LIVRE XXXVlir
H C'est, di^iI, la TOlonté générale du peuple qui seule fait la loi. La minorité doit se soumettre, ou elle est en état de rébellion. Si le vœu de la majorité peut deveuir illusoire par la résistance de la minorité, il n'y a plus ni gouvernement ni liberté. Voulez-vous donc employer dix années à faire la Constitution ? Vous en courez le risque, si vous permettez, sur toutes les questions indifféremment, à un petit nOmbre de membres qui voudraient paralyser vos travaux, de réclamer sans cesse l'appel nominal. Nous saurons résister à cette nouvelle espèce de tyrannie, nous .saurons résister aux violences et aux calomnies. Je déclare, et il est bon que tous les Parisiens m'entendent, je déclare que si à force de persécutions, de menaces et d'outrages, on nous forçait à nous retirer, le département qui m'a envoyé n'aurait plus rien de commun avec une ville qui aurait violé la représentation nationale et rompu l'unité de la République. »
« — Nous faisons la même déclaration, s'écrient un grand nombre de membres. »
Les propositions de Couthon sont écartées par l'ordre du jour. On renvoie au Comité de législation le soin de préciser les cas où l'appel nominal pourra être réclamé et le nombre de membres nécessaires pour l'obtenir.
La séance du 18 s'ouvre par le récit des scènes de violence dont la veille les couloirs de l'Assemblée ont été le théâtre. Des femmes, évidemment apostées, déchi-
raient les billets donnant entrée aux tribunes afTectées aux citoyens des départements. Elles insultaient les sentinelles qui voulaient s'opposer à ces actes de violence. L'un des inspecteurs delà salle, Perrin, annonce que l'on a eu grand peine à avoir raison de ces forcenées. L'Assemblée ne prend cependant aucune résolution à cet égard, car toute son attention est absorbée par l'arrivée d'une députation de la section de la Fraternité, si connue par son courage et son modérantisme. La députation présente à l'Assemblée les volontaires qu'elle envoie contre les rebelles de la Vendée. Son orateur s'exprime ainsi ' : H Ni le sort ni la taxe n'ont été employés; à la voix de la patrie, ses enfants se sont levés en foule pour la défendre; son autel s'est couvert véritablement d'offrandes dignes d'elle. Le denier de la veuve s'y est confondu avec les dons de la richesse et de l'aisance. Législateurs du peuple, nous avons jusqu'ici respecté
1. Cet orateur n'était autre que Boyer-Collard. Voici, en effet, ce i]ue nous avons Irouvé sur les registres de la section de la Fraternité aux dates des 46 et f8 mai :
« Le 16 mai, Royer monte à la tribune et lit l'adresse qu'il s'est chargé hier de rédiger, conjointement avec les citoyens Moreati et Grellier (relativement au refus de la section d'adhérer à l'arrâlé de la Commune, du 13 courant, proposant d'établir une taxe sur les gens ricbes). La rédaction de cette adresse est adoptée à l'unanimité; on ordonne l'impression à trois cents exemplaires, l'envoi aux quarantesept sections, et la présentation à la Convention par les rédacteurs et vingt-quatre commissaires.
« Le 18 mai le citoyen Royer fait, au nom de ses collègues, le rapport de la mission dont ils étaient chargés auprès de l'Assemblée nationale. Il dit que l'adresse a été couverte des plus vifs applaudisseroenls; que la Convention a arrêté à l'unanimité la meution honorable au procès- verbal, l'insertion au bulletin, l'impression et l'envoi
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