‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 99 sur 165 · COUITÉ DB SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

COUITÉ DB SALUT PUBLIC

Séance du 28 ooùf 1793.

Présents : B»rère, CarnoE, II<^rault, Jean BoD-Saint-.^odré, Prieur [de la Càte-d'Or], Prieur (de la Marne). Robespierre et ThnrioL

Le Comil^ de salut public, après avoir entendu le rapport do ministre de la police sur l'état actuel des départements de la cî-deriDi Bretagne, convaincu delà nécessité deprendre des mesures prompln, pour prévenir les troubles dont nette partie de la République est menacée, et arrêter les députés rebelles et conspirateurs qui s'y soat réfugiés;

Approuve le parti qu'a pris le ministre de la jnetice d'emplayer. sur les fonds qui sont à sa disposition une somme de cent miUt livres, et de remettre cette somme au général Beysser chargé qtécialement de cette mission par le Comité de salut public; .

Arrête que les citoyens Hérault et Héron se rendront auprès de Beysser, pour concourir à ses opérations, et enverront tous Icajoan lo journal de leurs acies au ministre de la justice, qui eo rendn compte au Comité.

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livres destinée à être remise au général Beysser, chargé d'arrêter les députés rebelles et les conspirateurs réfugiés dans les départements de ta ci-devant Bretagne ». En même temps, le Comité, fidèle à son système de surveillance et de délation mutuelles, plaçait auprès du général deux commissaires, les citoyens Hérault et Héron, avec mandat de concourir aux opérations et d'envoyer tous les jours un compte rendu au ministre de la justice.

Le 31 août', un nouveau surveillant, Guermeur*, fut aoyoint aux deux premiers. Tous les trois étaient

4. Le Comité de salut pnblic attachait une grande importance à la réussite de la misaloa de Beysser. Celte nouvelle délibération, à trois jours d'intervalle, en donne la preuve.

■ Sur la déclaration du ministre de la justice que, sur les cinq cent mille livres mises h sa disposition pour dépenses secrètes, il a donné cent mille livres au général Beysser, pour être déposées dans la caisse du payeur du département d'Ile-et-Tileine, a6n de Tournir aux dépenses que les pouvoirs qui lui ont élé donnés par le Comité de saluL public peuvent eiiger; et sur la proposition dudlt minisire d'adjoindre ti ce général des citoyens palrioles, pour l'accompagner et le seconder dans les mesures d'exécution, pour parvenir h arrtler les députés conspirateurs qui se sont réfugiés dans les départements d'Ille-et-Vilaine, Côtes-du-Nord, Finistère, Morbihan et autres d^ partements circonvoisins ;

« Le Comité de salui public de la Convention nationale autorise le ministre de la justice a envoyer les citoyens Hérault, Héron et Guermeur près du général Beysser, pour le seconder dans la mission qui lui a été conBée, concerter et exécuter avec lui toutes les menres nécessaires pour la (aire réussir.

Arrête que le ministre de la justice rendra compte au Comité des opérations journalières deadils commissaires. >

Cet arrêté porte la signature de Barére, Hérault, Jean Bon-Saint- Àndré, Prieur [de la C6le-d'0r}, Prieur (de la Marne) et Tburiot.

S. Voir tome IV, pages 436 et suivantes, le rôle déjà joué par Guermeur en Brelague.

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les plus fins limiers et les ageols habituels du Comité de Bttnté générale.

Il est difficile de raconter exactement ce que fit Beysser; mais il est permis de tout supposer de la part d'un homme qui avait le cynisme de dire aux représentants de la Convention « qu'ils étaient les commissaires des scélérats et que, s'il avait dix mille hommes à ses ordres, il les culbuterait; qu'en attendant, puisque cela n'était pas, il voulait bien de DOuveau prendre de l'emploi'.* Ce qui est certain, c'est qu'il avait accepté une mission, au-dessus de ses forces comme au-^lessous de ses fonctions, et qu'il ne put remplir les promesses qu'il avait faites au Comité. Le châtiment ne se fit paa attendre.

Le 19 septembre, un mois à peine après avoir été investi de ces pleins pouvoirs, Beysser était destitué et décrété d'accusation, sur le rapport des agents chargés de l'assister*. Pour prix de leur dénonciation, Guermeur et Hérault restèrent seuls à la gloire et au profit. En leur continuant la honteuse mission qui convenait mieux à leur caractère, le Comité de salut public les autorisa

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