LIVRE XXXVIII. SÏ
toyeos, dit-il, je ae suis pas monté à la tribuoe pour défendre les Bordelais contre les calomnies que Legendre a cru devoir articuler. Les Bordelais n'ont pas besoin d'être, défendus. » — Violente interruption de la gauche. — Guadet reprend :
(I Non, ils n'ont pas besoin d'être défendus par des paroles; c'est par des faits qu'ils répondent à leurs calomoiateurs. C'est en eavoyaot quatre mille hommes dans la Vendée, c'est en doublant leurs bataillons aux frontières, c'est en faisant des sacrifices de toute espèce pour la Révolution que les Bordelais prouvent qu'ils saveot défendre et qu'ils défendront toujours la liberté.
u Ou prétend que les six commissaires que cette ville vous a envoyés ne sont que six intrigants qui n'ont point recueilli le vœu de la cité. Ainsi, pour prouver à Legendre que les habitants de Bordeaux professent ces sentiments, il faudrait qu'ils vinssent en masse à Paris. ' Ëfa bien, s'il le délire, si telle est l'imminence du danger qui menace la Convention, ils y viendront...
« — Tant mieux! s'écrient plusieurs membres, nous ne demandons que cela, n
Les interruptions ne font qu'irriter la 'colère du bouillantGirondin; elledébordeen phrases entrecoupées.
u Est-il si difficile d'apercevoir les causes qui ont réveillé les inquiétudes des Bordelais? Ils ont parlé de complots passés ; mais est-il bien vrai que ceux qui veulent étouffer ma voix n'en préparent pas de nouveaux? De grands projets couvent sourdement. Vous ne pouvez les arrêter qu'en prenant des mesures vigoureuses pour envoyer à l'échafaud cette poignée d'assassins. Lisez
donc les placards iaceudiaires où l'on excite au massacre d'une partie de la Conveoiion. Entendez les propos atroces qui retentissent à la tribune des Jacobins. On nous accuse de vous calomnier, habitants de Paris. Ah! notre existence fait voire éloge) Vivrions-nous encore, s'il n'y avait dans votre ville une masse d'excellents citoyens dont l'inaction même eflTraye les scélérats? Mais, nous dit-OD, vous qui parlez sans cesse d'assassinat, montrez au moins une seule blessure. C'est ainsi que Catilioa répondait à Cicéron ; il lui disait en plein Sénat : (I Vous dites que de grands dangers menacent votre vie « et celle des sénateurs, et vous respirez tous. » Cependant Cicéron et tes sénateurs devaient tomber sous le fer des assassins la nuit même où ce traître leur tenait ce langage. Je conclus à ce que la Convention décrète l'impression de l'adresse et son envoi aux départements, afin qu'elle serve de contre-poison aux libelles dont on les inonde. Je demande, en outre, que. la Convention applaudisse aux sentiments affectueux que lui témoignent les habitants de Bordeaux. »
fi — Tous les Français », s'écrie Robespierre jeune.
a — Oui, tous les Français, reprend Guadet, et c'est pour cela que j'adhère aux propositions de Rabaut. » Elles sont adoptées dans ces termes :
« La Convention nationale décrète l'impression, « renvoi aux départements et l'afTichage dans la ville de « Paris de l'adresse des citoyens de Bordeaux réunis dans « leurs sections et de la réponse de son président. Elle « applaudit au civisme et au courage des habitants du u département de la Gironde, ainsi qu'au respect et à la
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