LIVRE XXXIX
btée aille se joindre à la Torce armée qui est Bur la place et se mette sous sa protection, u
Si la motion eût été comprise par la droite et par les centrés, cette démarche, qui fut tentée sans succès deus jours plus tard, pouvait sauver l'Assemblée. D'un seul coup elle avait le double effet de la soustraire à l'effroyable pression des émeutiers, et de consacrer au profit de la Convention le droit de réquisition immédiate de toute la force armée de Paris et des départements.
Malheureusement Vergniaud n'est suivi que de quelques députés. La stupeur cloue la majorité à sa place. « Je demande t'appel nominal, s'écrie Chabot, afin de connaître les absents. » Mais Robespierre est à la tribune'. H Citoyens, dit-il, ne perdons pas ce jour en
1. La eeconde dépêche des délégués de la Commune qui relaie cet incident est ainsi conçue :
« Citoyens frères et amis,
D Le déparlement de Paris, accompagné de plusieurs membres des municipalités de ce département, vient de faire lecture à la barre de la Convention nationale d'une adresse pleine d'énergie el de courage. L'orateur de la députation (Lhuillier, procureur général-syndic du déparlement, dont le patriotisme vous est connu], après avoir développé les principes que nous professons tous, ceux de la liberté et de l'égalilé, a rappelé à la Convention l' attentat commis par Isnard à la loyauté des braves Parisiens dans les moments de sa présidence. Il a rappelé les forfaits dont s'est rendue coupable la commission des Douze, et l'indignation que ces individus s'étaient attirée de la part de tous les braves patriotes de Paris. Il a conclu par demander le décret d'accusation contre ces individus qui avaient sans doute médité la perle de Paris. Lebrun, ministre des affaires étrangères, et Clavière, ministre des contributions publiques, sont compris.
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vaines clameurs et en mesures insignifiantes; » et, jetant un regard dédaigneux sur Vergniaud, qui en ce moment rentre dans la salle avec les quelques amis qui l'ont suivi, H ne nous occupons pas de la fuite ou du retour de ceux qui ont déserté leur poste. Occupons-nous du décret qui vous est proposé. J'adopte la suppression des Douze i mais cette naesure est-elle suffisante pour contenter les .amis inquiets de la patrie? Non : déjà cette commission a été supprimée et le cours de ses trahisons n'a pas été interrompu, car le lendemain on a osé rapporter le décret salutaire qui avait été rendu, et l'oppression a pesé sur la léte des patriotes. Supprimez donc cette commission, mais en même temps prenez des mesures vigoureuses contre les membres qui la composent, n Robespierre s'élève ensuite contre l'idée de mettre la Torce armée à la disposition de l'Assemblée. De son argumentation, pleine de réticences, se dégage cependant un aveu précieux dans la bouche du grand prêtre de la démagogie, c'est que si on reconnaft à la Convention le droit de requérir directement la force armée, on remet, par le fait, la toute-puissance entre les mains de la Gironde. Celle-ci, en effet, ne disposet-elle pas de l'Assemblée?
Nous retrouvons bien Va, formulée en principe, la
comme vous devez le peneer, dans la demande du décret d'accusation.
■ La Convention nationale a sur-le-cbamp ouvert la dâlibéntliOD sur l'objet de cette pétition ; Robespierre l'aîné parle dans ce moment sur le même objet; nous vous ferons part du résultat de cette délibération aassil6t qu'elle sera ti'imioée. »