LIVRE XXXIX
Le décret proposé par Vergniaud D'était pas le cri de la peur, comme le dit Louis Blanc*; c'était un moyen peut-être trop habile de jeter la divisioD entre la Commune et les sections. Les jours précédents, un grand nombre d'entre elles avaient, par des déclarations
rapportenl, il est vrai, que des faits consignés au Monilewr al dans les autres joiirnaui. Nous ne les aurioDs pas données si elles ne faisaient connaître en même temps la physionomie de l'Assemblée et les impressions que ressentaient les commissaires de la commune à mesure que les événements se déroulaient devant eux,
0 Citoyens frères,
i Nous vous instruisons que, d'après la mission dont vous nous avez chargés auprès de ta Convention nationale, elle a rendu le décret dont vous trouverez ci-joint une copie exacte.
« Noos vous prévenons aussi que, sur la proposition de Vergniaud, ce qui vous étonnera peut-être, la Convention nationale vient de décréter à l'instant que les sections de Paris, dans les mesures par elles prises pour sauver la chose publique, avaient bien mérité de la patrie. Nous vous enverrons une copie de ce décret aussilol que nous aurons pu nous le procurer. Ainsi donc, d'après l'intention du Conseil général et le décret de la Convention nationale , notre [loste est ici pour recevoir tout ce que vous voudrez faire parvenir a la Convention et vous instruire de tout ce qui s'y passera .
< Nous devons aussi vous rassurer sur la majorité des opinions qui se manifestent dans la Convention; elles sont satisfaisantes pour tous ceux qui désirent le triomphe de la liberté et de l'égalité.
Naudin, Gaabllb, Cavaignac, Hbnrï.
s Au comité des inspecteurs de la salle, ce vendredi, èi trois heures. ■
\ . Tome Vlll, p. 434.
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publiques, manifesté la ferme volonté de se rallier à la Convention et de la défendre contre toutes les menaces et toutes les altariues dont elle pourrait être l'objet. Depuis le matin , malgré tant d'excitations de tout genre, elles étaient restées immobiles chacune dans sa circonscription ; elles n'avaient répondu que par leur impassibilité aux lugubres appels du canon. d'alarme el du tocsin. En faisant l'éloge des sections, le décret passait la Commune sous silence. Cette omission assez significative, le vulgaire ne la comprit pas.
La droile, qui s'était associée à la pensée conciliatrice de Vergniaud, ne pouvait cependant pousser le pardon des injuresjusqu'â abandonner toute poursuite contre les auteurs de l'insurrection. Camboulas se fait lorganedes ressentiments de ce côté de l'Assemblée en demandant que le pouvoir exécutif soit chargé de rechercher ceux qui ont fermé les barrières, sonné le tocsin et tiré le canon d'alarme.
Une pareille motion dans un tel moment excite la fureur des tribunes : « C'est nous! c'est nous! » crient à Camboulas un grand nombre de spectateurs.
Robespierre jeune vient avouer hautement tous ces faits et en revendiquer l'honneur pour ses amis.
V Vous voulez savoir, dit-il, qui a fait sonner le tocsin. Je vais vous le dire : c'est la trahison de nos généraux ; c'est la perfidie qui a livré le camp de Famars; c'est le bombardement de Valenciennes; c'esl le désordre que l'on a mis dans l'armée du Nord ; ce sont les conspirateurs de l'intérieur, dont plusieurs sont dans le sein de la (invention ; c'est la commission des