LIVRE XXXIX
elle somme la Convention d'avoir à sacrifier sa commission des Douze à la vengeance de la Commune. C'est Rousselin, le confident le plus intime de Danton , qui est à la tête de la d^putation.
i( — Mandataires du peuple, dit-il, une commission injuste, arbitraire, despotique, a opprimé les patriotes, les a jetés dans les fers, a voulu les faire égorger. Nous venons vous demander de rapporter tous les décrets rendus sur la proposition de cette infâme commission, de traduire ses membres devant le Tribunal révolutionnaire, de décréter une nouvelle fédération républicaine pour le 10 août prochain, afin de resserrer entre Paris et les départements les liens de l'unité et de l'indivisibilité que la commission des Douze a voulu roinpre. »
A cette dépulation en succède une autre ; mais celleci est animée d'un tout autre esprit. Elle est composée des mandataires de la ville de Rouen, qui se déclarent profondément indignés de l'état d'avilissement dans lequel on plonge la représentation nationale , et tout prêts à accourir au premier appel de la Convention pour défendre la liberté et les lois.
Voulant jusqu'au bout se montrer impartiale, l'Assemblée vole l'impression des deux adresses, puis clôt la séance à minuit sans prévoir que le lendemain elle aura à soutenir de plus rudes assauts, à subir de plus violenffis sommations.
HISTOIRE DE LA TBRBEna.
Au moment où la CooTeotioa se séparait, le Comité de salut public mandait le maire et le ministre de l'intérieur, pour qu'ils lui rendissent compte de l'état de la capitale. Garât se contente de donner sur l'assemblée de >'Ëvêché des reoBeignements connus de tous. Pache est plus explicite, quoiqu'il s'applique à rester toujoure dans un certain vague : u Aucune puissance, dit-il, ne peut déranger les mesures prises, mais elles seroot grandes, sages et justes; l'ordre sera maintenu et la représentatioa nationale respectée. »
Le Comité de salut public était bien et dûment averti. Néanmoins, soit connivence, soit indifTérence coupable, il suspend sa séance en donnant l'ordre de convoquer la Convention lé lendemain malin à la première heure.
Apprenant qu'on leur a laissé le champ libre, les conspirateurs de l'Évéché se déclarent en permanence, commandent de fermer les barrières, de faire battre le rappel dans toutes les sections et de sonner le tocsin. Pendant ce temps le Conseil général de ta Commune attendait à l'Hôtel de Ville, avec la docilité d'un complice, les ordres de l'assemblée révolutionaaire de l'Évéché. Il avait été convenu d'avance que l'on jouerait la même comédie qui avait si bien réussi dans la nuit du 9 au 10 août; qu'en conséquence on briserait au nom
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