LIVRE XXXIX
tion. Sur la place du Carrousel, daos le jardin des Tuileries, sur les boulevards, s'entassaient des curieux inoflensifs. Il taisait un temps admirable. Les femmes, assises devant les portes pour voir passer l'émeute, s'impatientaient de ce qu'elle tardait tant. Rien ne paraissait, rien ne bougeait.
Les meneurs de l'Hôtel de Ville avaient compté recevoir une grande force de la réunion que te Conseil général du département avait convoquée deux jours auparavant, pour, le 31, dans la salle des Jacobins. Conformément au programme arrêté, les commissaires des autorités constituées du département et des quarante-buit sections s'y réunissent et nomment une commission de onze membres autorisés d'avance à prendre toutes les mesures de salut public qu'ils jugeraient nécessaires, et à les mettre directement à exécution. Aussitôt après leur nomination, ces nouveaux commissaires se transportent à l'Hôtel de Ville; ils y sont reçus à bras ouverts '. Tous les éléments de la
1 . Un autre concours avait été oflert au Conseil général de la Commune par une députation de citoyennes de la Société républicaine, qui demandaient à être admises à délibérer avec le Comité révolutionnaire. Le Conseil St répondre à ces dames que le Comité n'était pas un club, mais qu'il était composé des députés,des quarante-huit sections.
Ces citoyennes ne Be rebutèrent pas. Le i juin, elles se présentèrent à la Convention pour l'entretenir d'un objet important, disaientelles. Hais l'Assemblée était alors trop occupée pour faire droit à leur requête. Les lettres, pouvoirs et adresses émanés de ce club féminin, qui avait son siège dans l'une des salles du couvent des Jacobins, sont signés : Pauline Léon, présidente. C'est un nom qui doit être conservé à l'hiatoire.
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conspiration se trouvaient ainsi réunis. On se met ït l'œuvre à l'instant niêine, on s'empresse de réparer le temps perdu. Ce qu'il y avait de plus urgent, c'était de réchauffer le zèle des sections, qui, généralement, se montraient assez tièdes. On envoie dans chacune d'elles des commissaires chargés de répandre des nouvelles alarmantes que l'on prétend avoir reçues de Lyon, de la Vendée et des armées*.
Mais revenons à la Convention et écoutons la dépulation de la Commune que nous avons laissée à la harre.
« Législateurs, dit l'orateur des pétitionnaires, le Conseil général provisoire...
fl — Nous ne le reconnaissons pas, s'écrie la droite avec énergie.
(i — Au nom du- salut public, qu'on les entende! hurle le boucher Legendre.
1. Le Pouvoir exécutif fui obligé, dans la journée du 31 mai, do prendre l'arrôlé suivant pour empèiher la propagation des faussas nouvelles ;
« Le Conseil, informé qu'il se répand des bruits de prétendues défaites essuyées par les années de la République, soit dans la Vendée, soit aux frontières du Nord, arrête qu'il sera publié à l'instaDt un placard en fumie d'avis pour démentir ces faits faui: et annoncer aux citoyens qu'il n'est parvenu aucune nouvelle fâcheuse d'aucune des armées de la République. •