‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 110 sur 205 · Voirt. VI, p · texte numérisé non relu

Voirt. VI, p

s. On trouvera à la fin du volume une note relative ï la transla-

porta pas boaheur à l'Assemblée souveraine de France. Les émeutiers à la solde de ta démagogie avaient appris le chemin des Tuileries au 20 juin et au 10 août. Il n'y avait pas un mois que le palais de Catherine de Médicis avait reçu sa nouvelle destination lorsqu'il se vit de nouveau envahi par ces terribles visiteurs.

Mais n'anticipons pas sur les événements et revenons à l'Assemblée, au moment où les députés extraordinaires de Bordeaux se présentent à la barre. Ils déclarent qu'organes de cent vingt mille citoyens et de tous les corps administratifs de cette ville, ils viennent exprimer aux représentants de la nation l'horreur que leur inspire les projets hautement avoués de quelques hommes. L'adresse, dont ils sont porteurs est aussi courte qu'énergique. En vcici le texte :

« Législateurs,

fi Quel horrible cri vient de retentir jusqu'aux extrémités de la République ! Trois cents représentants du peuple voués aux proscriptions , vingt-deux à la hache liberticide des cenlumvirs!

fi Législateurs, lorsque nous nous choisîmes des députés, nous les mîmes sous la sauvegarde des lois, de la vertu et de ce qu'il y a de plus sacré sur la terre. Nous crûmes les envoyer parmi des hommes, ils sont environnés de tigres altérés de sang.

0 Ces courageux citoyens sont en ce moment sous le poignard des assassins ; que disons-nous, hélas ! peui-

tJon de l'Assemblée aux Tuileries et à l'appropriation du palais à sa nouvelle deaiînalion.

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élre ils ne sont plus. Si ce crime atroce se consomme, frémissez, législateurs, frémissez de l'excès de notre indignation, de notre désespoir... Si la soif du sang nous a ravi nos représentants, i'horreur du crime dirigera notre vengeance, et les cannibales qui auront violé toutes les lois de la justice et de l'humanité ne périront que de nos coups.

« Convention nationale, Parisieos, jadis si fiers et si grands, sauvez les députés du peuple, sauvez-nous de notre propre désespoir, sauvez-nous, sauvez-nous de la guerre civile... Oui, nous organisons sur-le-cbamp la moitié de notre garde nationale ; nous nous élançons sur Paris si «n décret vengeur ne nous arrête, et nous jurons de sauver nos représentants ou de périr sur leur tombeau '■. Il

Le président Boyer-Fonfrède répond aux délégués de ses compatriotes : « Si la liste de proscription proclamée à la barre de la Convention a dû alarmer les courageux habitants des rives de la Gironde , le mépris prorond dans lequel les bons citoyens ont plongé les proscripteurs au sein même de la ville qui les renferme, a déjà vengé la République de cet attentat. Allez rassurer vos compatriotes, dites-leur que Paris compte un grand nombre de citoyens courageux qui veillent sur les scélérats que Pitt soudoie, et qui sont prêts à périr pour défendre la représentation nationale. La Convention ap-

1. Plusieurs des signataires de cette courageuse adresse, notamment Duvigneau, l'orateur de la députation, et Saige, maire de Bordeaux , payèrent de leur tète l'honneur d'avoir protesté d'avance contre la tyrannie jacobine.

plaudit à votre dévouement et vous iavile aux hoDoeurs de la séance. >>

L'adresse bordelaise et le discours du président avaient excité les murmures de la Montagne, les applaudissements de la Droite et des Centres. Plusieurs députés réclament la parole. Rabaut Saiat-Étienne l'obtient i il Je demande, dit-il, que, pour la dignité de l'Assemblée, elle témoigne sa satisfaction aux députés et aux citoyens de Bordeaux ; que leur adresse soit envoyée aux. déparlements, imprimée et affichée à Paris, comme une preuve de la confiance que vous avez dans ses habitants. Je demande en outre que les comités de sûreté générale et de législation réunis soient chargés de nous faire un rapport sur les complots tramés contre vous et sur les les moyens que vous devez employer pour en prévenir le retour, car votre vie, votre liberté, votre indépendance ne sont pas à vous, mais au peuple français qui vous a confié sa puissance. »

Legendre réplique : « De jour en jour, nous acquérons la preuve qu'il existe un système bien combiné pour brouiller les départements et Paris. Cette adresse n'énaane pas des sections de Bordeaux ; elle n'a été signée que par quelques commis. Si tout l'argent employé pour obtenir une pareille pétition l'eût été pour faire venir les subsistances, le pain ne coûterait que six liards la livre. Ceux qui seplaignentqu'on veut les assassiner, n'ont pas reçu une égralignure. n

Les tribunes applaudissent avec enthousiasme les absurdités débitées par le boucher parisien. Guadet parvient à grand'peine à obtenir un peu de silence. « Ci-

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