Paris, lo 5 juin
« Citoyens administrateurs, u Je dois à des hommes revêtus de la confiance publique
I Loiaesu D'ar&it %igaé aucune protestatiau : il ne fut pas inquiété, et «égea pendant toute la session conventionnelle.
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la vérité sur des faits qui se soDt passés ici depuis quelques jours, avec cette franchise et cette fermeté qui ne craignent pas la mort. Indifférent à tous les partis, et n'ayant d'autre désir que de servir ma patrie, je me croirais complice des outrages qu'ont reçus les représentants d'un grand peuple, si je les taisais. Je ne sais si le récit que je vais vous faire vous parviendra. Je le ferai porter à la poste à Saint-Denis , car ici la liberté de la presse et celle des opinions sont méconnues. J'envoie au département un double de ce mémoire.
u II y avait déjà longtemps qu'il se tramait des complots contre l'intégrité de la Convention nationale. Dans une société populaire, on a fait des motions très-violentes contre plusieurs membres ; ces motions, répandues dans le public, y avaient excité la fermentation. Déjà une autorité constituée avait demandé un décret d'accusation contre vingt-deux membres ; on était instruit qu'un comité, dit révolutionnaire, s'assemblait tous les jours à l'Évfiché, sous prétexte de former l'opinion publique et de présenter des mesures de sûreté générale. La Convention nationale, pour prévenir des mesures qui paraissaient dirigées contre elle, avait créé un comité de douze membres pour examiner tous les complots et la mettre à même de les déjouer; cette commission, toute choisie à la pluralité des suffrages dans cette portion qu'on appelait le côté droit, a, dit-on, suivi dans ses opérations l'esprit de parti qui paraissait diviser la Convention, ie ne dis pas que ces inculpations soient fondées, puisque jusqu'à présent on ne lui a pas permis de faire aucun rapport; mais l'arrestation d'Hébert, auteur de la feuille intitulée le Père Dachesne, a servi de prétexte à ceux qui voulaient un mouvement pour le susciter. Déjà le mouvement avait échoué plusieurs fois; enfin toutes les mesures ayant été mieux concertées, le tocsin commen(;a à sonner; dans la nuit du 30 au 31 mai, la générale battit dans plusieurs sections ; on parvint à faire tirer le canon d'alarme vers midi du 31 ; les citoyens ignoraient de quoi il s'agissait et ce qu'on voulait. Ce ne fut que vers les quatre heures du soir que les différentes sections parurent s'ébranler les unes contre les autres, car une partie voulait désarmer celles qui avaient assuré à la Convention qu'elles la défendraient contre ses ennemis; cependant tout s'arrangea.
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NOTES. ses
Les autorités constituées présentèrent plusieurs pétitions trèsfortes, et la Convention, voulant prévenir les suites d'un mouvement qui ne pouvait qu'être funeste à la liberté, crut devoir casser le Comité des Douze et renvoyer au Comité de salut public les dénonciations faites contre divers membres pour en faire son rapport sous trois jours. La Convention fut investie, à la vérité, mais aucun de ses membres ne reçut d'outrages, et on put entrer et sortir librement. Quoique cette journée eût éclairé un attentat commis contre la nation entière dans sa représentation, elle finit assez bien : chacun retourna chez soi tranquillement.
« Le désir de resserrer l'union parmi les citoyens et d'éviter tout ce qui pourrait concourir à faire naître la guerre civile fit proposer et adopter plusieurs décrets qui ne paraissaient avoir pour but que la paix et la concorde. Tel fut celui qui ordonna une fédération générale pour le 10 août, une adresse au peuple français, etc.
« Cependant le but des auteurs du mouvement n'était point rempli: il fallait donc recommencer, ce à quoi ils travaillèrent dans la nuit du 31 mai au 1" juin. La matinée parut tranquille, quoiqu'on fût instruit qu'on prenait des mesures pour occasionner d'autres mouvements. Les délibérations de l'Assemblée parurent assez calmes. Cependant quelques menaces échappées à certains membres de la dépiitation de Paris annoncèrent qu'il se tramait quelques grands complots. Le Comité de salut public présenta à la Convention un projet d'adresse au peuple français, qui ne contenait rien moins que la vérité exacte; ce projet excita divers débats. Mais le désir d'anéantir jusqu'au moindre ferment de guerre civile et l'espoir que, par là même, tout prétexte de renouveler la scène de la veille serait été aux malveillants, engagèrent ta majorité de l'Assemblée à l'adopter. Le président leva la séance à quatre heures. A peine la séance était-elle levée qu'on entendit battre la générale en plusieurs sections. J'allai au jardin des Tuileries, où je vis les terrasses remplies d'hommes armés; je me mêlai dans les groupes pour savoir quelle en était la raison. Partout on se faisait la ménle question sans qu'on pût donner de réponse; on disait cependant que c'était pour obtenir la détention des membres de la
Convention qui avaient été dénoncés. Je parcourus tout un bataillon ; tous les soldats me dirent qu'ils ignoraient la cause de ce mouvement; qu'elle n'était connue que de Jtur chef. On apprit bientôt qu'une députation du Conseil générnt de la Commune et du Comité révolutionnaire s'était présentée à la barre, et on parut bien étonné de ne pas trouver la Convention assemblée. Cependant la générale avait engagé plusieurs membres à s'y rendre, et la séance s'ouvrit à huit heures du soir, les pétitionnaires, qui étaient venus demander !e décret d'accusation contre Jes vingt-deu\ dénoncés et la commission des Douze, obtinrent le renvoi de leur pétition au Comité de salut public, auquel on enjoignit de faire un rapport sous trois jours, et à la Commune de lui remettre les pièces justificatives de la dénonciation. On pouvait espérer que ces mesures satisferaient l'acharnement des ennemis des dénoncés, mais on se trompait. Marat avait prononcé à ta Commune le discours, qui sera sans doute un jour fameux, dans lequel, confondant les citoyens des tribunes de la Maison commune de Paris avec le peuple français, il les invita à se lever en masse contre les mandataires de la nation française, qui, n'ayant pour eux qu'une force morale, n'avaient pas besoin d'être attaqués par toute la population d'une grande ville. Cependant la séance de la Convention fut levée à minuit et les troupes se retirèrent tranquillement.
H La journée la plus fatale n'était pas encore arrivée; c'était le 2 juin que devait se commettre un crime horrible contre la nation entière. Les machinateurs se préparèrent toute la nuit. La matinée parut assez tranquille. Cependant je fus instruit que le commandant général provisoire, nommé Henriot, qu'on dit être un des fameux septembriseurs, s'était engagé, en présence du Conseil général de la Commune, à mettre en état d'arrestation et de conduire à l'Abbaye tous les membres de la Convention qui ne voteraient pas dans le sens des pétitions qui lui avaient été présentées.
" Plusieurs personnes confirmèrent qu'il se préparait un grand mouvement pour le soir. La séance de la Convention s'ouvrit à l'heure ordinaire. Les délibérations furent assez calmes jusqu'au moment où plusieurs membre,s, entre autres Lanjuinais, voulurent dénoncer le complot qui devait s'exécuter
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le soir. Les inbunes firent un bruit effroyable pour l'empêcher de parler. Legendre (de Paris) se porta à la tribune pour en faire sortir Lanjuinais; mais il fut maintenu par plusieurs membres du côté droit. A deux heures, une députalion des autorités révolutionnaires et constituées de Paris demanda à être admi.se à la barre et dit entre autres choses ; n Nous venons " pour la dernière fois vous dénoncer les membres qui l'ont (1 déjà été; décrétez à l'instant qu'ils sont indignes de la con- H fiance publique et mettez-les en état d'arrestation provisoire; « le peuple est las d'ajourner l'instant de son bonheur; il le u laisse encore un instant dans vos mains; sauvez-le, ou nous « vous déclarons qu'il va se sauver lui-même. »
H Plu.çieurs membres observèrent que le Comité de salut public avait été chargé, par un précédent décret, de faire un rapport sur l'objet demandé, sous trois jours, et demandèrent qu'on passât à l'ordre du jour, motivé par ce décret; ce qui fut adopté,
« Aussitôt les pétitionnaires qui avaient été siéger à la Montagne se levèrent avec des gestes d'indignation et sortirent de l'Assemblée en paraissant la menacer; les tribunes, de leur côlé, firent entendre de grands cris; elles s'invitaient réciproquement à se retirer, et tous les hommes armés sortirent ainsi que plusieurs, femmes. Le Comité de salut public fut mandé pour faire son rapport sur les circonstances graves dans lesquelles se trouvait la Convention. Je profitai de l'instant, qui s'écoula jusqu'à ce qu'il fut prêt à présenter le rapport, pour aller dîner; tes portes étaient encore libres et je ne fus point arrêté. Cependant la générale battait; je voulus sortir de mon hôtel, on essaya de m'y retenir en me disant que je courais les plus grands risques si j'allais à la Convention. Je répondis que je ne savais que mourir à mon poste. Arrivé à la porte du jardin des Tuileries, je la trouvai fermée et gardée par des gardes nationales étrangères qui passaient à Paris pour aller à l'armée de la Vendée, mais qu'on avait retenues pour cette belle expédition, M'étant annoncé comme député, on me fit ouvrir, mais bientôt deux fusiliers reçurent l'ordre de me conduire à b Convention; ainsi je traversai le jardin jusqu'à la porte de la salle entre deux gardes, dont l'un me précédait et l'autre me suivait. Le
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Comilé de salut public faisait alors son i^pport et proposait aus membres dénoncés de se suspendre volontairement de leur pouvoir. Isnard, Fauchet et Lanthenas offrirent leur suspension volontaire, Lanjuinais et Barbaroux la refusèrent et dirent qu'un décret seul de la Convention libre pouvait les suspendre. Cependant plusieurs membres se plaignirent qu'on refusait de les laisser sortir de la salle , d'autres dirent qu'ils avaient été témoins de l'ordre donné de charger les armes et qu'on les avait mis en joue, lorsqu'ils avaient voulu regarder par les fenêtres.
II Barère, Cambon, Lacroix el plusieurs autres parlèrent avec furie contre cette tyrannie.
u Après plusieurs motions , comme on n'obtenait point la liberté, on proposa et il fut di^cidé que la Cbnventioo irait fraterniser avec la force armée. En conséquence, le président couvert, précédé des buissiers et suivi de tous les membres de la Convention, se présenta aux premières gardes, qui ne firent pas beaucoup de résistance. Il descendit sur la place du Carrousel. Là je remarquai que les canons étaient braqués contre la salle de la Convention et sur les avenues. Le président s'avança vers le commandant provisoire, le décret à la main. Il ne parut faire aucune attention à la dignité de la représentation nationale. Seulement, forcés par la quantité de députés qui se succédaient, les cavaliers qui l'accompagnaient se rompirent et allèrent se ranger en bataille dix pas plus loin. On m'a assuré qu'il avait été en ce moment donné des ordres aux canonniers de se tenir prêts et aux fusiliers de [H-éparer leurs armes. Ce que je sais être bien vrai, c'est que nous leur criômes : (i Eh bien, faites-nous assassiner de suite, mais qu'on II ne nous fasse pas languir. »
fl Lacroix (d'Eure-et-Loir), près duquel j'étais, découvrit sa poitrine et leur dit de frapper s'ils osaient. .Le président retourna alors du côté des bataillons qui s'étaient rangés sur deux haies entre lesquelles nous passâmes, et nous revînmes ensuite dans le jardin, dont nous fîmes ainsi le tour; partout les passages étaient exactement fermés, et il était impossible de sortir. On criait cependant : Vive la Montagnel vive la République! Quelques insolents, en petit nombre, disaient : « Vous avez beau
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« faire, vousDe sortirez pointque le décret que nous demaDdons « ne soit rendu;, s'il nel'estpasce soir, nous verrons beau jeu. m La Convention rentra dans le lieu de ses séances. 1^ morne silence qui y régnait fut interrompu par Coulhon, qui, s'extasiant sur la liberté dont nous jouissions, demanda le décret d'arrestation chez eux contre les membres dénoncés, à l'exception de Dussaulx, Ducos et Lanthenas. Cette motion, vivement applaudie par les tribunes, n'ayant point été combattue parce que les besoins physiques commençaient à se faire sentir et qu'une impression de terreur était répandue sur l'Assemblée, le président la mit aux voix; les membres de la Montagne et ceux que la crainte avait fait réfugier parmi eux, se sont levés. Quelques membres seulement du côté droit se sont levés contre; une partie de l'Assemblée n'a point pris part à la délibéralion; le décret d'arrestation a été prononcé d'après la liste lue par un secrétaire et commandée par Gouthon , Bientôt après la séance a été levée. »
Saint-Prix: député de l'Ardêche, au maire de Sainl-Peray *. u Du vendredi 7 juin 1793.
« Vous trouverez ci-joint, mon cher concitoyen , un imprimé dans lequel vous verrez une partie des événements qui se sont succédé depuis le 27 mai et que la tyrannie s'efforce de cacher à la République ; mais la vérité, malgré les entraves de toute espèce, percera et le peuple saura tout. Dans peu vous aurez connaissance d'une lettre que la députalion adresse à ses commettants et qui est l'exposé fidèle de tous les faits. Nous n'avons pas pu la faire passer plutôt, vu qu'on ouvre tous les paquets et qu'on ne laisse passer que ceux qui flattent les op-
1. Saint-Prix ^tait un des signataires de la pétition dos aiiitaiite-quinic. 11 partagea le sort de aes collègues et passa quinze moia en prison.
'!. Noua ne croyona pas que la députation do l'Ardèche ait donné suite à son projet d'envoyer i ses commettanta une lettre qui aurait contenu l'exposé de tons les faits relatifs au 3 Juin. Au moins n'en avons-aous trouvé aucune trace ni dans les papiers du Comité de salut public ni dans ceux du Comité de sûreté générale.
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(1 Je joins ici un petit imprimé qui contient l'état exact des évéoements des 27, 'iO, 31 mai et 2 juin. Je vous l'aurais fait passer plus tût, si on n'arrêtait pas les lettres et paquets pour empêcher que la vérité perce. Je doute encore qu'il vous parvienne, surtout si l'on voit ces quatre mots; adieu. »
Casenave au président de la ConverUion*.
» 15 juin 1793.
« Citoyen président, « Ayant compris qu'il doit être procédé à un appel nominal, je crois devoir m'empresser de vous prévenir qu'il m'est impossible d'y assister, car je suis retenu depuis trois jours dans mon lit par une lièvre violente dont j'attribue principalement la cause aux excès dirigés contre la Convention nationale. La violation de la liberté, surtout dans la séance du 2 de ce mois, m'a fait partager les sentiments de la plus grande indignation, que des attentats .si atroces ont dû inspirer à tout vrai républicain. Je vous prie, citoyen président, de donner connaissance de ma lettre à l'Assemblée pour constater les motifs de mon absence.
B G*SEKAVE, député des Basses-Pyrénées, n
Dfvériiè, député de la Somme, à sa femme'.
« Peut-être sous quinze jours, ma chère amie, la Constitution sera-t-elle faite, et cette circonstance et d'autres me ramèneront vers loi. La députation delà Somme vient, et moi avec les autres, de se réconcilier avec Saladin à l'occasion de sa descente de la Montagne, et de notre parti qu'il a embras.sé vigoureusement. Je t'envoie la déclaration de la Somme et la
1. CsseniTe n'avait signé aucune protestation. 11 continua à siéger k la ConTention, dont il était un des membres les plus modérés.
% La lettre de Devérité fut interceptée le là juin h, la poste d'Abbeville, par les soins des commissaires du Comité de sûreté générale. Le 8 juillet, un décret ordonnant l'arrestation de Devérité fut rendu par la Convention, mais celui-ci put s'y soustraire. Il ne rentra dans le sein de la Convention que le 13 ftîmaire an m.
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NOTES. b71
brochure de notre nouveau converti, Porie-toi bien comme moi. Je t'embrasse, ainsi que ma famille.
n On s'écrit peu de choses, parce qu'on décacheté les lettres à Paris comme à Abbevilîe. Nous voilà revenus à cette infâme tyrannie de police qu'on détestait; tout en parlant de liberté, on n'est pas même libre de sa pensée avec ses parenis, ses amis, et il faut faire ses lettres très-courtes. »
Laplaigne. député du Gers, à M...'.
a Paris, (i juillet 1793, an 2'' de la République.
H Oui, mon cherami, la République, conduite à deux doigts de sa perle, et suivant votre propre ofpression, par quelques conjvrès qui ont frappé et dispersé la représentation nationale, sera sauvée par le peuple entier qui va manifester sa volonté suprême non par d'inutiles adresses, mais par des actes éclatants de souveraineté et de (ouie -puissance
Quant au dernier état des choses sur lequel vous me demandez des instructions, le voici :
Il Depuis la trisle et funeste époque du 2 juin, la moitié de la Convention, à peu près, s'est abstenue de prendre part aux délibérations; plus de cent cinquante membres ont même fui et disparu après l'appel nominal du 2 juin, lors duquel je déclarai solennellement que j'étais présent uniquement pour réclamer préalablement, et avant tout autre acte, la liberté de l'Assemblée, son intégralité et la punilion exemplaire des hommes qui avaient attenté à l'une et à l'autre. Cette déclaration me valut des huée,"!, des menaces de l'Abbaye et pmvoqua un décret par lequel il fut défendu à ceux qui devaient répondre après moi, de dire autre chose, sinon qu'ils étaient présents. J'osai néanmoins insister, braver les
1. Laplaigne était un des signataires i^. la protestation des soixantequinze. Aussi Tut-il décrété d'arrestation le 3 octobre I7n3 à la suite du rnpport d'Amsr. S'élant soustrait au mandat lancé contre lui, il Tut mis hoi's la loi, le 7 octobre du même mois, 11 put néanmoins échapper à la poursuite de «es ennemis et Tût rappelé le 13 rrimaire an ii[ dans le sein de la Convention.
menaces, voler au bureau et demander acte de ma déclaration, ce qui me fut refusé. Quelques jours après, un membre, accusé d'avoir ri en écoutant la lecture de quelque dépêche qui annonçait que dans un département on avait été profondément indigné en apprenant les attentats du 2 juin, fut aussi menacé de l'Abbaye. Un décret solennel a déclaré que les auteurs des événements du 2 juin avaient bien mérité de la patrie. Une violation publique et sacrilège du secret des lettres est ici à l'ordre constant de tous les jours. J'avais expédié secrètement par le courrier de Bordeaux plusieurs exemplaires d'une relation exacte de notre situation que j'avais signés et adressés au département, au district, à la municipalité, à la société, à vous, à Thezon, à Lapeyre, médecin, avec une note manuscrite des derniers événements ; ces dépêches ont été saisies parce que le courrier a été arrêté et fouillé à vingt lieues d'ici. Elles ont été portées au Comité de salut public où elles sont déposées, et je suis, à cette occasion, menacé d'un décret d'arrestation. Un de mes collègues avait signé avec moi ces dépêches. Une censure rigoureuse supprime bu mutile tous les journaux qui ne préconisent pas les journées des 31 mai, l" et 2 juin, et tout ce qui en a été la suite. On ne laisse lire aucune espèce d'improbation de ces fatales journées. Le commandant Uenriot, qui emprisonna la Convention le 2 juin, qui la fit coucher en joue lors de sa sortie, etc., vient d'être nommé commandant général.
« Je vous embrasse,
" Lapliiigne, député du Gers. »