, beaucoup étaient exagérées ou puériles, et qu'aucune ne Tut suffisamment justifiée. Le seul grief d'appareoce sérieuse était l'insuffisance des approvisionnements réunis dans Mayence ; mais cette responsabilité n'incombait pas à Custiue. Lorsqu'il avait quitté cette ville, le 18 février, il avait signalé la situation au ministre Pacbe et renouvelé ses instances auprès de son successeur Beumonville. Des considérations

. politiques retardèrent le ravitaillement. Ou songeait, à ce moment, à désunir le faisceau de la coalition, et le Comité de salut public n'était pas éloigné de remettre Hayeace entre les mains de la Prusse, en échange de sa neutralité. Gustine fut même chargé par Lebrun de sonder le roi et se trouva, par voie de conséquence, déchargé du soin d'approvisionner une place qu'on était sur le point d'abandonner. De sorte qu'au li^ d'accuser

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Gustine d'avoir laissé Mayence sans vivres et sans secours, OD eût dû plutôt lui reprocher d'avoir maintenu dans cette ville une garnison considérable, dont l'éloignement affaiblissait inutilement l'arioée du Rbio.

En tout état de cause, le Tribunal révolutionnaire manquait des lumières suffisantes pour juger une affaire exclusivement militaire. Mais, comme il arrive toujours en pareille occurrence, les moins éclairés se montrèrent les plus ardents. Tandis que Merlin et Rewbell, les meilleurs appréciateurs de la conduite de Custine, cherchaient à l'excuser ou le chargeaient modérément, Vincent et Laveau, qui n'avaient suivi les opérations que dans les bureauxde la guerre, formulaient contre lui les accusations les plus passionnées. On vit ainsi, devant des juges incompétents, des témoins, pour la plupart incompétentseuxmêmes, se transformer en stratégistes, discuter la conduite d'uD général et développer les plans les plus gigantesques.

Jl est vrai qu'à la Convention on était moins exigeant encore et que le capucin Chabot s'écriait en pleine séance : « Quel est l'homme qui peut douter que Gustine soit coupable'? Condé, Valenciennes, Mayence ne déposent-elles pas contre lui? u L'argument était sans réplique et, le 27 août, après douze jours de débats, Gustine, « l'assassin liu peuple français, » au dire de R(d>espieiTe, était condanmé à mort^

4. Ua dee iocideuts las plus curieai da procès de CustiDelnt assurémeul l'arrestation de aoa coafesseur, aussilôtaprès l'eiteution, car la délalioD coDlinuait son œuvre jusqae sur les marchai de l'échafaud. Le criina de l'abbé Lothringer, qui avait assialâ Custine & ses dernière momeals, était d'avoir montré trop de synitatbie envers son

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II mourut avec courage, en recommandaDt à son âls de justifier sa mémoire, dans les beaux jours de la République, et de Taire tous ses effi>rts pour le réhabiliter dans l'esprit de la nation. Ces beaux jours ne devaient pas venir ; et quant à la réhabilitation, sa mémoire d'cd ' eut pas besoin. La mort de Custioe fut une iniquité et l'opinion de l'histoire n'a chanj^ ni sur sa peisonne, ni sur ses bourreaux. La République avait eu tort, au début, de voir un capitaine dans Cusiine; plus tard, elle ne fut pas plus équitable, en alTectant de le transfonuer en traître.

BiroD avait commandé d'abord l'armée du Rhin et plus lard celle des Alpes-Maritimes. Le Comité de salut public, désireux de l'éloigner de Marseille, où était déteou le duc d'Orléans, avec lequel on le savait lié d'étrcûte amitié, l'appela, dans les premiers jours de mai, à la léle de l'armée des côtes de La Rochelle. Biron ne prévoyait que trop les difficultés qui l'attendaient dans la Vendée, et invoqua vainement l'élat de sa santé pour s'y soustraire. Il fallut obéir et se rendre à Niort, où les troupes républicaines s'étaient réfugiées, après la déroule de Fontenay.

péoiteDt. 11 eut k subir en cODBéqueace un long interrogatoire àôai noas donnons, b la Sn de ce volume, les fragmeuta les plus imporUnts. Si de pareils faiU n'^toDt pas cou^gnés dans des procâs-verban autheotiques, on se refuserait b y croire.

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