‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 108 sur 205 · LIVRE XXXVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVIII

Les levées d'hommes et les levées d'argent étaient toujours à l'ordre du jour; pour y pourvoir, les Montagnards ne reculaient devant aucune mesure, quelque arbitraire qu'elle fût. Écoutons les théories émises à cet égard par Robespierre et ses amis, dans la séance du 8 mai:

Robespierre. — » L'aristocratie a osé lever la têle dans ces derniers temps. Si des citoyens que leur incivisme condamnait au silence se sont répandus dans les sections, que sera-ce lorsqu'il sera parti de Paris une armée de patriotes? Il faut que les ennemis de la liberté, sous quelque nom qu'ils se présentent, robins, nobles, financiers, banquiers, prêtres, ne puissent lui nuire. Je demande que tous les gens suspects soient gardés en otage et rais en état d'arrestation ; que, pendant ces jours de crise, les intrigants qui affluent dans les sections en soient sévèrement chassés par I^ patriotes ; que la classe

serme'nt d'obéir I la loi a valu les honneurs de l'incarcération dans les prisons de la mairie. Le vérilable motif de mon arrestation était la pélilion que je vous ai présentée; le procès-verbal de mon interrogatoire vous en sera une preuve convaincante. J'ignore si le maire de Paris a satisfait au décret qui lui demandait compte des motifs de mon arrestation ; quant à moi, je suis libre et prêt à satisfaire à celui qui me mande 6 la barre. Je dois à mes collègues, dont l'un est encore prisonnier et les autres dans les liens d'un décret qui les oblige à se cacher, de presser ma comparution. Je prie la Convention de fixer le jour.

« Sagnier. *

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estimable et iodustneuse puisse y assister jouroelleiuent, et qu'à cet effet, chaque fois qu'un artisan emploiera un jour de son travail à porter les armes ou à assister à une assemblée publique, il reçoive une indemnité. »

GouTHON. — u II faut mettre en état d'arrestation les gens suspects, mais il faut en tirer parti. Je demande que les gens signalés par leur incivisme soient taxés par leurs sections suivant leurs richesses, et que le produit de cette taxe soit remis aux braves sans-culottes de la section qui partiront pour aller combattre la révolte. Il

Camille Desmodlins. — « On a voulu diviser les citoyens en deux classes, les messieurs et les sans-culottes. Eh. biea, prenez la bourse des uns et armez les autres. Employez contre les rebelles l'argent des riches et le courage des pauvres. i>

Dainton. — H Oui, que le riche paye, puisqu'il n'est pas digne le plus souvent de combattre pour la liberté; qu'il paye largement; que l'homme du peuple marche dans la Vendée. Mais il y a telle section où se trouvent des groupes de capitalistes, il n'est pas juste que les citoyens de cette section profitent seuls, comme l'a proposé Couthon , de ce qui sortira de ces éponges. Il faut envoyer des commissaires dans chaque section pour hâter Je recrutement et répartir les contributions levées sur les riches, n

Mais les extorsions conseillées par les coryphées de la démagogie ne pouvaient pas évidemment suffire aux besoins immenses de la guerre et surtout aux dilapidations et aux gaspillages qui se commettaient avec impu-

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