‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 198 sur 205 · PROTESTATIONS INDIVIDUELLES · texte numérisé non relu

PROTESTATIONS INDIVIDUELLES

Ces protestations furent assez nombreuses, mais presque toutes ont été réimprimées'. Nous nous bornons à en donner trois, que nous croyons inédites.

Elles émanent : de Gensonné, député de la Gironde;

De Lasource, député du Taro;

De Deschezeaus, député de la Charente-Inférieure.

Tous les trois payèrent de leur tète le courage qu'ils déployèrent dans cette occasion. Gensonné et Lasource périrent le 31 octobre. Deschezeaux, qui n'avait été porté d'abord sur aucune liste de proscription, donna sa démission le 10 août 1793

1. La dëputation de ta Haute- Vienne était composée des cinq signataires de la protestatioQ, de l'évCquo Gay-Vernon et d'un député fort obscur, nommé Bordas, qui ne joua aucun rClc pendant toute la sessioa conventionnelle.

2. h'Hisloire parlementaire de Bûchez et Roux a reproduit, dans le XXVIII* TOlume, page 1, le procès publié piu- Gorsas; 1» protestation de Saladin (de la SomDie),{iage30; celloB de Valazé et de Vergaiaud, pages 1^. et 164. Le précis publié par Edme Petit (de l'Aiane) a été rédigé longtemps apr^ les événements et an moment où les députés incarcérés réclanudent, «près le 9 tbermldor, le droit de reprendre leur siège à la Convention.

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et se retira à la Flotte (île de Rhé), sa patrie. Mais la vengeance des démagt^es vint l'y trouver : il fut traduit devant le tribunal criminel de la Charente-Inférieure, condamné à mort et exécuté le 28 nivôse an li.

Déclaration du citoyen Gentonné, représentant du peuple '.

« Le 2 juin 1793, à trois heures de l'après-midi, moi, Arnaud Gensonné, représentant du peuple français, convaincu que je vais être victime des conspirations qui se trament, contre la liberté de la République française, par une faction dont je n'ai cessé de combattre les coupables efforts ;

« Considérant que le mouvement prétendu révolutionnaire que cette faction prépare et exécute n'a d'autre objet que de dissoudre la Convention nationale, d'usurper ses pouvoirs, de les ruiner et de les concentrer dans les mains d'un petit nombre d'individus soutenus et dirigés par une portion de la représentation nationale, subjuguée elle-même par la terreur ou complice de cette usurpation révoltante;

a Considérant que tous les moyens possibles d'égarer le peuple sur ses vrais intérêts, de corrompre l'opinion publique, de livrer à cette faction les trésors de la République et ses armées et de réduire les départements à l'impuissance la plus absolue de résister à l'oppression qui les menace, ont été successivement arrachés à la faiblesse de la Convention nationale ou obtenus do désir qu'elle a eu d'éviter tout prétexte de scission entre les membres qui la composent;

« Considérant que les conjurés, après avoir séduit ou égaré une faible partie des citoyens de Paris, ont subjugué par la crainte des proscriptions la majorité des habitants de cette ville, se sont investis de tous les pouvoirs des autorités consti- ■ tuées, se sont emparés de la direction de la force armée et des

lités;

« Que la portion du peuple qu'ils n'ont cessé de tromper sur

é envoya Traisemblableraent copie de cette lettre à plusieurs itdministrstions départementales. Elle fut aotammeat insérée dans le Buttelin du département d'Ille- et -Vilaine, et revint par cette vole au Comité de salut public, dans les papiers duquel nous l'avons retronrée.

656 HISTOIRE J)E LA TEBBEDR.

les intentioDS Ses députés les pliis patriotes et les plus dévoues à ses iniéréts -ne voit dans ses hommes généreux que des traîtres ët'les poursuit comme ses plus dangereux énuemis;

u Considérant enfin qu'au moment même où je Wace à la hâte ces lignes, j'ai lieu de croire que la ConventioQ natiouale va être forcée d'ordoniier mon arrestation où de la laisser faire, et que je dois m'attendre à devenir, dans peu d'instants, la victime d'un mouvement populaire ou d'un assassinat prétendu juridique;

(i Je déclare aux citoyens de mon département et à la France entière que je bénirai le sort qui m'est réservé, si ma mort peut être utile à l'établissement de la République et prépare le bonheur du peuple français.

H Je déclare que je n'ai jamais cessé de lui être entièrement dévoué ; que je n'ai d'autre ambition que celle de remplir mou mandat avec courage et énergie; que je n'ai formé d'autre vœu que celui de son bonheur et de l'établissement d'une constitution républicaine; que j'ai vécu et que Je mourrai républicain et digne de la confiance dont mes concitoyens m'ont honoré.

« Jeconjurepartîculièrement les braves Bordelais, mes concitoyens, et les républicains de la France entière, d'examiner avec soin les chefs d'accusation, s'il en est, qui me seront imputés. Je recommande à mes amis surtout le soin de ma mémoire; je les charge, au nom des sentiments qu'ils m'ont voués, d'empêcher qu'elle ne soit flétrie. Cette tâché ne sera pas difficile. Au milieu des mouvements que les événements, dont je serai probablement victime, vont exciter dans la France entière, j'adjure tous les bons citoyens, et particulièrement ceux du Midi, de ne pas imputer à la majorité des habitants de Paris les excès que, dans les circonstances où nous nous sommes trouvés, elle n'a pu empêcher ni prévenir ; qu'ils se rappellent les services que cette ville a rendus à la Révolution et qu'ils réservent toute leur haine pour les scélérats qui ont médité et fait exécuter cet infâme projet.

« Résigné à tout, sur de ma conscience, j'embrasse dans ma pensée mes chers concitoyens, tous les amis de la liberté et de la République française, et en la scellant de mon sang, sous les poignards des conspirateurs et sous la hache des factieux, mon

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Notes. - sst

dernier soupir sera pour ma patrie, et ma bouche ne se fermera, qu'en eiprimant le plus ardent de mes souhaits. Vive la République 1

« Gbnsonné, député de la Gironde. »

Lasouree, député du Tarn, au président de la Convention '.

■ Le S JuiD, an n* de la République.

<i Citoyen président,

« Loin de me plaindre contre la Convention nationale du décret lancé contre moi et plusieurs de mes collègues, je la. remercie d'avoir fait un sacrifice à la paix et préféré son salut (d'où dépend celui de la République] à la liberté de quelques hommes de bien; je sais que cet acte de condescendance était le seul moyen qui lui restait de faire lever le siège de la salle de ses séances, d'épargner des excès au peuple trompé et des crimes aax scélérats qui l'agitent pour le déshonorer et le perdre.

« Ce n'est point au peuple que je m'en prends, je l'aime,, je l'ai servi, je le servirai mieux que les scélérats qui l'égorgent en se disant ses amis.

a Mais croient-ils m'avoir fermé la bouche, les audacieux . conspirateurs qui ont forcé la Convention nationale à me frapper malgré elleî croient-ils m'avoir donné la mesure de leur puissance et m'avoir inspiré la terreurï non... ils ne m'ont donné que la mesure de leur scélératesse et ne m'ont inspiré, que l'indignation.

« Je les dénonce à la France, ces hommes gorgés d'or, couverts de sang, affamés de crimes. Je dénonce surtout dix ou douze brigands qui osent appeler leur monstrueuse réunion du nom de Comité révolutionnaire, qui dictent des lois à la. Convention nationale, qui les lui font exécuter en l'entourant de piques, de baïonnettes, de mortiers à bombes, de canons

1. LaBource Qt imprimer celM lettre et I& fit pUcanter sur les ma»,

mËmes de Paris. Oa comprend qu'elle n'y resta pas iongtempi. Nous en acons retrouvé un eiempltdre dans les papiers du Comité de sûreté géaé-

B5S HISTOIBB DE LA TBHREDfi.

et, le clîrai-je7 de fourneaux et de grils destinés il rougir les boulets, qui tyranniseot la patrie et assassinent la liberté.

Il Dites à ces monstres qu'ils tremblent. Leur audace sacrilège va soulever la naUon entière et appeler sur leurs tâtes une vmgeaiue au» terrible que leurs crimes sent exétrables. Ditea-lenr que leur règne expire, et que bientôt il ne restera plus d'eux que leurs forfaits pour l'exécration publique, que leur supplice pour l'effroi des tyrans, que leurs noms pour l'opprobre. S'ils voulaient faire cause commune avec la ville de Paris et dire, comme ils l'ont fait sans cesse, qu'on la calomnie et qu'on veut la perdre, parce qu'on dénonce et qu'on attaque une poignée de brigands et de conjurés qu'elle renferme, dites-leur surtout que je ne confonds pas quelques scélérats, dont elle est souillée, avec les nombreux habitants qui peuplent cette belle cité. Je ne veux point qu'elle périsse; mais je veux que ses tyrans et ceux de la France scellent de leur chute et de leur sang le triomphe de la liberté.

« Trop pur pour être atteint par leurs calomnies, que la Convention nationale libre a elle-même vouées au mépris public, trop fier pour me croire accusé, je me rends leur accusateur devant la nation dont je suis le représentant. J'accuse devant la nation Hébert et Varlet d'avoir fait retentir Paris, par leurs discours et leurs libelles, de provocations à l'assassinat des membres de l'Assemblée représentative du peuple français. Qu'on est humilié d'être forcé de prononcer de pareils noms et de leur donner même la célébrité du crime! J'accuse Chaumette d'avoir prêché la révolte contre cette assemblée auguste dans une réunion de séditieux qui se baptisaient Conseil général de la commune de Paris; j'accuse Pache d'avoir vu tramer sous ses yeux l'affreux complot d'attenter à la représentation nationale et d'en avoir nié l'existence pour en assurer l'exécution.

<i J'accuse une trentaine de bandits, s' appelant Conseil généra] provisoire révolutionnaire, sortis du rassemblement de l'Évêché après les motions les plus atroces, d'avoir osé se dire les organes du peuple souverain, de s'être arrogé un pouvoir au-dessus des lois, d'avoir fait sonner le tocsin, jeté le trouble et l'alarme dans les départements, et provoqué autant qu'il

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était eo eux la guerre civile, la dispersion des armées et la dissolution de la République.

'I J'accuse les dix ou douze conjurés formant le conciliabule de la contre-révolution, qu'ils ont appelé Comité central révolutionnaire, d'avoir fait des réquisitions, donné des ordres pour faire assiéger la Conventioii nationale. J'accuse Henriot, se disant commandant général de la force armée de Paris,, d'avoir fait tirer le canon d'alarme, d'avoir consigné la Convention, de lui avoir résisté lorsqu'elle voulait sortir de la salle de ses séances pour parcogrir les rangs; d'avoir crié aux armes, fait braquer les canons, mis, fait mettre le sabre à la main contre elle et de l'avoir fait coucher en joue.

« Je, demande que tous ces hommes prévenus de couspiration et de tyrannie soient mis sur-le-champ en arrestation. S'ils ont fait une révolution salutaire et bien mérité de la patrie, elle leur décernera des couronnes et dressera des écbafauds à ceux de mes collègues qu'ils ont arrachés à leurs fonctions. S'ils n'ont fait qu'un acte de contre-révolution, de rébellion contre la patrie, et s'ils n'ont bien mérhé que des révoltés dont ils remplissent les tribunes, que des séditieux dont ils peuplent les groupes et les places publiques, que de Pitt et de Cobourg, alors les échafauds seront dressés pour eux, les couronnes civiques resteront pour nous. Au reste, laissant à chacun de mes collègues le soin de sa propre défense et ne me rendant ici le garant que de moi-même, je défie solennellement mes accusateurs, leurs sbires, leurs satellites et tous les brigands qui leur ressemblent, d'articuler contre moi un seul fait qui puisse me faire soupçonner soit d'improbité comme citoyen, soit de trahison envers ma patrie comme représentant du peuple; je les défie aussi solennellement de prouver qu'ils ne sont pas coupables des faits que je leur impute et qu'ils sont les maîtres d'appeler, avec Marat ou Chabot, mesures révolutionnaires, mais que j'appelle, moi, avec la France, attentats contre-révolutionnaires, crimes de lèse-nation.

« Après ce double défi, je n'ai plus que deux déclarations à faire pour m'acquitter avec mes commettants et mettre ma consdence en paix, les voici :

« Je déclare à ma patrie que, mettant entièrement de côté

tout ressestiment personnel, je ne m'acharne à combattre que pour le maintien de ses droits; que, profondément convaincu qu'ils ont été mécoonus et viol^ par les scélérats que je lui dénonce et qui sont à mes yeux ses plus cruels ennemis, je les abhorre plus que je ne m'aime moi-même; que je ne consentirai jamais à capituler avec eux; que la crainte d'être soupçonné as cette bassesse me rendrait toute indifTérence de leur part aussi odieuse qu'eux-mêmes; que. glorieux d'être une de leurs victimes, je me croirais déshonoré s'ils ne me persécutaient pas; que si, à la honte de la France, il étail possible qu'ils triomphassent, ne voyant plus, dès cet instant, de moyens de salut pour mon pays, j'aimerais mille fois mieux mourir digne de l'avoir servi que Vivre pour voir les forfaits et porter les fers de ses oppresseurs.

11 le déclare à ma patrie que ses lois, son repos, son hon-. neur, sa liberté, sont perdus si elle ne brise soudain le joug des tyrans qui oppriment par la force et asservissent par la terreur l'Assemblée de ses représentants légitimes, assemblée dissoute en partie, soit par l'arrestation de plusieurs de ses membres, soit par la dispersion d'un grand nombre d'autres, assemblée qui n'est plus dans leurs mains sacrilèges que l'instrument de leurs volontés, de leurs passions et de leurs fureurs.

11 Quant au scandaleux silence du Comité de salut public, est-il le fruit de sa perfidie ou l'effet de la terreur que lui inspire la tyrannie municipale? Ses membres auraient-ils assez de scélératesse pour partager cette tyrannie, ou n'ont-ils pas assez de courage pour la proclamer? Veulent-ils faire enfin leur rapport? Veulent-ils, en disant la vérité, sonner enfin le tocsin contre les tyrans de la France, ou s'il faut qu'on le sonne contre eux, comme complices de ces tyrans?

« Lasodrce. m

"Desdiezeaux, dépvié de la Charente-Inférieure , au Comité de sûreté générale,

H Paris, le 30 Juin française u

« J'apprends, citoyens, que, dans un rapport que vous avez présenté ce matin à la Convention nationale , vous lui avez

proposé l'arrestaiion des députés de l'Aisne, qui ont osé envoyer à leurs commettants le récit des événements du 31 mai, 1" et 2 juin; et moi aussi fai tracé le précis de ces journées trop fameuses, dont le souvenir se perpétuera d'âge en âge comme celui de ces grandes calamités qui ont frappé toute une contrée; et moi aussi, je l'ai envoyé à mes commettants; en voici un exemplaire signé de moi, pour que vous n'en doutiez pas.

« Si c'est un crime, je ne veux pas échapper à la punition. Je veux que la responsabilité en pèse tout entière sur ma tête. Si c'est une persécution, je veux être persécuté aussi ; car la persécution du crime honore le courage et l'innocence de l'homme de bien. Frappez si vousVosezl

n B. DESCHEZEiOX. 1)

Nous n'avons pu , malgré toutes nos recherches, retrouver le récit que Deschezeaux annonce dans sa protestation; nous le regrettons d'autant plus que ce récit devait être au moins aussi courageux que la lettre d'envoi.

FRAGMENTS DE LU CORRESPONDANCE DE PLUSIEUItS DÉPOTÉS.

Nous avons trouvé la plupart de ces documents dans les papiers du Comité de sûreté générale, qui n'avait pu en devenir détenteur qu'en violant le secret des lettres par lui-même ou

par ses agents.

Michel, du Morbihan, a la mimicipalité ds Lorient*.

n La séance de samedi , destinée à remplacer celle de la veille, perdue pour la Constitution , a eu le même sort; dès

1. Michel fut l'un des signataires de la protestation des soiisnte-qninze; comine tel il fut décrété d'arrestation le 3 octobre 1]e3. l\ avait été long-

56a HISTOIRE DE LS. TERRSCU.

qu'on a voulu aborder la questioD, deux à trois mille femmes, organisées et enrégimentées exprès pour les opérations par la Société fralernelle séant aux Jacobins, ont commencé leur tintamarre, qui a duré jusqu'à six heures, qu'il a fallu lever la séance. La plupart de ces créatures soot des filles publiques. II Lanjuinais a failli être assassiné le même jour; plusieurs autres députés ont été insultés et menacés. La force armée est d'accord avec les malveillants. Ainsi nous sommes sans aucun moyen de répression. Le salut de la patrie dépend uniquement des départements. »

u La séance de lundi dernier était destinée à la Constitution. On allait commencer à la discuter, lorsqu'une section de Paris s'est présentée à la barre avec une pétition qui a causé le plus grand désordre. Un substitut du procureur de la Commune, un président et un secrétaire de section avaient été mis en arrestation par une Commission créée par la Convention nationale pour poursuivre les complots et les conspirateurs. On est venu demander la liberté des prévenus, la dissolution de la Commission et la traduction de ses membres au tribunal extraordinaire. Cette demande, fortement appuyée par une partie de l'Assemblée, a excité un aiïreux tumulte; le peuple s'est porté autour de la salle; les gardes ont été forcées et le sanctuaire des lois a été investi depuis environ quatre heures jusqu'à dix heures passées; de manière que personne ne pouvait sortir même pour les besoins les plus pressants.

« On a constamment refusé d'entendre les membres de la Commission , qui demandaient a justifier leur conduite. Enfin, à dix heures et demie, un décret rendu dans le bruit a supprimé la Commission. Hier on a réclamé contre le décret. La

temps secrétaire de la municipal! lé de Lorient. En appreouiC son arrestation, la Sociâté populsira de Lorient le dénonça avec fureur ■ comme le briisotin le plus fungeui, le calomniateur le plus atroce de la Convention, u Elle se saisit de la convspondance qu'il avait entretenue avec la municipalité de Lorient et l'envoya à Paris. Elle resta dans les papiers du Comité de sûreté générale qui ciut ue devoir donner aucune suite oui accusations des démagogues du Morbihan. Uichd sunicut à U lnurmsDle rârolutioDiuire.

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séance a été fort orageuse et a duré jusqu'à oeuf heures. Après UD appel nominal assez tranquille, le décret de la veille a éLé rapporté. »

BDuJ"]uinl7»3.

11 Hier Je tocsin a sonné à Paris depuis trois heures du matin jusqu'à près de quatre heures après midi, et le canon d'alarme a tiré dix-huit heures. C'était le dernier moyen des anarchistes pour causer du désordre et renouveler les scènes affligeantes du mois de septembre. Eh bien, ce moyen ne leur a pas réussi; le peuple de Paris est demeuré calme et ne s'est montré que pour maintenir le bon ordre et se mettre en posture de protéger la représentation nationale contre les attentats qu'il était permis de craindre ; quoiqu'on ait distribué du vin dans certains endroits, quoique quelques-unes de ces femmes, dont on se sert pour avilir la Convention, se fussent répandues dans plusieurs quartiers pour y provoquer la fermentation, quoique la majorité des sections se fût déclarée en insurrection, la paix néanmoins n'a pas été troublée. Plusieurs môme de ces bacchantes ont été arrêtées. Li Convention nationale s'est emparée de la force armée qui est maintenant et jusqu'à nouvel ordre à sa seule réquisition.

Il II n'a pas été question de Constitution pendant cette semaine. Mercredi, l'Assemblée a seulement décrété que le Comité de salut public , autorisé à s'adjoindre cinq nouveaux membres pour cet objet, lui présenterait, sous huitaine, les articles purement constitutionnels, pour être soumis à la discussion. Fasse le ciel que ce dernier plan réussisse! Le salut de la France en dépend.

Le citoyen Loiseau, membre de la Convention nalionaie, ava; adminislrateurs du district de Marennes ',

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