‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 136 sur 205 · LIVRE XXXVlll. S · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVlll. S

poÎDts de la République. Une partie de ces troubles est due aux libelles scandaleux d'écrirains merceuaires qui siègent au milieu de nous. D'aceord avec Roland, ils Dous ont représentés comme des anthropophages ; ils ont décrié nos commissaires auprès des populations ; ils ont trompé le peuple en prétendant qu'il existait un complot pour les assassiner, et pas un d'entre eux n'a reçu une égratignure. Comment avez-vous pu nommer une commission extraordinaire pour connaître ce qui se passe dans les sections? Je vais vous signaler une nouvelle illégalité qu'elle vient de commettre : cette nuit, le président et le secrétaire de la section de l'Unité ont été incarcérés par ordre de la commission des Douze ; vous invoquez la loi, et vous ia violez toutes les fois que vous le croyez utile à vos projets. Si les patriotes se portent à une insurrection, ce sera votre ouvrage ; je demande que la commission des Douze soit supprimée, comme ennemie de la liberté, et comme tendant à provoquer l'insurrection du peuple, qui n'est que trop prochaine, par la négligence avec laquelle vous avez laissé porter les denrées à un prix excessif.

<( — Voudriez-vous donc prétendre, s'écrie Viger, que c'esfla commission des Douze qui est en cause? •>

Marat reprend : « Ce n'est pas seulement à la commission des Douze que je fais la guerre, mais aux hommes d'État; si la nation était témoin de vos prévarications, si elle connaissait votre conduite liberticide, elle vous ferait conduire à l'échafaud. »

De violents murmures éclatent à droite.

« Je vous rappelle à la pudeur, s'écrie VAini du

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peuple; si la pudeur peut encore exister dans vos âmw, si votre conscience n'est pas fermée à ta bonne foi, joignez-vous à moi pour demander la suppression immédiate de cette infâme commission, u

On pourrait croire que les rôles ont été distribués d'avance dans la comédie qui va se jouer. A peiné Marat est-it descendu de la tribune, que paràtt à la barre une députatioQ de la section de la Cité. Son conteur s'exprime ainsi :

<i Un attentat contre la liberté vient d'être commis. Ce sont les mandataires d'un peuple républicain qui s'en sont rendus coupables. Notre section vient réclamer deux de ses concitoyens. Votre commission des Douze a fait enlever nuitamment notre président et notre secrétaire. C'est une violence qui surpasse toutes les lettres de cachet de l'ancien régime. Le temps de la plainte est passé; nous venons vous avertir de sauver la République, ou la nécessité de nous sauver nousmêmes nous forcera à le faire; il en est temps encore. Fiutissez une commission infidèle, envoyez-la au tribunal révolutionnaire; songez qu'il s'agit de venger la liberté presque au tombeau. Le peuple vous accorde la priorité. La section de l'Unité demande à défiler dans votre sein. »

Isnard répond à cet insolent défi :

« Citoyens, la Convention nationale pardonne à l'égarement de votre jeunesse... »

De violents murmures s'élèvent à l'extrême gauche, mais le président ne s'en laisse pas troubler.

« Les représentants du peuple veulent bien vous

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