LA COMMISSION DES DOUZE
Le triomphe de Marat avait opéré une réaction salutaire sur l'esprit public. Peudant quelque temps les honnêtes gens se rendent plus assidûment dans le& sections, et, reprenant courage, opposent une résistance inusitée aux motions ultra-réTOlutionoaires. Le procureur général Lhuillier est mal accueilli dans l'assemblée de BoDconseil, où il a coutume de dominer. L'Ami du peuple, qui le croirait! s'étant présenté à sa section, est obligé de battre en retraite devant les clameurs que suscite son apparition. Des rassemblements nombreux parcourent presque tous les soirs les principales rues de Paris en criant: « A bas les anarchistes ! vive la nation! vive la loi ! »
Ce réveil de l'opinion publique est salué avec joie par le Patriote français, le principal organe de la Gironde. Girey-Dupré, l'ami et le continuateur de Brissot, y jette en ces termes le défi à ses adversaires :
II Les patriotes doivent-ils craindre un nouveau
2t6 HISTOIRE DE LA TERIIEUR.
mouvement? Non, ils doivent le désirer plus que ceux qui le préparent. Depuis trop longtemps le républicanisme et l'anarchie sont en présence et n'ont fait pour ainsi dire qu'escarmoucher; cet état pénible ne peut plus se prolonger; on nous présente un combat à mort ; eb bien, acceptons-le. Républicains, sentez votre force. Quels sont vos ennemis? Une bande de forcenés déclamateurs, Achilles à la tribune, Thersites au combat ; une poignée de conspirateurs de caves qui tremblent à la vue de leurs propres poignards, un ramas de brigands sans courage, intrépides massacreurs dans les prisons, mais dont les yeux n'osent rencontrer ceuxd'un homme de cœur, enlin un vil troupeau de misérables que la soif du pillage réunit, que la pluie dissipe. — Quels sont vos. amis? La grande majorité de la Convention, la grande, l'immense majorité des habitants de Paris, fatigués de l'odieuse et ridicule tyrannie de nos Masaniels en miniature. Républicains, soyez prêts'!... »
La section Bonconseil , Hère d'avoir secoué la tyrannie de Lhuillier, répond à l'appel de Girey-Dupré et, le k mai, adopte une adresse à la Convention qui se termine par un serment ainsi conçu :
« Nous jurons de maintenir la liberté, l'égalité, la République une et indivisible, de ne jamais soulTrir qu'il existe un tyran, sous quelque dénomination que ce puisse être, d'obéir à la loi sauf les réclamations qu'elle permet, de nous rallier autour de la Convention nationale, de porter à tous les députés indistinctement le respect