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révolte des minorilés contre les majorilés. Même sous le régime de la souveraineté nationale, lorsque les minorilés ne sont pas retenues par le respect des lois, elles en appellent à la force brutale pour s'emparer d'un pouvoir qu'elles n'ont pu conquérir par la raison et la justice.
Robespierre semble vouloir revenir sur tous les griefs qu'il a si souvent ressassés. Mais il est violemment interrompu par Yergniaud.
(i — Concluez donc! lui crie le député de Bordeaux.
(i — Oui, reprend le député de Paris, je vais conclure et contre vous : contre vous qui, après la révolution du 10 août, avez voulu conduire à réchafaud ceux qui l'ont faite; contre vous qui n'avez cessé de provoquer la destruction de Paris; vous qui avez voulu sauver le tyran; vous qui avez conspiré avec Dumouriez; vous dont les vengeances criminelles ont provoqué des cris d'indignaùon dont vous voulez faire un crime à ceux qui sont vos victimes. Eli bien, cette conclusion, c'est le décret d'accusation contre les complices de Dumouriez et contre tous ceux désignés par les pétitionnaires. »
La Convention se refuse à suivre Robespierre dans la voie oii il veut l'entraîner et adopte le décret proposé par Barère*.
i . La troisième missive des délégués de la Commune est aijisi l'orifiie ;
ï Citoyens frères et amis,
« Nous vous instruisons, avec une satisfaction que vous éprouverez sans doute, que la Convention vient, par les décrets ci-ajTès, de se rendre digne d'un peuple républicain.
Aussitôt le décret rendu, un grand nombre de membres, épuisés de fatigue, accablés de douleur, demandent à grands cris qu'on lève la séance. Profitant de cet impatience fébrile qui ne permet aucune discussion, la gauche fait- adopter deux motions qui confirment et assurent sa victoire. On déclare libre l'entrée de toutes les tribunes de la Convention. On confirme l'arrêté par lequel la Commune assure quarante sous par Jour aux ouvriers qui resteraient sous les armes jusqu'au rétablissement de la tranquillité publique. C'était consacrer
n Eile vient de décréter (guit le résumé des articles),
« Nous ne pouvons pas vous dissimuler, citoyens, que l'Assemblée nationale n'a pu parvenir à prendre les mesures ci-dessus, que le bien et le salut public exigeaient d'elle, qu'après que les perturbaleurs de l'Assemblée, connus sous la dénomination du câté droit, ge sont rendus assez de justice pour voir qu'ils n'étaient pas dignes d'y participer, et ont eu évacué l'Assemblée, après de grands gestes et les imprécations dont vous les savez susceptibles.
n ]| ne faut pas vous laisser ignorer le grand miracle qui s'est opéré par l'etTet de celte désertion si salutaire : c'est que d'un mouvement spontané, et vraisemblablement pour purger tout le local du sanctuaire des lois, la sainte montagne s'esl transportée dans I! extrémité du câté droit, aux acclamations et aux applaudissements de toutes les tribunes, pour faire place aux pétitionnaires qui se succédaienl-en abondance.
• Il a été décrété de plus que tous les décrets de ce jour seraient imprimés dans la nuit et envoyés dans tous les départements par des courriers extraordinaires, et que la proclamation en serait laite dans la journée de demain dans la ville de Paris, avec la pompe et la majesté que leur importance exige.
« Voilà, citoyens, le compte que vous nous avez chargés de vous rendre, et dont nous nous acquittons en Trères qui ne désirent rien tant que de se rendre dignes de votre conGance.
1 Hbnkv, Cavaiqnac, Borellb.
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à la fois le triomphe des tricoteuses de la Convention et des émeutiers de la rue.
Au moment de lever la séance , l'Assemblée est avertie qu'une touchante réconciliation vient de s'opérer entre les sections de Paris qui proressaient les principes les plus opposés; on lui demande de venir sanctionner par sa présence cet heureux événement. Les députés se hâtent de mettre un à cette interminable séance et se rendent dans le jardin du Palais-Royal, où fraternisent les sections des faubourgs et celles des quartiers aristocratiques.
Que s'élait-il donc passé entre elles? Des fauteurs d'émeute, revêtus de l'écharpe municipale, avaient parcouru dans l'après-midi les faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau et y avaient répandu le bruit que la section de la butte des Moulins et plusieurs sections environnanles avaient arboré la cocarde blanche. Celte nouvelle émeut naturellement les rudes habitants des faubourgs qui étaient sous les armes depuis plusieurs heures, lis se mettent immédiatement en marche' pour réprimer l'insolence des soi-disant contre-^révolulionnaires. Le Palais-Royal leur est désigné comme le quartier général de la rébellion. Ils s'y rendent avec leurs canons, mèche allumée, et s'apprêtent à en faire le siège. Le bataillon de la butte, des Moulins, apprenant qu'il va être attaqué, s'est retranché dans les cours et dans le jardin avec les détachements que les sections voisines ont envoyés à son secours. Les grilles sont fermées ; les canons braqués aux principales entrées. Les faubouriens se rangent en bataille sur la place du Palais-Royal
et disposent leur artillerie de maaière à riposter vigoureusement à celle des assiégés. Le moment est critique: un seul coup de feu peut amener une coudagrationgéoéraie. Mais ne doit-on pas s'expliquer avant de s'entr'égorger? C'est la réflexion que font plusieurs artilleurs sans-culottes. Ils proposent d'aller en parlemeutaires trouver leurs frères égarés et de vérifier les faits qu'on leur a dénoncés. Cette demande est acceptée, et une députation de trente volontaires se présente à la grande porte du Palais-Boyal. Les assiégés la laissent pénétrer sans difliculté dans la cour et de là dans le jardio. Qu'y voit-elie? La cocarde tricolore à tous les chapeaux; le drapeau tricolore en léte de tous les bataillons.
Les cris de : Vive la République! éclatent de toutes parts. On se jette dans les bras les uns des autres; on échange mille protestations d'amitié éternelle. Les grilles s'ouvrent, le flot des faubouriens se mêle aux gardes nationaux qu'ils s'apprêtaient à combatlre. Une fôte civique s'improvise. Enfin, après bien des libations et au moment de se séparer, les ci-devant assiégés déclarent qu'ils entendent reconduire chez eux les habitants des faubourgs qui sont venus les visiter avec des intenlioDS quelque peu hostiles, mais qui leur ont témoigné depuis tant de cordialité. Les sections entremêlées se mettent en marche en entonnant des cliants patriotiques; les rues qu'elles traversent s'illuminent de proche en proche, la fête recommence au faubourg Saint-Antoine et dure presque jusqu'au matin.
Telle fut la journée du 31 mai 1793. Elle avait commencé au bruit du tocsin et de la générale, elle se ter-