LIVRE XXXVÏII. Il
tecir tête à leurs adversaires. Mais ce n'est pas assez , ils veulent les forcer à déguerpir. Pour cela, ils ne trouvent rien de mieux que de demander aide et protection aux administrateurs de police, qui arrivent aussitôt avec la force armée et expulsent les prétendus agitateurs. Maîtres enfin de la place, les démagogues rédigent, au nom de la section ainsi régénérée, une nouvelle adresse désavouant l'ancienne et demandant que l'on traduise immédiatement au Tribunal révolutionnaire tous ceux qui troubleraient les séances des sections. Cette menace est bientôt suivie d'effet. Les principaux pétitionnaires qui oui paru à la barre de la Convention sont arrêtés. lis écrivent à l'Assemblée qu'ils sont en prison pour avoir osé lui présenter une pétition qu'elle a eu l'audace d'applaudir.
Vergniaud se rend l'organe de leurs plaintes : <i Les pétitionnaires, dit-il, qui réclament votre justice, ont obtenu de vous l'impression d'une adresse qui les honore. Mais il semble que toutes les fois qu'on vous donne des témoignages de confiance et de respect, on commet un crime de lèse-municipalité.
H Eh quoi ! pour être venu à votre barre prêter un serment auquel vous avez applaudi, on peut être arrêté, assassiné! Je demande que le maire de Paris rende compte, séance tenante et par écrit, des motifs de l'arrestation des pétitionnaires. »
Robespierre cherche à justifier les procédés de la municipalité parisienne; il prétend que ces agitations factices dont les sections sont le théâtre doivent être attribuées à des menées contre-révolutionnaires. « En
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cherchant à apitoyer l'Assemblée sur le compte des individus arrêtés, on favorise les troubles de la Vendée, on avilit les autorités constituées, on se rend plus coupable que les pétitionnaires eux-mêmes. »
Malgré les clameurs de l'extrême gauche, la proposition de Vergniaud est adoptée; mais Pache se soucie fort peu de donner k l'Assemblée des explications qui pourraient devenir embarrassantes. Il fait relâcher sous main les individus arrêtés et se dispense ainsi de paraître à la barre*.
1. Nous avons retrouvé deux pièces qui se ratiachcnt h cette affaire.
« Le 6 mai 1793, Tan 1' de la République. B Citoyen maire, 0 Nous n'avons aucune connaissance d'aucune arrestation de pétitionnaires de la section Bonconseil, comme le dit lormelle-ment le décret de la Convention nationale. Il nous est seulemenl parvenu hier une plainle signée du procureur-géiiéral-syndic du département contre le nommé Sagnier, clerc du citoyen Fortin, ci-devant procureur, et ce matin, à trois heures après minuil, un procès-verbal de la section Bonconseil contre Rémond Pages, qui constate qu'il est prévenu d'avoir troublé la tranquillité publique et élevé une rixe dans l'assemblée de ladite section.
Nous avons décerné contre ledit Sagnier un mandat d'amener et avons ordonné que ledit Rémond Pages serait déposé en la chambre d'arrêt jusqu'à instruction et interrogatoire, que les circonstances ne nous ont pas permis de faire encore, étant obligés de suivre la rotation de la liberté et de l'égalité.
0 Les administrateurs du département de police,
« Marino, Soulès. j> Au président de la Convention.
A nu 10 mai 1793, l'aa i' de la République une et indivisible. « Je suis le vice-président de la section Bonconseil, à qui le
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