‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 16 sur 205 · LIVRE XXXIII. 3Î · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII. 3Î

« Je demande, ajoutait ud autre orateur, que tous tes citoyens qui seront convaincus d'être trattres à la patrie soient Tusillés a l'instant. La tête des nobles nous est à charge ainsi que celle des catotins. n

Cette dernière proposition n'obtient pas l'approbation de Robespierre qui ce soir-là, saisi d'une agitation fébrile, allait sans cesse de l'Assemblée au club et du club à l'Assemblée. » Non, dit-il, il ne faut pas aiguiser vos sabres pour tuer les calotins. Ce sont des ennemis trop méprisables. Les fanatiques ne demanderaient pas mieux, pour avoir un prétexte de crier. Mais il faut cbasser impitoyablement de DOS sections tous ceux qui se sont signalés par un caractère de modérantisme. 11 faut désarmée, nOD pas tous les nobles et les calotins, mais tous les citoyens douteux, tous les intrigants; il faut lever une armée révolulionoaire de tous les saos-culottes, dont les faubourgs feront la force et le noyau. »

Après avoir de nouveau donné ainsi la mesure de son amour pour la liberté des opinions, le grand prêtre de la démagogie termine sa harangue par sa péroraison habituelle :

n Je sais que je suis spécialement désigné aux poignards des séides de Dumouriez, mais je serai heureux de mourir victime de mon dévouenaent pour le peuple. »

Pendant toute cette crise, le club Saint-Honoré, entraîné par la parole du maître, s'occupe beaucoup moins des moyens de Ëiire face aux dangers de la patrie que

l'Aesemblëe, que ce discours, au lieu d'élre accueilli par des applaudissemeots comme au club Saint-Hoaoré, a'excita dans la salle du Hanége qu'uo mouvement d'horreur.

mzedBïGoOgle

de poursuivre de ses déDonciatioDS les députés de la droite. Robespierre est fort applaudi lorsqu'il s'écrie : « N'allez point offrir vos bras et votre vie, mais demandez que le sang des scélérats coule, que tous les boQS citoyens se réunissent dans leur section et viennent à la barre de la Convention nous forcer de mettre en état d'arrestation les députés infidèles *. »

Certaines sections n'étaient que trop bien disposées à répondre à cet appel.

Le k avril, on voit défiler à la barre de l'Assemblée nationale un grand nombre de députations. La section du Théâtre- Français déclare qu'elle va se lever en masse contre l'ennemi et aussi contre les traîtres. Celle des Gravilliers demande : 1° que l'on fasse marcher, avant tous autres, les signataires des pétitions anticiviques des 8,000 et des 20,000, pour qu'ils couvrent de leurs corps les patriotes ; 2" que tous les riches dont le revenu excède 2,000 livres soient obligés de donner comme taxe de guerre tout ce qui dépasse cette somme. Celle des Quatre-Nations veut que l'on sévisse contre les signataires de ces mêmes pétitions; que l'on forme une armée révolutionnaire; qu'on lève une légion de tyranoicides; que l'on décrète une récompense d'un million pour tout citoyen français ou étranger qui apportera la iête d'un tyran; qu'on accorde à chaque défenseur de la patrie un revenu de six cents livres à prendre sur les biens des émigrés et des conspirateurs ; que l'on mette en état d'arrestation tous les membres de l'Assemblée

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