‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 123 sur 205 · LIVRE XXXVni · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVni

dition des rapports faits au Comité révoIutioDnaire serait adressée le jour même à la commissloo des Douze.

La lecture de ces pièces étant acheyée, l'orateur prononce le discours suivant* :

u Législateurs,

« Au nom de la France , dont vous êtes la représentation auguste, au nom du peuple de Paris outragé, oe souffrez pas que l'impunité enhardisse plus longtemps les conspirateurs; osez compter sur les bons citoyens qui ont résolu d'affranchir leur patrie du joug infâme qu'on lui prépare; osez vous confier à leur énergie, et déployez enfin c«lle de la nation contre les brigands qui vous menacent. Plus de mesures timides, elles accroîtraient l'audace des factieux, elles vous aviliraient et vous perdraient vous-mêmes. Songez qu'il ne peut y avoir de transaction entre le bon et le mauvais génie de la République. Il faut que l'un triomphe et que l'autre soit abattu.

« Législateurs, nous ne ferons point de nouveaux serments, mais nous tiendrons ceux que nous avons faits. Nous répondrons de vous à la nation; c'est à vous à lui répondre de son salut et de sa gloire. Nous sauverons la Révolution en la terminant et en la purgeant des scélérats qui la déshonorent; c'est à vous à la consolider par les lois et par les bienfaits d'une constitution républicaine et libre, n

1 . La version donnée par le Moniteur du discours de aoyer-Collard diEfère quelque peu de celle qui se trouve au procès-verbal officiel de l'Assemblée. Nous avons donné la prérérence à celte dernière, qui est plus complète et plus authentique.

L'Assemblée accueille ce discours par de vifs applaudissements. On demande de toutes parts que Pache soil immédiatement appelé à la barre. Genissieux obtient la parole pour motiver cette proposition. « Le' maire de Paris, dit-il, est chargé de veiller à la sùrelé des personnes et des propriétés; non-seulement il a su ce qui se passait, mais il a présidé une assemblée où s'est agitée la motion de porter atteinte à la représentation nationale. Est-il venu vous en avertir? Non. Souvenez-vous que dans une pétition, présentée par le maire lui-même au nom de la majorité des sections, on vous a demandé la proscription de vingt-deux membres ; ce sont. les mêmes qu'il s'agit aujourd'hui d'égorger. Oii se tiennent ces nouvelles assemblées liberlicides? Est-ce dans les repaires oîi se cachent ordinairement les scélérats? Non, c'est à la mairie *. Le maire est donc bien coupable.. Il faut qu'il comparaisse immédiatement à la barre et, s'il De se justifie pas, qu'il soit mis en arrestation, a

Il — Le seul complot qui existe, répond Marat, est celui qui se trame chez Valazé; le Comité de sûreté générale est saisi d'une lettre de ce député à son collègue Lacaze, par laquelle il l'invite à se rendre à l'Assemblée avec le plus de collègues qu'il pourra. Personne n'ignore que c'est chez Valazé que se tient le directoire des hommes d'État de la faction liberticide. »

A celte accusation directe, Valazé réplique : « La

1. Le maire de Paris demeurait, non àl'HAtel de Ville, mais dans l'ancieD palais des premiers présidenls du Parlement de Paris [ai^ourd'hui la Préfecture de police). C'est là aussi qu'était concentrée l'administration de la police.

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