LIVRE XXXMl
un décret, s'écrie-t-il, que Camus et moi, seuls des commissaires près de l'armée du Nord qui se trouvent actuellement à Paris, nous reudrioDS compte de ce que nous avons vu et fait dans la Belgique. Les lettres parvenues récemmeut à votre Comité de défense générale ont rendu ce rapport moins important quant à ce qui concerne la situation des armées, puisque cette situation a changé. Ces lettres ont nécessité des mesures provisoires que vous avez décrétées. J'étais prêt et je le suis encore à m' expliquer amplement, et sur l'historique de la guerre de Belgique, et sur les généraux, et sur l'armée, et sur la conduite des commissaires. Il est temps que tout soit connu. »
n Oui! oui! n crie-t-OQ des diverses parties de la salle.
n II est temps; d'autant plus que je m'aperçois qu'on a- insinué dans l'Assemblée que les malheurs de la Belgique pourraient avoir été plus ou moins amenés par l'influence, les fautes ou même les crimes de vos commissaires. Eh bien ! je prends à cette tribune l'engagement solennel de tout dire, de tout révéler, de répondre à tout; je demande que la séance de demain soit consawée à un rapport préliminaire, car il y aura beaucoup de personnes à entendre, beaucoup de chefs h interroger. On verra si nous avons manqué d'amour pour le peuple, lorsque nous n'avons pas voulu priver tout à coup l'armée des talents militaires dont elle avait besoin et écarter des hommes dont cependant nous combattions tes opinions politiques; et si nous n'avons pas, au contraire, sauvé l'armée. On verra, par exemple, que si
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nous avions donné à cette Tameuse lettre, qui a été lue partout excepté dans cette enceinte (la lettre du 12 mars) , les suites que nous aurions pu lui donner dès qu'elle nous a été coonue ; on verra que, si nous n'avions pas en celte circonçitance mis dans notre conduite la prudence que nous dictaient les évéaemenls, l'armée, dénuée de chefs, se serait repliée sur nos frontières avec un tel désordre, que l'ennenQJijiara'it entré avec elle dans nos places fortes. Je ne demande ni grâce ni indulgence. J'ai fait mon devoir dans ce moment, comme je l'ai fait au 10 août. J'appelle aujourd'hui sur moi toutes les explications, tous les genres d'accusations, car je suis résolu à tout dire.
« Je vous rendrai mes comptes. Ces comptes, objets de tant de calomhies, j'espère qu'ils suffiront pour faire disparaître la barrière qui nous sépare encore.
a Nos maux viennent de nos divisions. Eh bien! connaissons-nous tous. Comment se fait-il qu'une portion des représentants du peuple traite l'autre de conjurés; que ceux-ci accusent les premiers de vouloir les faire massacrer? Il a été un temps pour les passions. Elles sont malheureusemeat dans l'ordre de la nature. Hais il faut enfin que tout s'explique, que l'on se juge et se reconnaisse. Quant à moi, je répondrai catégoriquement aux inculpations qui m'ont été ou me seront faites ici, dans cette assemblée qui a l'univers pour galerie. S'il est un seul d'entre vous qui ait le moindre doute sur ma gestion comme ministre, s'il en est un seul qui désire des comptes itératifs, lorsque déjà toutes les pièces sont déposées dans vos comités; s'il en est un seul qui
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