‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 3 sur 205 · LIVRE XXXIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII

ait des soupçons sur mon administration relatiremeot aux dépenses secrètes de la Révolution , qu'il monte demain à la tribune et que tout se découvre, que tout soit mis à DU. Je somme celui qui pourrait me supposer des projets d'ambition , de dilapidation , de forfaiture quelconque, de s'expliquer demaÎD franchement sur ces soupçons, sous peine d'être réputé calomniateur. Je n'ai de ma vie employé un trait de plume pour ma justi- Scation. Cependant, je vous en atteste tous, dès le commencement de la Révolution, j'ai été peint sous les couleurs les plus odieuses. N'a-t-on pas plus d'une fois demandé ma tête? Elle est encore là. Elle y restera. Que chacun emploie celle qu'il a reçue de la nature, non pour servir de petites passions, mais poursauver laRépubiique. Expliquons-nous franchement, catégoriquement; puis, libres de défiances, nous passeronsà l'examen de notre situation politique. Ces défiances, quand on veut se rapprocher, sont-elles donc si difficiles à faire disparaître? Je le dis, il s'en faut qu'il y aitdans le sein de cette assemblée les conspirations qu'on se prêle. Trop longtemps un amour mutuel de vengeance, inspiré par les préventions, a retardé la marche de la Convention et diminué son énergie en la divisant. Concourons d'un commun accord aux mesures sévères et fermes que réclame le peuple indigné des trahisons dont il a été si longtemps victime. Non, la France ne sera pas rèasservie; elle pourra être ébranlée; mais le peuple, comme le Jupiter de l'Olympe, d'un seul signe, fera rentrer dans le néant tous ses ennemis.» Cet appel à la conciliation n'eut aucun résultat, il n'en pouvait avoir aucun. La main que Danton semblait vou-

loir tendre à ses adversaires était ruisselante du sang de septembre. Les Girondins ne pouvaient pas l'accepter. Leur refus rejeta le tribun, repentant peut-être, dans tes rangs de leurs ennemis les plus acharnés.

£^source, qui avait un acte d'accusation tout prêt contre Danton, comprit que ce n'était pas l'beure de le produire et demanda l'ajournement de la discussion jusqu'à ce que Dumouriez eût paru à la barre de la Convention. « Car, dit-il, sans vouloir, dans ce moment, inculper qui que ce soit, je regarde la désorganisation de l'armée de Belgique comme la suite d'uu plan de conjuration; tout ce que nous avons entendu jusqu'à présent ne peut nous donner que des conjectures ; ce sont des certitudes que nous devons acquérir. »

L'ajournement de la discussion fut voté sans que Danton lui-même s'y opposât. Il avait payé d'audace en allant lui-même au-devant des accusations de ses adversaires. Satisfait de les avoir fait reculer devant sa prétendue franchise, il attendit.

Si la lettre de Dumouriez avait causé une vive agitation dans le sein de la Convencion, elle devait naturellement exaspérer jusqu'à la fureur la Commune, les sections, les sociétés populaires.

Dès le 27 mars, la section des Droits de l'homme avait pris l'initiative du mouvement; elle déclara que » le salut de la chose publique ne pouvait être opéré que par

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