‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 181 sur 205 · LIVRE XL · texte numérisé non relu

LIVRE XL

duraat toute cette journée et s'était laissé traîner à la remorque des meneurs de l'Hôtel de Ville. Au lieu de diriger les événements, il les avait subis. Il se sentait débordé comme l'avait été la Coffimission extraordinaire de l'Assemblée législative, dans la journée du dix août. Les coups lancés de l'Hôtel de Ville avaient passé pardessus sa tête et étaient allés frapper en plein cœur la représentation nationale, comme neuf mois auparavant ils avaient abattu la ro^'auté.

Pour faire acte de virilité, après tant d'hésitations et de défaillances, le Comité de salut public avait mandé le maire et le commandant de la force armée. Afin de dégager sa responsabilité, il s'apprêtait à réclamer de ces deux représentants du pouvoir municipal des explications rétrospectives sur ces événements qu'il avait vus se dérouler devant lui sans qu'il pût les prévoir ou les prévenir. Aux membres du Comité s'étaient réunis les ministres Garât, Bouchotte, Lebrun et le secrétaire du conseil, Grouvelle. On commence à écTianger de mutuelles récriminations; c'est l'usage; lorsqu'on est mécontent de soi, on s'empresse de rejeter sur les autres la responsabilité de sa déconvenue. Cambon se plaint au ministre de la guerre de la conduite de plusieurs employés principaux de ses bureaux, que l'on a reconnus à la tète des groupes. Barère se répand en reproches amers contre la Commune, et déclare qu'il faut savoir, une fois pour toutes, si c'est la Convention ou la Commune qui représente la République française. Delmas et Treilbard appuient les observations de Barère; Bréard va plus loin et qualiSe de scélérats ceux qui ont osé

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opprimer la Convention. Lacroix est embarrassé; Danton inquiet et honteux*. A ce moment survient le maire de Paris. Deux membres du Comité révolutionnaire et un aide de camp de Henriot l'accompagnent ; ils ont mission, maintenant que la Commune a triomphé, de faire toutes les soumissions possibles aux autorités dont elle a. su se passer pendant l'action, mais derrière lesquelles elle compte bien se mettre à couvert après la victoire. Ils entassent mensonge sur mensonge, protestations sur protestations, et Gnissent en disant que le Comité central révolutionnaire est disposé à abdiquer les pouvoirs dont la confiance du peuple l'a revêtu.

Le Comité de salut public, qui, un instant auparavant, était plein de feu contre les usurpations de la Commune, n'ose plus reprocher aux véritables vainqueurs de la journée les moyens qu'ils ont mis en œuvre pour assurer leur triomphe; il accepte aveuglément toutes les promesses que les dictateurs de l'Hôtel de Ville daignent lui faire; il n'a pas une seule parole de blâme contre ceux qui l'ont joué si cruellement ; il congédie avec des éiogeg les ambassadeurs de la Commune*.

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