‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 158 sur 205 · LIVRE XXXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIX

Le présideol annoiice qu'uoe députalion de la Commune sollicite la permission d'être admise à la barre pour rendre compte de la situation de Paris.

La Montagne veut qu'elle soit introduite à l'instant; la droite insiste pour qu'elle soit renvoyée au Comité de salut public.

On crie à Rabaut, qui occupe toujours la tribune, de conclure.

n Ëh bien, dit-il, je conclus à ce qu'il n'y ait plus . de commissioD des Douze, parce que je veux qu'il y ait un centre unique. Je demande que le Comité de salut public soit chargé de toutes les recherches, et qu'il soit investi de toute votre confiance. »

C'était déserter son poste au moment du danger. En pareille occasion, il Tant savoir mourir sur la brèche.

Pendant que la députalion envoyée par les meneurs de l'Hôtel de Ville se présente à la barre, quittons un instant la salle de la Convention et parcourons Paris, que nous avons laissé se réveillant au bruit du tocsin. La force armée des sections se réunissait machinalement aux lieux ordinaires des rassemblements; on s'interrogeait; personne ne pouvait expliquer ce qui se passait oi prévoir ce qui allait se passer. Dans la plupart des sections, beaucoiipdedédance, très-psu d'enthousiasme.

Od blâmait la Gironde à raison des paroles imprudentes qu'avaieot lancées contre la capitale plusieurs de ses membres. Un grand nombre de Parisiens attachés au parti modéré étaient effrayés des paroles d'Isoard, qui avait prédit la ruine totale de Paris; ils se demaudateot ce que deviendraient, dans ce cataclysme, leurs maisons, leurs boutiques et leurs marchandises. On était également mécontent de la Commune, qui entretenait dans Paris une agitation factice, prenait à tâche de faire exclure par ses affidés les citoyens paisibles des réunions de quartiers, et venait de faire un acte d'autorité qui déplaisait fort, en investissant Henriot du commandement général sans consulter les sections ^ On flottait indécis, on attendait une impulsion venant de l'Hôtel de Ville ou des Tuileries. On envoyait simultanément à la Commune et à la Convention des députations, afin d'obtenir des renseignements exacts sur les causes et l'objet d'un pareil mouvement.

Pour utiliser cette force armée considérable que l'on avait réunie à grand renfort de tambours, chaque section multipliait les patrouilles dans sa circonscrip-

^. Parmi les sections qui moDtraient très-pea de propension h accepter aveuglément ce qui s'était passé le matin à l'Hôtel de Ville, nous citerons celles du Harais, de Molière et Laronlaine, de la Butte des Moulins, de l'Observatoire, de la Fraternité, de 1791, des Lombards, des Invalides et du Finistère, autrefois les Gobelins. Cette dernière, qui n'était cependant pas suspecte d'un trop grand lAodérantisme, prit un arrêté pour dénoncer à )a Convention l'eiistence du Comité central révolutionnaire et demander l'arrestation de ses membres. Elle eut le courage de feire notifier cet arrêté au Conseil général de la Commune.

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