‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 163 sur 205 · LIVRE XXXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIX

Douze OÙ il n'y a que des con Ire-ré vol ulionnaires. »

Malgré les protestations de ia Monlagne, le décret proposé par Gamboulas est adopté, mais ce fut le dernier triomphe de la Gironde.

La journée s'avançait; il Tallait en finir;

Des députations nouvelles de la Commune et des départements envahissent la barre ei assiègent les abords de l'Assemblée.

L'adresse de la Commune est un véritable ultimatum. Elle demande :

1° La formation, dans toutes les villes de la République, d'une armée révolutionnaire composée de sansculotles, soldée, sur la taxe des riches, à raison de quarante sols par jour, et dont la mission unique sera de protéger les patriotes contre les ennemis de l'intérieur;

2° Le décret d'accusation contre la commission des Douze et contre les vingt-deux députés déjà dénoncés par les sections de Paris et par la grande majorité des

â" La fixation du prix du pain à trois sols la livre dans tous les départements, au moyen de sous additionnels prélevés sur les riches;

k° Le licenciement de tous les ci-devant nobles qui ont des grades supérieurs dans l'année;

5° L'envoi dans tes départements du Midi où se sont produits des mouvements conlre-révolulioonaires, de commissaires chargés de resserrer les liens qui doivent les unir avec tous les autres citoyens de la République;

6° Une proclamation qui venge les patriotes de

Paris de toutes les calomnies que des écrivains stipendiés ne cessent de répandre contre eux pour allumer la guerre civile;

7° L'arrestation dans le jour même des ministres Clavière et Lebrun.

L'adresse du département est surtout une réponse aux: paroles imprudentes échappées quelques jours auparavant à Isnard : <( Législateurs, nous venons démasquer t'impudeur et confondre l'imposture; nous venons vous dénoncer ces hommes qui veulent anéantir Paris. Ils sentent parfaitement qu'en détruisant ce centre de lumière ils anéantiraient la force et l'harmonie de là République, puis détruiraient facilement un département par l'autre, et vendraient ensuite au premier tyran les lambeaux sanglants de leur patrie. Ce projet impie, vous le ferez avorter. Vous ne voudrez pas engloutir à la fois tant de richesses amassées par la plus laborieuse industrie et détruire l'asile des arts et des sciences. Vous respecterez, vous défendrez vous-mêmes ce dépôt sacré des connaissances humaines; vous vous souviendrez que Paris fui le berceau et qu'il est encore l'école de la liberté. Il est temps de terminer cette lutte. La raison du peuple s'irrite de tant de résistance. Que ses ennemis tremblent, sa colère majestueuse est près d'éclater; qu'ils tremblent, l'univers frémira de sa ven-

A ces insolentes menaces, Grégoire, qui occupe un instant le fauteuil à la place de Mallarmé, ne répond que par de misérables banalités.

i< Citoyens, dit-il, ta liberté est dans la crise de

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