‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 106 sur 205 · LIVRE XXXVIH. Îl · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVIH. Îl

dû ât leur caractère, de maintenir la liberté des opinions des représentants du peuple et de ne jamais permettre que qui que ce soit y porte atteinte, de maintenir la sûreté des personnes et des propriétés, de nous rendre tous les jours aux assemblées légales de la section pour y participer aux délibérations, et de ne plus souffrir qu'une poignée d'intrigants, sous le masque du patriotisme, écrase davantage les bons citoyens sous le poids du- despotisme populaire, i»

Le lendemain dimanche, 5 mai, la députation nommée par la section Booconseil se présente à la barre de la Convention et lit l'adresse au milieu des applaudissements de la grande majorité de l'Assemblée, Le président, Boyer-Fonfrède, félicite chaleureusement les pétitionnaires des sentiments de patriotisme qu'ils viennent d'exprimer, mais sa réponse est accueillie par les réclanaations de la Montagne : « Ce sont des intrigants, ce sont des fauteurs de guerre civile! •> s'écrie-t-on de l'extrême gauche.

Vergniaud s'élance à la tribune : « Je conviens, dit-il, que lorsque des hommes parlent de respecter la Convention nationale, ils doivent être appelés intrigants par ceux qui cherchent sans cesse à l'avilir. Je conviens que lorsque des hommes parlent de maintenir la liberté des personnes, ils doivent être appelés intrigants par ceux qui sans cesse provoquent au meurtre. Je conviens que lorsque des hommes parlent de maintenir les propriétés, ils doivent être appelés intrigants par ceux qui provoquent sans cesse au pillage. Je conviens que lorsque des hommes viennent ici prêter serment d'obéir aux

lois, ils doivent être appelés intrigaots par ceux qui ne veulent que l'anarchie. »

Marat dcmaDde à répondre; mais l'Assemblée lui reruse la parole et ordonne l'insertion au bulletin de la pétition et de la réponse du présidenl.

Les démagogues ne pouvaient consentir à resl^ sous le poids d'un pareil échec. Aussi dès le soir même essayent-ils de prendre leur revanche. Appel est fait aux frères et amis des sections environnantes, qui accourent de toutes parts à la section Bonconseil '.

Grâce à ce renfort, les amis de LhuiUier peuvent

4. Trois passages du procè»-Terbal de la section Bonconseil nous font connaître l'espèce d'assurance mutuelle qui existait entre les démagogues de cette section et ceux des sections environnantes :

s En vertu d'un procès-verbal de réunion des deux sections des - Lombards et Bonconseil, en date du 1S avril dernier, par lequel lesdites deux sections s'étant promis et juré union, fraternité et assistance, dans tous les cas ou l'aristocratie voudrait anéantir la liberté, il s'est présenté une quantité de citoyens de la section des Lombards, justement alarmés du trouble occasionné par des malveillants, pour nous porter aide et assistance. «

s La section des Amis de la patrie envoie une députation nombreuse à celle Bonconseil pour lui faire part des inquiétudes qu'elle avait â l'occasion du trouble qui existait dans le sein de cette section et promet de protéger ot de secourir les patriotes dans tous les cas de besoin, i

a Un citoyen demande que douze commissaires soient nommés pour être envoyés dans les sections faire part de l'arrêté fraternel qui lie les sections des Lombards, Bonconseil et des Amis de la patrie, pour leur demander à toutes la même fraternité, la même assistance, donner l'accolade de paix au président de chaque section, et jurer assistance et secours pour terrasser les perturbateurs de l'ordre public, enfin pour employer tous leurs moyens pour éviter la guerre civile que des malveillants veulent allumer dans Paris. »

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