LIVRE XLVl. S
geaieot seize membres, étrangers pour la plupart au service militaire.
Au lieu des secours qu'on lui avait promis, le général en chef reçut la nouvelle de ta déroute de Doué et de la perte de Saumur. Rieu ne faisait pressentir ces désastres, les échanges de commuDications devenaat chaque jour de plus en plus rares enfre Tours et Niort. Biron s'en i^aignit amèrement au Comité de salut public, fl Les causes de nos revers, disait-il, seront éternellement les mêmes, tant qu'on n'y apportera pas de remède : défaut d'organisation, d'instruction, de subordination. Obéir paratt si loin de l'égalité, que personne ne s'en
impose le devoir Le métier dégénérai est devenu
impossible à faire, ie n'ai jamais manqué et je ne manquerai jamais au respect que je dois aux représentants du peuple; mais mon devoir me commande impérieusement de déclarer que ces commissions se sont multipliées à tel point, qu'elles sont véritablement devenues nuisibles au service de la République. »
Cette lettre était motivée par les empiétements continuels de la commission de Tours. Dans un nouveau conseil de guerre, tenu en dehors du général en chef, le plan de campagne adopté à Saumur, huit jours auparavant, avait été entièrement modifié.
Jamais décision plus irrégulière n'avait été prise par assemblée plus singulièrement composée. Elle comprenait sept r^résentants, qui avaient été primitivement envoyés dans différentes directions, pour activer la levée des volontaires, et que le mouvement rétrograde des troupes républicaines avait obligés de se concentrer sur
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les iJetTières de l'armée. Celaient Choudieu, Bodia, Richard, Ruelle, Bourbotte, Delaunay et Tallien : six jurisconsulles et un journaliste. A câté d'eux, siégeaient les deux commissaires du pouvoir exécutif. L'un, Lachevardière, ancien vice-président du Directoire de Paris, homme relativement modéré, tenait ses pouvoirs du con> seil des ministres; l'autre était Parein, avocat sans causes, pour le moment chef de bureau au ministère de la guerre et délégué du minisire, dont toute la carrière militaire devait consister dans la présidence des commissions de justice de Saumur et de Lyon. Les généraux se trouvaient en minorité, quatre contre neuf.
Des sept représentants, quatre appartenaient aux départements que menaçait directement la prise de Saumur. Bodin et Ruelle étaient d'Indre-et-Loire, Choudieu et Delaunay de Maine-et-Loire. Naturellement ils ne devaient guère hésiter à sacrifier Niort, La Rochelle et le littoral, alors qu'ils espéraient sauvegarder leurs concitoyens, leurs amis,' leurs propres biens peut-^tre. Ils avaient en outre des rancunes personnelles à satisfaire. Choudieu, originaire d Angers, se plaignait de sescompatrio|es, et aucun d'eux n'avait oublié la froideur de l'accueil qu'ils avaient reçu à Nantes. C'étaient autant de raisons pour abandonner à elles-mêmœ des villes oii «l'esprit public était tellement gâté, qu'on y parlait hautement de composition avec les brigands ».
Quant aux généraux, leur rapprochement n'était pas moins bizarre. Menou, suspect de royalisme pour avoir essayé de défendre les Tuileries au 10 août, coudoyait dans le conseil Santerre, qui avait, dans la même journée.
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