LIVRE XXXIX
de l'iDSurrectioD les autorités constituées, et qu'oc 1^ rétablirait un instant après. C'était un excellent prétexte pour leur attribuer des pouvoirs illimités qui leur permettraient de commettre à leur gré toutes les illégalités imagioabres.
A six heures du matin Dobsen se présente à l'Hôtel de Ville. La commission des Douze, en ordonnant son arrestation , en avait fait un personnage considérable. Aussi la présidence du Comité central révolutionnaire lui avait-^lle été décernée d'une "voi^c unanime.
La plupart des membres de ce comité l'accompagnent. Ils sont reçus avec les marques du plus profond respect par le Conseil général. Dobseo s'assied au bureau et s'exprime en ces termes :
« Le peuple de Paris, blessé dans sesdroils, vient de prendre les mesures nécessaires pour conserver sa liberté. Il retire les pouvoirs de toutes les autorités constituées. »
A l'appui de cette déctaration, Dobsen présente les pouvoirs de la majorité des sections. Le vice-président du conseil lui répond par une harangue où il fait parade d'un courage parfaitement inutile, puisque ,1e dénoûment de la comédie lui était connu d'avance. .
" Citoyens,
a Nous n'avoQsde foQCtioDsquedans Paris. Les seuls citoyens de cette ville sont nos commettants; c'est leur confiance qui nous a faits magistrats; si leur confiance vient à cesser, notre magistrature cesse à l'instant même, cflr nous n'avons plue alors ni autorité, ni force, m
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moyens quelconques pour défendre les intérêts de la Commune, pour opérer aucun bien.
'< 11 n'est aujourd'hui personne qui ose révoquer en doute que du peuple vienne la loule-puissance, et que c'est pour lui seul et en eon nom qu'elle doit être exercée; de là aussi cette conséquence universellement avouée que si le peuple a le droit d'instituer, il a aussi celui de destituer. Mais ce droit, qui est incontestable pour toué, ne l'est pas pour quelques-uns seulement; son usage partiel ne peut avoir lieu : il exige uue majorité réelle, évidente, et légalement obtenue.
(i Si vous avez celte majorité, citoyens, si vous en justifiez, nous vous remettrons aussitôt nos pouvoirs qui n'ont plus d'existence. Vouloir les retenir ne serait de notre part ni courage ni vertu, ce serait témérité €l crime.
« Mais, à défaut de cette majorité telle qu'il ne puisse y avoir d'incertitude sous aucun rapport, n'attendez pas de nous une complaisance qui ne serait que pusillanimité. Prêts à céder, comme c'est notre devoir, à la volonté de tous, nous saurons par devoir aussi résister au caprice du petjt nombre. Il serait une tyrannie, et nous avons juré de n'en jamais soulTrir aucune.
(c Citoyens, vous auriez beau prononcer sans droit notre destitution, vous ne nous la feriez point accepter. l.a menace et la violence même seraient vaines; oa pourra nous arracher de nos. sièges, on ne pourra jamais nous en Taire descendre. Je lis dans les yeux et dans les cœurs de tous mes collègues qu'il n'est pas un seul d'entre eux qui ne soit résolu à mourir, s'il le faut,
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