LIVRE XXXVill
Un grand nombre de sections et la Commune ellemême avaient obéi à l'injoDction de la. commission extraordinaire ordonnant l'apport des registres; mais quelques-unes y avaient opposé un refus absolu.
Le faubourg Montmartre avait déclaré que, les reti:istres des délibérations des sections n'étant autre chose n que le recueil sacré des vœux et de fa volonté du souverain dans ses' différentes fonctions, elle ne les porterait ni De les communiquerait à aucune commission quelconque , et que. si la Convention nationale, comme représentant la souveraineté générale de la nation, en exigeait la communication par. un décret , la section entière les lui porterait et ne les abandonnerait jamais. )>
La section de l'Unité, encore plus audacieuse, avait pris un arrêté ainsi conçu :
11 Sur la communication donnée à l'Assemblée d'un décret de la Convention qui défend, sous la responsabilité du président, de tenir ses assemblées passé dix heures, et qui enjoint de porter les registres et les arrêtés à la commission des Douze, l'Assemblée passe à l'ordre du jour motivé sur ce qu'il est permis de résister à l'oppression! »
La section de la Cité avait imité l'exemple du faubourg Montmartre et de l'Unité. C'est sur elle que tombe la colère des Douze. Comme Ton avait contesté la légalité de l'arreBlation d'Hébert, accomplie par leurs ordres seuls, ils invitent le ministre de la justice à lancer un mandat d'amener contre le président et le secrétaire de cette section, qui ont refusé de livrer leurs registres. Gobier ne met que trop de zèle à exécuter les ordres de
Î84 HISTOIBE DE LA TERBEUR.
la commission; il fait arrêter pendant la Quit les deux inculpés, fournissant ainsi, contre les Douze, un nouveau grief que la GommuDe saura habilement exploiter '.
Le 27 mai, l'Assemblée devait s'occuper exclusivement de la Constitution; mais cela ne faisait le compte ni de Marat ni de ses amis. Peu après l'ouverture de la séance, VAmi du peuple demande la parole pour une motion d'ordre.
« Il est incontestable, dit-il, que, depuis l'instant où la tête du lyran a roulé sur l'échafaud, les royalistes, les suppôts de l'ancien régime se sont coalisés pour rétablir la royauté. Des troubles ont éclaté sur tous les
i . L'écrou de Dobsen, présideot de la section de la Cité, se trouve ainsi inscrit sar les registres de l'Abbaye :
t 26 mai. — Dobsen, président delà section de la Cité. Ordre du ministre de la justice, signé Gobler, d'après un mandat de la commission extraordinaire des Douze. — Motifs non énoncés. »
Hème écrou pour Protien fils, secrétaire de la même section.
Aussitôt que la commission des Douze apprit que ses ordres avaient été si étrangement exécutés, elle adressa au président de la Convention la lettre suivante, dont nous n'avons trouvé trace ni au Moniteur, ni au Jourtuil des Débats et Décrets, ni au procès-verbal.
Commission extraordinaire des Dôme.
« Citoyen président, < La commission extraordinaire des Douze, ayant appris ce matin que l'arrestation des citoyens président et secrétaire de la section de la Cité avait été faite de nuit, quoiqae le mandat d'arrêt eût été envoyé hier matin au ministre de la justice, a écrit sur-le-cbamp à ce ministre pour lui témoigner son mécontentement de cette infraction à la loi. Nous vous prions d'en Ëiire part à la Convention nationale, u Ce 27 mei 1793, 2* année de la République.
I HOLLBVACLT, président. »