LIVRE XXXIII
coDStituaDt6 qui ont voté l'ioviolabilité du tyrao, tous les membres de l'Assemblée législative qui ont voté l'impunité de Lafayette.
Sous la pression de ces demandes incessamment renouvelées, la Convention décrète que : 1° les pères et mères, femmes et enfants des officiers de l'armée de Dumouriez, depuis le grade de sous-lieutenant jusqu'à celui de lieutenan (^général, seront gardés à vue comme otages par chaque municipalité du lieu de leur résidence; 2" que divers militaires étrangers, détenus dans ce moment comme prisonnière de guerre, seront transférés à Paris pour y servir d'otages à la nation jusqu'à ce que la liberté soit rendue aux quatre commissaires de la Convention et au ministre Beuraonville *.
Au nom du Comité de défense générale, Fabre d'Églantine et Barère font décider que les pouvoirs des représentants du peuple en mission seront étendus, que les délégués porteront des marques distinctives * et
I. Ces otages, amenés à Paris, furent détenus au Luxembourg et à l'Abbaye. Ils y restèrent plusieurs années dans la plus profonde misère ; car OD ne leur permettait pas de faire venir de l'argent de leur pays, et on ne leur accordait aucun traitement, sous prétexte que la loi n'avait rien statué à leur égard. Ils ne sortirent de prison qu'à la fin de l'an III.
Les principaux otages étaient quatre comtes de Linange et un comte d'Awersperg.
a. La première proposition pour donner un costume spécial aux représenlants du peuple auprès des armées vint de Danton, qui, à son relourde sa mission en Belgique, s'exprimait ainsi dans la séance du <■' avril :
BVo3Comrai8saîre9,quoique investis d'un grand pouvoir, n'ont rien pour assurer le succès de leurs opérations. Les soldais ne nouï pren-
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qu'il sera formé une armée de quarante mille hommes destinée à œuviir toutes les rivières navigables qui aboutissent à Paris'. A l'occasion de cette dernière mesure, Lacroix s'exprime ainsi : h Depuis le commencement de la révolution, il y a beaucoup de trahisons. Ce sont toujours des nobles qui ont trahi. Il nous faut ' une armée invincible. Eh bien! composons-la de sanscuhttes. le demande qu'aucun ci-devant privilégié ne soit admis dans cette armée, ni comme volontaire ni comme officier. »
Cet étrange principe est adopté par acclamation ; aussitôt Danton renchérit sur la proposition de son ami : H Le décret que vous venez de rendre, dit-il, annoncera à la nation et à l'univers entier quel est le grand moyen d'éterniser la République : c'est d'appeler le
nent à noire arrivée que pour de simples secrétaires de commission. Il aurait fiillu que la Convention donniU à ceux qu'elle charge de promulger ses lois à la tête des armées, une sorte de décoration moitié civile et moitié militaire. «
Aux termes du décret présenté par Barère et amendé par David et La Réveil lère-Lépaux, les marques distinctives, qui devaient faire reconnaître un représentant du peuple, étaient une écharpe en ceinture et un chapeau surmonté de plumes aux trois couleurs.
Aux termes du décret présenté par Fabre d'Églantinp, les représentants du peuple pouvaient faire toute réquisition aux corps administratifs, suspendre et destituer tous officiers civils et militaires, et prendre toutes les mesures de sûreté générale et toutes celles nécessaires à la célérité et à l'utilité de leurs opérations. Ils élaient autorisés h délibérer et à agir au nombre de deux.
^. On doit se souvenir que Dumouriez, dans sa conversation avec Proly et ses deux compagnons, s'était vanté d'alTamer Paris en peu de jours, en interceptant avec quelques milliers d'hommes les arrivages destinés à l'approvisionnement de la capitale (voir t. VI, p. 319).
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