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quable du travail de Saint-Just est celle qui contient la critique, d'ailleurs assez facile, de l'orgaaisatioa du pouvoir eKécutif (elle que l'avait proposée Condorcet.
Nous ne croyons pas devoir nous arrêter a\i\. diiicours de Robert et d'Edme-Petit, qui renfermaient des vues assez sages, mais qui ne nous apprendraient rien de bien nouveau. Arrivons tout de suiteà la profession de foi panthéiste d'Aoacharsis Cloolz. Voici comment s'expritnait ce baron prussien, qui prétendait avoir mandat de parier au nom de l'humanité :
« Le genre humain, dit-Il, est Dieu. Les aristocrates sont des athées. La souveraineté réside essentiellement dans le genre humain entier. Elle est une, indivisible, imprescriptible, immuable, inaliénable, impérissable, illimitée, sans bornes, absolue et toute-puissante. Posons donc la première pierre de notre pyramide constitution nelle sur la roche inébranlable de la souveraineté du genre humain; notre mission n'est pas circonscrite dans les départements de la France, nos pouvoirs sont contre-signes par la nature entière. »
Clootz résumait tout son système en trois articles ainsi conçus :
n La Convention nationale, voulant mettre un ternie aux erreurs, aux. inconséquences, aux prétentions contradictoires d^ conspirateurs et des individus qui se disent souverains, déclare solennellement, sous les auspices des droits de l'homme :
« Art. 1". Il n'y a pas d'autre souverain que le genre humain.
Cl Art. 2. Tout individu, toute commune qui recoa-
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naîtra ce principe lumineux et immuable sera reçu d& droit dans notre association fraternelie, dans la République des hommes, des germains, des universels.
(i Art. 3. A défaut de contiguité ou de communication maritime, on attendra la propagation de la vérité pour admettre les enclaves lointaines. »
Daunou et, quelques jours après, Vergnlaud présentèrent des vues générales sur la Constitution, mais ces théories, savamment déduites, éloquemment exposées, □e firent pas faire un pas à la discussion.
Isnard, le 10 mai, proposa le projet bizarre d'un pacte social qui devait être souscrit individuellement par chaque citoyen français. Ce pacte, après avoir été ratifié par tous les associés, devenait obligatoire pour tous pendant trente ans, sans que, durant cet intervalle, personne pût réclamer contre son contenu et se délier de ses engagements. Du reste, ce monument de fraternité prodiguait la peine de mort dans chacun de ses articles et mettait hors la loi non-seulement quiconque tenterait de rétablir en France la royauté, mais encore tous ceux qui, si la royauté était un instant rétablie par la majorité de la nation, consentiraient à être minisires, chefs de corps d'armée, juges, administrateurs, officiers municipaux, fonctionnaires publics ou satellites sous les ordres du tyran.
Personne n'eut la fantaisie de soutenir les élucubratioDS insensées du député du Var. A celui-ci succéda Robespierre, qui vint encore une fois ressasser les thèses de Rousseau contre l'organisation de la société, mais qui, cependant, dans quelques parties de son discours, exposa
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des vues plus pratiques et des principes plus véritablement libéraux que ceux que l'oa était accoutumé à enteodre sortir de sa bouclie. Nous qui si souvent avons eu l'occasion d'attaquer ses maximes et ses théories, nous sommes heureux d'avoir à enregistrer les conseils suivants qu'il donne à ses concitoyens :
<i Fuyez la manie ancienne des gouvernements de vouloir trop gouverner; laissez aux individus, laissez aux familles le droit de faire ce qui ne nuit point à autrui ; laissez aux communes le pouvoir de régler elles-mêmes leurs propres affaires en tout ce qui ne tient pas essentiellement à l'administration générale de la République; en un mot, rendez à la liberté individuelle tout ce qui n'appartient pas naturellement à l'autorilé publique, et vous aurez laissé d'autant moins de prise à l'ambition et à l'arbitraire. »
Ces conseils étaient excellents, mais Robespierre n'y subordonna pas longtemps sa conduite; ne fut-il pas l'un des plus ardents promoteurs des décrets du 10 octobre et du 10 décembre, qui, en organisant le gouvernement révolutionnaire , rejetèrent la France dans les voies antiques de la centralisation? Interrompues un moment par la Constitution de l'an III , ces traditions despotiques devaient être reprises par te Consulat et l'Empire, et rester au fond de nos institutions comme un invincible obstacle au développement de nos libertés.
Aussitôt après le discours de Robespierre, qui avait trdité de tout, excepté de ce qui était spécialement en discussion, la Convention adopta le premier article de la Constitution proposée par )e comité. Cet article et
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le préambule qui l'accompagaait étaient ainsi conçus :
(( Le peuple frauc^iS) fondant son gouTeroement sur les droits de l'iiomme en société qu'il a reconnus et déclarés, adopte la constitution suivante :
(( Article 1". La République française est une et indivisible, j»
On remit ensuite au lundi 15 mai la suite de la discussion.
Ce jour-là , Condorcet vint faire, probablement en son nom propre et non comme l'organe du comité de Constitution, une motion incidente qui avait une portée considérable : elle imposait à l'Assemblée un délai fixe pour terminer la Constitution. Voici comment Condorcet motivait sa proposition : « Au moment, disait-il, où les citoyens renouvellent leurs efforts et leurs sacrifices pour la défense de la liberté, il est du devoir de la Convention de leur en montrer le but et le prix. L'incertitude de l'époque où la Conslilution sera présentée à l'acceptation du peuple français alimente les espérances des tyrans étrangers, fournit aux conspirateurs de l'intérieur un prétexte de calomnier la représentation nationale et de faire envisager comme durables les maux qui sont la conséquence inévitable du passage orageux et rapide de l'oppression à l'égalité. » En conséquence, il proposait de déclarer que si, avant le 1" novembre, les assemblées primaires n'avaient pas été convoquées pour accepter ou refuser la Constitution , elles le seraient de plein droit ce jour-là pour élire une Convention nouvelle qui devrait ouvrir ses séances le 15 décembre.
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Celle proptfâition assez étrange est accueillie avec Taveur sur un grand nombre de baocs de l'Assemblée. Des cris ; « Aux voix ! aux voix! « se font entendre. Mais, après quelques instants de tumulte, Thuriot obtient la parole pour la combattre. « La Convention, dit-il, s'est tracé une marche, et celui-là est coupable qui s'en écarte et jette ainsi une pomme de discorde dans son sein. Le premier mandat de l'Assemblée est de s'occuper de la Constitution. Ce serait une lâcheté que de déserter son poste avant de l'avoir achevée. Croyez-vous donc que des hommes nouveaux, appelés à vous remplacer, puissent accomplir une œuvre devant laquelle vous auriez reculé? Je ne connais pas de plus sûr moyen de faire la contre-révolution que d'adopter une pareille mesure. J'adjure la Convention de rester fidèle a ses principes et à ses serments et de ne pas permettre à ses membres de faire des propositions qui soient de nature à porter l'alarme dans la République, Si on insiste, je demande que, par appel nominal, chaque membre soit tenu de déclarer à la tribune s'il se sent le courage de faire une Constitution, de demeurer à son poste et de sauver la République. »
Il répugnait évidemment à l'Assemblée d'entamer la discussion sur la motion d'ordre de Condorcet. Ce n'était, il faut le dire, qu'une troisième ou quatrième édition des propositions girandines tendant à éloigner d'une manière légale un certain nombre de membres de la Convention et à se débarrasser de la pression toujours croissante que la Commune de Paris prétendait exercer sur elle. La discussion fut renvoyée à deux jours, manière polie
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de l'écarter, car, à la date indiquée, on n'y revint pas.
Sur la proposition de Lanjuinais, organe de la commission des Six, la première question qui fut soumise à l'Assemblée était celle-ci : « Quelle sera la division politique du territoire? »
Pendant huit jours cette question fut prise et reprise cinq ou six fois. On parvint cependant à se mettre d'accord sur les principes suivants :
« La distribution actuelle du territoire français en départements est conservée. Il y aura une administration centrale dans cbaque département. Il y aura des administrations intermédiaires entre les départements et les municipalités. Chaque département sera divisé en districts. Chaque district sera divisé en cantons. »
Celte manière de discuter à bâtons rompus des questions aussi graves, aussi complexes que celles qui étaient soulevées par chaque article de la Constitution, frappait tout le monde. Aussi on peut dire que Gufîroy exprimait l'opinion presque unanime de l'Assetnblée lorsqu'à la reprise de la discussion, le 22 mai, il s'écriait : « La précipitation, la légèreté, l'insouciance même semblent dicter toutes les discussions qu'on appelle constitutionnelles. Jamais la méditation, la maturité des discussions ne précèdent les décisions. Nous travaillons comme les constituants, sans ordre, sans plan, sans méthode, n
Mais, au moment même où Guffroy se plaint de la langueur dans laquelle se traîne depuis quelques jours la discussioni le débat se passionne, no Girondin, Rabaut-Pommier, entraîné par la logique de ses déductions.