‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 92 sur 165 · LIVRE XLVl · texte numérisé non relu

LIVRE XLVl

Quaod Biron arriva dans cette ville, le 28 mai, le désordre était à son comble. Les soldats désertaient par compagnie et par bataillon; ceux que la réquisition amenait à leur place logeaient, au hasard,- chez les habitaots et viraient à leur guise, sans que personne soupçonnât leur présence. Le seul moyen de contrôle était de battre la générale, et celte ressource même était si précaire que, le jour de l'entrée de Biron, le tambour put à peine réunir le dixième de la ganiison. A l'indisdplioe des soldats s'ajoutaient l'inexpérience complète des officiers, les dilapidations éhontées des commissaires du pouvoir exécutif, les ordres ffontradjcioires des représentants en mission.

Cette dernière cause eût sufii à engendrer la confusion et contribuait à l'entretenir. A ce moment, l'armée des côtes de La Rochelle ne comptait pas moins de quatre commissions, émanées directement de la Convention et agissant simultanément, arec des pouvoirs sans contrepoids et sans limites. Une siégeait à La Rochelle, une autre à Niort, la troisième à Poitiers, la quatrième à Tours.

La commission de La Rochelle et celle de Poitiers n'avaient qu'une délégation spéciale, la défense du littoral et du département de la Vienne ; tandis que celles de Niort et de Tours étaient chargées, d'une façon générale, de surveiller Biron et d'oi^niser les troupes dirigées sur la Vendée; mais l'entente existait rarement entre elles. La commission de Tours surtout, plus rapprochée du centre révolutionnaire, avait des prétentions plus hautes et aspirait à prendre la direction générale des opérations.

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X8i HISTOIRE DE LA TERREUR.

Autour d'elle se groupaient des délégués de toute sorte, adjoints du miaistre de la guerre, envoyés de la Commuoe de Paris et des sociétés populaires. Au milieu de ces contradiclioDS perpétuelles, personoe .ne savait à qui obéir, et les généraux n'étaient {As moins embarrassés, pour commander à des soldats qui trouvaient constamment une oreille disposée à recueillir leurs dénonciations et leurs plaintes.

Afin de mettre uD peu d'ordre dans ce chaos, Biron, d'accord avec la missiou de Niort, commença par renvoyer les bouches inutiles et alla chercher à Saumur, auprès des représenânts de Tours, le matériel qui lui manquait. Sou premier soin, en arrivant, est de demander les états de situation de l'armée ; et, à Saumur de même qu'à Niort, on ne peut pas les lui fournir.

Les membres de la commission de Tours i'accueillireot avec défiauce et provoquèrent la réunion d'ua conseil de guerre. Le plan de Birou était déjà arrêté dans son esprit. 11 voulait couper les communications des Vendéens avec la mer et les enserrer méthodiquement, dans UQ cercle de fer et de feu, pour les obliger à mettre bas les armes sans avoir à tirer, s'il était possible, un coup de fusil. Son avis prévalut ; mais l'entente n'était qu'apparente et chacun, en se séparant, conservait ses préventions et ses préférences. Les représentants ne pouvaient croire qu'un homme de la vieille cour, qu'un ancien ami de la reine et du duc d'Orléans, dût combattre avec bonne foi les Vendéens, qui réclamaient un roi. De son câté, Biron se demandait comment il assurerait le secret des opérations, avec des conseils oii sié-

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